I. 1" En ARRIÈRE
A. Moitié droite. — La moitié droite de la partie postérieure et supérieure du cou et de la partie postérieure et supérieure du dos, est plus saillante que celle du côté opposé. La région dorsale moyenne jusqu'au niveau delà sixième côte, d'abord de niveau avec la région correspondante à gauche, devient ensuite moins saillante que la région gauche entraînée par l'excurvation. Le scapulum droit est plus élevé que celui du côté gauche, et l'épaule est plus anguleuse, plus saillante. Espace sous-scapulaire plus long; à droite 19 centimètres, à gauche 13 centimètres. Distance de l'omoplate à l'épine en haut, à droite i centimètres, à gauche 78 millimètres, à Tangle inférieur à droite 11 centimètres, à gauche 6 centimètres. Le bord spinal de l'omoplate droite est dirigé un peu obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, suivant le plan vertical du C9rps. L'angle inférieur est exactement appliqué contre les côtes.
La région dorsale moyenne, d'abord arrondie, se déprime tout à coup fortement au niveau de la septième côte; elle forme ua pli pro-
fond correspondant à la dixième côte. Les quatre dernières côtes rentrées dans la fosse iliaque sont débordées en dehors par la crête iliaque d*au moins 4 centimètres.
B. Moitié gauche. — Déprimée fortement dans la région cervicale, légèrement déprimée dans la région dorsale supérieure, devient très saillante, très bombée, à partir de la quatrième côte jusqu'à la onzième, et forme dans cette étendue une gibbosité considérable dont le sommet correspond à la neuvième côte. Dans la région lombaire elle se déprime ; les côtes ressortent et débordent la crête iliaque de 15 millimètres. L'omoplate gauche, moins élevée, moins saillante, est dirigée plus obliquement d'arrière en avant, et son bord spinal est un peu oblique de haut en bas et de dedans en dehors.
IL En avant :
A. A droite. — Déprimée dans la partie supérieure ; puis un peu plus bas, légère saillie, et enfin dépression des dernières côtes.
B. A gauche. — Disposition inverse, saillie sous la peau des extrémités antérieures des septième, huitième et neuvième côtes.
Sternum oblique de haut en bas et de droite à gauche, sans voussure sensible de sa face antérieure. Torsion sur lui-même, qui a porté la moitié gauche de sa partie supérieure en avant, et la moitié droite en arrière. L'inverse en bas.
IIL Parties latérales. — Abstraction faite de la déviation de totalité du thorax, les parties latérales n'offrent pas de différences sensibles entres elles; sauf écartement des côtes à droite.
Demi-périmètre droit 320 millimètres
— gauche 33i centimètres
Diamètre grand oblique 245 —
— petit oblique., 192 ■ -
Paroi latérale droite 210 ceutimètres
— gauche 235 millimètres
Longueur du sternum 140 centimètres.
Abdomen porté en avant; sa direction générale, oblique de haut eu bas, de gauche à droite. Plus saillant à gauche et en haut, et. à droite et en bas.
De Tombilic à Tépine iliaque, à gauche. 90 centimètres
— — à droite. . 125 millimètres
Longueur xypho-pubienne 180 centimètres.
Muscles du tronc. — Trapèzes. — Ne sont pas paralysés ; cependant le gauche est plus faible.
Rhomboïdes. — Paralysés à l'exception de leurs faisceaux supérieurs, constituant les parties rhomboïdes.
Grands dorsaux. — Complètement paralysés et très atrophiés.
Angulaires. — Contractilité bien conservée.
Spléniens. — Intacts.
Grands complexus. — Se contractent. Celui du côté droit plus saillant que le gauche. Se tendent fortement tous les deux dans la flexion de la tète en avant.
Grands pectoraux. — Paralysés et atrophiés, excepté dans leur portion claviculaire.
Grands dentelés. — Atrophiés et paralysés. Quelques mouvements très obscurs.
Muscles de l*épine. — Les deux masses communes fortement rétractées. La gauche toujours saillante et très tendue. La droite, habituellement déprimée et relâchée, devient saillante dans les mouvements d'extension du tronc et dans les tentatives du redressement de la courbure principale.
