‹ Recherches sur les difformités congénitalesChapitre 49 sur 102 · CHEZ LES MONSTRES · texte numérisé non relu

CHEZ LES MONSTRES

Arrivé au terme de ces recherches sur les difformités congénitales chez les monstres, depuis l'origine de la tératologie jusqu'à ce jour, nous croyons pouvoir conclure :

'i) Darestc. Mode de production des kémiiéries, p. ÎIO. (i) De QuATHcrAOEs, Loc. cU.f p. 79.

52i blFPORMITP.S CONGÉNITALES

1* Que le fait de la coïncidence des difformités avec les monstruosités a été remarqué de tout lemps, mais sans liaison des deiix ordres de faits entre eux.

2* Qu'aucun auteur n'a donné une détermination anatomique des difformités chez les monstres; toutes les indications s'étant bornées jusqu'ici à celles de leurs formes extérieures.

3" Que les différentes doctrines proposées pour les monstres n'ont jamais considéré les difformités comme parties intégrantes de la monstruosité, mais simplement comme des exceptions et comme des caractères empiriques accidentels sans liaison étiologique avec l'ensemble où on les rencontre.

4** Que les théories proposées jusqu'ici, telles que l^s altéralions primitives des germes, les troubles de révolution enthryogéniquSy les arrêts de développement , les pressions mécaniques, les positions vicieuses du fœtus, ne rendent pas mieux compte des difformités que des monstruosités, soit qu'on les considère dans leur ensemble, soit qu'on les considère dans les formes particulières de chacune d'elles.

5* Que la théorie des affections morbides du fœtus envisagées comme causes de certaines malformations congénitales, telles que Yacéphalie, Vanencéphalie et le spina bifida, ne l'avaient jamais été que comme causes éloignées sans Tintermédiaire de causes prochaines établissant le rapport nécessaire des unes avec les autres.

6" Que la rétraction musculaire et les difformités qu'elle produit ont comblé cette lacune, en spécifiant tout à la fois la nature de la maladie d'où elles procèdent, et en établissant leur liaison essentielle avec les monstruosités qu'elles accompagnent.

7'* Que ]a maladie fœtale qui pi*oduit simultanément la monstruosité et les difformités, consiste dans une affection générale ou partielle du système nerveux, cerveau, moelle et nerfs, dont les effets et les caractères sont relatifs à l'époque de la vie embryonnaire, où elle a sévi, à son étendue et à ses degrés.

8" Que la rétraction musculaire convulsive, considérée comme un des effets les plus puissants de l'affection cérébro-spinale, est, par la généralité du système qu'elle occupe, et par la diversité

anatomique et topographique de ses distributions, une des causes prochaines les plus puissantes, qui réalisent le phis grand nombre de formes différentes de la monstruosité et des difformités ; d'où il suit que partout où Télément musculaire se rencontre, il est susceptible de prendre pari à tous les vices de conformation et difformités qui diversifient la monstruosité.

9" Que la coexistence de troubles plus généraux de l'organisme avec la rétraction musculaire, tels que Vabsence totale ou partielle de certains organes» leurs altérations de siège, de direction et de dimension, en impliquant, par leur ensonbte e! leurs connexions, une communauté d'origine ou de cause, impliquent en même temps une étendue el une complexité d'action de cette dernière, adéquates aux effets qu'elle produit : d'où la résoktîfon de l'affection cérébro-spinale en trois ordres d'effets : les suppressions, les arrêts et les perversions de développement des parties.

lO"" Les monstres et les difformités qui les accompagnent présentent, dans leur ensemble, la réunion des effets d'une même cause, l'affection cérébro-spinale, dont l'action s'atténue, se fractionne et se diversifie, chez le fœtus et l'enfant, pour former autant de vices de conformation et de difformités séparées, qu'il peut y avoir de localisations et de fractionnements de cette cause.

iV L'absence de lésion matérielle appréciable du système nerveux, dans les localisations particulières de son action pervertie, est suppléée par la rétraction musculaire et les caractères directs et immédiats qu'elle imprime aux parties déformées et déviées.

Ces conclusions formulent, sous leur forme abstraite, les faits généraux et les principes à l'aide desquels il nous a été permis de suivre la filiation des idées qui ont marqué l'évolution de la tératologie et de la science des difformités congénitales ; elles indiquent en outre la relation qui existe entre les monstres el les difformités qui les accompagnent; enfin elles servent de transition ;\ nos recherches sur les difformités congénitales chez le fœtus et l'enfant, celles-ci considérées comme complément démonstratif de la doctrine qui est destinée

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à ramener ces trois groupes de faits à une seule et même origine : l'action penersive et convulsive du système nerveux.

Mais, avant d'aborder cette seconde partie de notre travail, nous pouvons indiquer d'une manière concrète les principales applications que nous aurons à mettre en lumière.

Ces applications comprendront la détermination chez le fœtus et l'enfant des vices de conformation et difformités :

A. i** Musculaires généralisés, comme chez les monstres; 2" distribués en nombre décroissant jusqu'à un seul vice de conformation ou une seule difformité, comme chez l'homme bien conformé d'ailleurs. Or, dans cette première catégorie, devront se grouper toutes les anomalies et difformités résultant de l'action musculaire pervertie, dans les muscles de Vœil, de la face, de Yoreille, du nez, de la langue, du pharynx {lu£Uey glotte, épiglotte, œsophage), du larynx, du cou, du cœur, de Vestomac et de toutes les fractions du tube digestif îiisqu'ii Vanus; de toutes les parties contractiles des organes génito-urifiaires {utérus^ reins, uretères, vessie), le tout considéré comme dépendances totales ou partielles de l'élément musculaire convulsé.

B. Osseux, 1* Multiples ou isolées; 2* par absence totale ou partielle des os.

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