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XIV AVANT-PROPOS

rapports d'intendants aigris par la résistance que rencontrait en Bretagne, leur pouvoir à peu près absolu dans les autres provinces, même en Languedoc, voilà les documents sur lesquels on s'appuie pour délivrer des brevets d'ignorance et d'intempérance à la majeure partie des membres d'une Assemblée.

Ces accusations d'ignorance et d'intempérance ne paraissent pas mieux fondées que celle d'être toujours prêts à tirer l'épée. Les procès-verbaux des Etats ne constatent qu'un seul fait de cette nature, et le lendemain, le 21 octobre 1667 : « A la suite d'une discussion qui s'était produite entre M. du Gage et M. de Trévigny, discussion dans laquelle ces gentilshommes avaient dégainé, les commissaires du Roi entrèrent, et le duc de Mazarin fit lire une ordonnance portant défense à la noblesse de tirer l'épée sur le théâtre, à peine de prison. » Il n'y en a pas d'autre exemple.

M. de Lavergne ajoute : « Cette douceur des impôts avait produit ses conséquences naturelles; la plus peuplée et la plus florissante de nos grandes provinces, la Bretagne, l'emportait pour le nombre de ses habitants sur la Normandie elle-même, et ne le cédait qu'aux généralités de Paris, Lille et Lyon, qui avaient beaucoup moins d'étendue. »

Ici encore, l'éminent historien oublie que cet état florissant n'était pas dû seulement à la douceur des impôts, mais surtout à l'habile et intelligente administration des Etats, aux membres de ces Commissions

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