Le long dorsal gauche déborde el cache les apophyses épineuses dans toute l'étendue de la courbure principale , on peut le soulever sur les doigts. Ils sont toujours tendus, et se tendent davantage dans les tentatives de redressement de la courbure principale. Dans ce mouvement, les muscles sacro-lombaire et long dorsal du côté droit se tendent également et on peut sentir sous le doigt les faisceaux spinaux et costaux du long dorsal, ainsi que les faisceaux costaux du sacro-lombaire. Le toucher ne peut arriver jusqu'aux transversaires épineux. Dans la concavité de la courbure supérieure, tension de quelques faisceaux descendants.
II. Difformités des membres supérieurs. — Épaules. — Moignons des épaules très peu développés des deux côtés ; surtout à gauche. Les deux membres supérieurs sont peu développés, le bras gauche est un peu plus mince que le droit, les avant-bras d'égal volume. Pas de difformités proprement dites. L'élévation du bras droit peut être complète, mais se fait lentement et sans énergie. Celle du bras gauche est très limitée. A droite, le muscle deltoïde existe, mais peu développé, les contractions se sentent bien; les autres muscles de l'épaule, sus-épineux, sous-épineux, petit et grand ronds se contractent, mais sont peu développés. A gauche^ muscle deltoïde complètement atrophié et paralysé. L'élévation du bras se fait par les contractions du sus-épineux et les fibres claviculaires du grand pectoral. Tous les muscles de l'épaule^à part le deltoïde, sont peu développés, mais se contractent.
Autres articulations des membres supérieurs. — Tous les mouvements de toutes les articulations sont complets. Tous les muscles du bras, de l'avant-bras, de la main se contractent, mais sont peu développés.
III. Membres inférieurs. — Les muscles de la cuisse sont atro-
phiés, mais il n'y a point de difformités dans cette partie du membre.
A. Genou droit. — L'extension n'est pas complète ; il s'en faut de 10 degrés.
Déviation du genou en dedans évaluée à 15 degrés.
Rotation du genou, arc de cercle de 30 à 35 degrés.
Le condyle interne du fémur déborde en dedans et en avant celui du tibia ; dans le premier sens de 5 millimètres et dans le second de 1 centimètre.
Rotule abaissée et presque en contact avec la crête du tibia.
Rétraction très prononcée du biceps, moins forte du fascia, imperceptible dans le ligament. — Pas de rétraction des muscles internes du jarret.
Paralysie du droit antérieur de la cuisse. Le triceps peu développé, mais il se contracte.
Le genou droit présentait à l'origine, chez ce sujet, une particularité remarquable. La jambe ^tait primitivement maintenue dans une flexion permanente sur la cuisse. Cette flexion fut combattue par les moyens mécaniques qui réussirent à redresser la jambe; mais la tension du biceps qui produisait cette flexion, n'ayant pas été vaincue par les appareils, il est résulté, consécutivement à l'action mécanique de ces appareils, une nouvelle difformité qui s'est en quelque sorte substituée à la première, et qui dépend de la même cause, savoir la réfniclioQ du biceps; cette difformité consiste aujourd'hui en un glissement de la tête du tibia sur le fémur en arrière (subluxation de la jambe en arrière) avec rotation considérable de la jambe en dehors, deux éléments de la difformité qui ressoitent de la même cause.
B. Genou gauche. — Dans la station, le genou gauche est légère-» ment fléchi en avant; flexion évaluée à 10 degrés. Le condyle interne déborde en arrière et un peu en dedans de 5 millimètres.
Tous les muscles moteurs sont à l'état normal (quoique maigres) à l'exception du biceps qui est presque paralysé.
IV. Pieds bots. — A. A droite, pied bot varus équin paraly^ tique au deuxième degré, pouvant être presque complètement redressé avec la main. Il n'existe que des mouvements vermiculaires d'extension et de flexion du pied, d'adduction du pied, et de flexion et d'extension des orteils. Rétraction visible des jumeaux et soléaire, probable du jambier postérieur; paralysie presque complète des muscles extenseurs des orteils, du jambier antérieur et complète des péroniers. Mollet flasque.
