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pas un phénol, comme l’avaient cru Lœbisch et Schoop, mais un véritable acide carboxylé (Tafel).
L’iodométhylate de strychnol dissous dans l’alcool méthylique, donne un éther méthylique lorsqu'on le soumet à un courant d'acide chlorhydrique.
Si on admet avec Tafel que le passage de la strychnine au strychnol rappelle celui de l’isatine à l’acide isatique, on doit admettre la présence d’un groupe — Az — CO — et donner au strychnol la formule :
ae A7 — COHÈOK NA
D'autre part, la strychnine ne forme qu’un seul monoiodométhylate, ce qui répond à son caractère de base monoacide. Traitée par l’oxyde d’argent, on obtient non pas l’hydrate correspondant, mais une méthylstrychnine, par suite de la fixation d’une molécule d’eau (Tafel) ; le même dérivé pren naissance aux dépens du strychnol lorsqu'on traite son iodométhylate par l’oxyde d’argent. La méthylstrychnine contient un atome d’azote secondaire, et Tafel la considère comme la bétaïne du strychnol. On a en effet :
H—0 COOH O CO Ja = CHE" 0€ —= Na = CHOC + H20 BC NH VOA N 4H
Pour expliquer sa formation à partir de l’iodométhylate de strychnine, il suppose que celui-ci subit sous l'influence de l’oxyde d’argent, une double transformation : remplacement de l’iode par l’hydroxyle et rupture de la chaîne fermée — Az — CO -—, Le méthylhydrate de strychnol qui prend ainsi naissance perd immédiatement les éléments
d'une molécule d’eau, ainsi que cela a lieu généralement pour les hydrates quaternaires des acides, et se convertit en bétaïne :
HO CO HO COOH Du = CHOC er Dar = CRr0€ CH° Na CH! NT
Méthylhydrate de strychnine Méthylhydrate de strychnol
LAe CO
CH—Az = CH0< NAzH Méthylstrychnine
On peut introduire encore un groupe CH® dans la molécule de la métylstrychnine. On obtient ainsi une diméthylstrychnine :
pe Ô CO CH5— Az = CHH*0 Az CH3
qui est une base tertiaire, et qui présente les plus grands rapports dans toutes ses réactions avec la diméthylaniline. M.Tafel en conclut que l'azote trivalent de la diméthylstrychnine, et, par conséquent, l’azote non basique de la strychnine sont liés directement à un noyau aromatique.
Tafel est parvenu, en hydrogénant la strychnine avec de l’acide iodhydrique et du phosphore, à éliminer un de ses atomes d'oxygène et à fixer quatre atomes d'hydrogène.
C'H#A7O: + 6H — C'H"AZO — HO Strychnine Désoxystrychnine
La désoxystrychnine cristallise avec trois molécules d’eau. Elle fond après dessiccation à 172° et distille sans décomposition. On doit admettre que l’atome d'oxygène qui a été éliminé est celui du groupe C?H?20, et non celui du
carboxyle, car la désoxystrychnine chauffée à 180° avec de l’alcoolate de sodium, se convertit en désoxystrychnol analogue au strychnol et dans lequel l’existence d’un groupe AzH et d’un carboxyle a pu être démontrée :
COOH NME ner i. + HO — Az = cop" € Dade Désoxy- Az H strychnine strychnol
On peut résumer ainsi les connaissances actuelles sur la constitution de la strychnine :
1° L'un des atomes d’oxygène de la strychnine fait partie d’un groupe carboxyle CO ; l’autre atome d’oxygène n’est pas contenu dans un méthoxyle.
2° Les deux atomes d’azote sont tertiaires, mais un seul a des propriétés basiques.
3° La molécule de la strychnine renferme en outre un noyau benzénique ; celui-ci est vraisemblablement lié soit avec le noyau pyrridique, soit avec le noyau pyrrolique, de manière à former le double noyau de la GMA ou de lPindol.
4° A ce noyau benzénique, est lié par une de ses valences, l'atome d’azote non basique ; les deux autres affinités de cet azote sont saturées, l’une par le carboxyle, l’autre par un radical hydrocarboné.
La formule de constitution admise est la suivante, elle découle de celle admise pour le strychnol :
Az = cnr0€ L
Action du Brome sur la Strychnine.
L'action du brome sur la strychnine est connue depuis longtemps. Toutefois les produits qui se forment ont été peu étudiés, et dans la plupart des cas ils n’ont pu être séparés soit de la strychnine elle-même, soit d’un composé bromé à teneur en brome différente, de telle sorte que leur histoire présente de grandes lacunes, tant au point de vue des propriétés physiques que chimiques. Pour ce qui concerne les premières, nous n'avons trouvé qu’un seul dérivé bromé pour lequel on a donné un point de fusion : c’est la monobromostrychnine fusible à 222°. Nous verrons que le produit, obtenu suivant un procédé décrit plus loin, fond à une température différente.
Les autres composés bromés à teneur en brome plus élevée sont très sommairement décrits. Non seulement les ouvrages ne rapportent pas la moindre constante physique, mais encore ils les décrivent comme des substances amorphes, ou composées de mélanges d’aiguilles et de masses non cristallisées qui attestent que ces dérivés sont des mélanges plutôt que des combinaisons définies.
Reyes
La monobromostrychnine a été obtenue par Laurent, en traitant une solution de chlorhydrate de strychnine par le brome ; il se forme un précipité résineux. En solution, il reste le dérivé bromé que l’on précipite par l’ammoniaque. Le précipité javé, séché, cristallisé dans l’alcool, se sépare en aiguilles incolores qui sont un mélange de strychnine bromée et de strychnine (Laurent).
Shenstone, Beckurts, ont préparé dans les mêmes conditions une bromostrychnine qu'ils ont purifiée par cristallisations dans l’alcool. Ils ont obtenu un produit en crisiaux quadratiques fondant à 222°.
Nous nous sommes proposé au début de préparer les dérivés bromés, en appliquant à la strychnine le procédé de M. Causse, employé pour d’autres alcaloïdes par MM. Galimard, Joris, etc.
Ce procédé consiste, on le sait, à faire agir sur ces alcaloïdes le brome dissous dans l’acide bromhydrique seul ou avec le concours de l’acide acétique. Nous inspirant de ces travaux, nous avons tout d’abord fait agir le brome en solution bromhydrique sur la strychnine ; toutefois cette méthode donne, avec la strychnine, un résultat inattendu, ce qui tient à l’insolubilité du bromhydrate de strychnine. Une partie de ce sel se dépose en même temps que de la Strychnine bromée, de telle sorte que le précipité redissous dans de l’eau acidulée par l’acide bromhydrique, puis précipité par l’ammoniaque donne un mélange de strychnine et de bromostrychnine comme dans la méthode de Laurent. Dans ce mélange nous avons facilement séparé par des cristallisations successives dans l’alcool, la strychnine de la bromostrychnine.
Ces circonstances entraînaient une complication, aussi