‹ Recherches sur les difformités congénitalesChapitre 43 sur 102 · I. GUÉRIll, I. — â · texte numérisé non relu

I. GUÉRIll, I. — â

dt leur variable signification au profit d'une hypothèse sans le moindre fondement.

Telles sont les observations fournies par la doctrine des pressions fœtaleSy doctrine un instant personnifiée dans le professeur Cruveilhier. Aux applications que nous avons citées, nous aurions pu en ajouter de nouvelles ; mais on n'y eût rien trouvé de plus. On vient de voir â quel point l'auteur était convaincu; et l'on a vu en même temps combien ses convictions l'empêehaient de tenir compte des faits qui ne rentraient pas dans le éadre de ses idées. Cependant il faut lui rendre cette justice que, malgré celte partialité» il a su donner à ses observations un certain cachet de précision qui a longtemps dissimulé l'impuisdance de sa doctrine. Aussi Cruveilhier a-t-il eu des continuateurs de ses idées, et verrons-nous, dans la période suivante, un reflet très accentué du système des pressions mécaniques, accompagnant quelques progrès dans l'observation anatomique.

Mais, avant de citer ces continuateut's de Cruveilhier, nous sommes obligé de retourner sur dos pas pour rappeler une doc» trine qui s'est fait jour aux mêmes époques.

Dèsles premiers temps de la tératologie scientifique, plusieurs auteurs avaient déjà eu l'idée d'attribuer certaines monstiniosités à des maladies du fœtus. Haller, qui connaissait toutes les idées et toutes les hypothèses qui l'avaient précédé, a rapporté, dans son ouvrage Bemonstris{Physiûlogicns, p. 133 à 136;, les premières ébauches de cette doctrine. Mais ces aperçus vagues, indéds, sont cités pêle-mêle avec une foule d'autres, appartenant à des doctrines différentes ; ils sont comme perdus parmi toutes les hypotfîèses du temps. Haller lui-même y donnait si peu d'attention, qu'il se bornait à les mentionner à Toccasion des diverses parties dont se composait chaque monstruosité. Ainsi « ex morbo raonstra jQeri, clar. Hcbenstreit (1) et ex animi aCfectibtts alli (2) : ex concursu potentiaî plaslicie cum aliqua causa morbosa, meus prtcmatura morte abrcptus successor (3).

^1) Hbbenstreit, Autrop. ev. 1753, tome (.

(2) KreoLAi Misgburt, p. 64>69.

(3) RiCDERER, Comm. GuUing, t. IV, p. 207.

Sed et eumdem morbum, et deformia absque cranio capita (1), pleraque hydrocephalo tribuas, qui paulatim cerebrum consumit, ut aqua scia supersit (2) deio ossa tenuia reddit (3) iode destruU (4) hiatum que facit per quera cerebrum exit (5) et aqua sub ipsa tegumenta erumpit (6). >

Mais, nous ae saurions trop le répéter, ces premières lueurs d'uae idée quoique vraie et féconde ne doivent pas ètr« con-r fondues avec son expression nette et précise, qui, elle-même, parcourt tous les degrés de |a démonstration jusqu'à Tévidenee et la certitude. La preuve en est que, avant d'arriver à ce terme d'une vérité constituée, ses ébauches restent longtemps x^xnfon-^ dues avec les hypothèses et les erreurs, parce qu'elles ne sont pas encore la vérité ; elles ne servent la plupart du temps que de prétextes pour diminuer k yaleur des véritables démonstrations, et le mérite de ceux qui les ont données. On ne nous verra jamais imiter ces conspii^dons des faux érudils ou des rivalités en? vieuses contre les auteurs du vrai progrès. Le progrès, à nos yeux, c'est rétablissement définitif de toute vérité. Ainsi, pour ViàéB qui nous occupe, de l'existence d'une affection des centres nerveux comme cause de certaines monstruosités, il y avait trois termes i établir : l"" le faitprimoixlial ; 2^ son étendue ; 3* ses conséquences. On verra qu'à chacun de ces termes correspondent des travaux distincts et des résultats différents. Pour ne pas sortir du cadre que nous nous sommes tracé dans cette première partie de nos recherches, nous nous bornons à citer Aes jMts H ies idées qui serviront plus taitd ^ une 4^lermination définitive.

On a vu, par le passage emprunté à Haller, combien d'auteurs .amraient sougé à l'origine patbologiçue des monstres. Nous avons pris la peine de remonter «ux sources indiquées par l'illustre historien, et nous n'avons trouvé, chez tous ces prétendus initia-

ii) MaRCOÎ) Mém. de VAcad, desâdernses, 1716.

(2) Waldsghmidt, Eph. nat. cur. décad. III, ann. 7 et 8, obs. 38.

(3) Daubektok, t. m, p. 8^. — Smétius, p. ;>78. — Harder, Apiar., p. U9.

(4) Bourgeois, Eph. cur. nat.t déc. H, comm. 5.

(5) Zod. Med. Gall.j III.p. 59. — Moruagni, De sed, c. morh.^ p. 88. — Dauben- TOI, Ueêcrip. ducab, du Roi, i. III, p. 66.

(6) CoRViif, Hem. céréb. — Biereuw, n« 98, L. X, iM.

388 DIFFORMITÉS CONGÊMTALES

leurs, comme dignes de quelque attention, que des aperçus morcelés, et, chez deux d'entre eux, chez Marcot (de Montpellier), un fait analysé avec quelque portée, et chez Morgagni une série d'observations très intéressantes, mais beaucoup moins significatives qu'on ne l'a dit.

L'observation de Harcot est noyée dans une foule de considérations sans valeur, sur les causes des monstres, sur l'influence de l'imagination des mères, sur le développement imparfait dés parties par insuffisance des apports circulatoires, sur le mécanisme de Thydrocéphale par l'obstruction des glandes du plexus choroïde, sur la continuation de la vie chez les monstres sans cerveau ni moelle, etc., etc. Après ces horsd'œuvre, l'auteur explique la formation de l'anencéphalie par l'existence antérieure d'une hydrocéphale, et la disparition de la matière cérébrale par la liquéfaction progressive du cerveau, liquéfaction à laquelle se substitue le liquide de l'hydrocéphale. A mesure que ce liquide disparaît, le retrait de la voûte crânienne réalise l'aiïaissement de ses enveloppes de son sommet à sa base. Voici, du reste, l'observation textuelle de Marcot, dégagée do tous ses accessoires inutiles, et réduite aux éléments propres à éclairer le mécanisme matériel de l'anencéphalie (1).

OBSERVATION XXXV

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