B. A gauche, pied bot talus au premier degré, demi-paralysie des jumeaux.
Celle obsei*valion offre à considérer, comme les trois premières, d'abord un ensemble de difformilés consécutives à des convulsions, celle-ci probablement d'origine hydrocéphalique ; puis la succession évidente de la rétraction musculaire à une paralysie complète des mêmes muscles; enfin une difformité conséxulive du genou, résultant d'efforts mécaniques appliqués au trailcment d'une difformité primitive. Chacun de ces trois points mérite qu'on s'y arrête.
Les convulsions de l'enfance sont loin de partir, comme celles du fœtus d'une maladie presque toujours la même : celle des centres nerveux, et en particulier l'hydrocéphalie. Chez l'enfant, la mauvaise ou vicieuse alimentation, les indigestions, les maladies intestinales, les affections éruptives, les vers, la dentition, etc., sont autant de causes éloignées de la maladie convulsive. Mais cette multiplicité de causes éloignées, différentes chez Tenfant de celles du fœtus, ne change en rien la cause prochaine des difformités. C'est toujours, après comme avant la naissance, la convulsion, c'est-à-dire le spasme musculaire, la contracture, la rétraction, la paralysie, moins le degré; car, si le fœtus, par le concours vital de la mère, peut continuer à vivre avec les plus fortes mutilations des centres nerveux résultant de destinictions morbides, chez l'enfant, la maladie ne peut aller au delà de certains degrés sans occasionner la morU Cest la principale différence qui existe entre les maladies et les difformités fœtales, et les maladies et les difformités infantiles.
Dans révolution de l'affection musculaire consécutive à la naissance, on peut assister à la succession des phases de la paralysie, depuis la paralysie presque complète, jusqu'à la rétraction avec retour de la contractilité. Cette succession de faits que nous avons établie par induction chez le fœtus, se montre à découvert chez l'enfant. Ainsi, chez le sujet de la présente observation, la paralysie succède immédiatement aux convulsions survenues à l'âge de six mois; pendant plusieurs mois, les membres restent immobiles, puis la contraction se réveille graduellement et successivement dans les muscles des membres gauches, puis dans les muscles des membres droits. En môme temps que la vie musculaire reparaît, les difformités causées par le raccourcisse-
ment de la rétraction musculaire, attestent par leur progrès Tinfluence primitive d*abord de ce raccourcissement, puis par l'accroissement des mêmes difformités, la présence d'un second ordre d'influences, TaiTêt de développement ou rinsuflisance de développement des muscles rétractés par rapport aux leviers osseux qui continuent, eux, à croître dans une proportion supérieure.
La troisième particularité à considérer dans cette observation, c'est l'influence qu'ont exercée les tractions mécaniques employées pour redresser la flexion du genou gauche. On a vu, en effet, que l'extrémité supérieure du tibia avait glissé en arrière des condyles du fémur : ce glissement, occasionné par la résistance des muscles du creux du jarret, qui s'insèrent à l'extrémité supérieure du tibia, témoigne du caractère et de la nature de leur raccourcissement; ils étaient atteints de rétraction et non simplement de retrait. Ce fait est extrêmement fréquent. Je l'ai vu se reproduire maintes fois, et je l'ai fait remarquer chez les sujets qu'on avait voulu traiter par l'extension mécanique» au lieu de recourir à la section des muscles rétractés. A l'époque où l'on eut la malheureuse idée d'opérer le redressement extemporané des ankyloses anguleuses du genou, on ne manquait jamais de provoquer la luxation en arrière du tibia sur Je fémur. Quelques chirurgiens tentent encore cette méthode du redressement immédiat de certaines difformités, comme les déviations latérales du genou; mais, outre qu'ils n'ont jamais obtenu un véritable succès, ils ont fermé les yeux aux méthodes moins violentes et plus sûres de la ténotomie et de la syndesmotomie associées aux appareils mécaniques. Ces observations auront leur développement ailleurs et en temps opportun.