‹ Recherches sur les Etats de BretagneChapitre 9 sur 33 · AVANT-PROPOS. XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XIII

cru devoir comparer nos Assemblées nationales aux Diètes polonaises W. Certes , les réunions étaient quelquefois bruyantes* mais que Ton cherche donc, surtout en France, une Assemblée politique composée de sept ou huit cents membres dont les délibérations aient toujours été calmes, ordonnées et à l'abri du tumulte et de la violence.

M. de Lavergne ajoute : « Mais, en fin de compte, ces hobereaux de campagne, si grossiers, si violents, si portés à s'enivrer et à tirer l'épée, avaient tenu tête plus que les autres au gouvernement royal, et la preuve en est dans le chiffre des impositions qu'acquittait la Bretagne avant 1 789 -, on y payait en tout douze livres dix sols par tête, tandis que les provinces sans défense, comme la Champagne ou l'Orléanais, payaient le double sans être plus riches, et que le Languedoc lui-même était beaucoup plus chargé. »

Où M. de Lavergne a-t-il donc vu que les membres des Etats fussent si grossiers, si portés à s'enivrer? Quelques lettres de Mme de Sévigné contenant des descriptions plus spirituelles que véridiques, quelques

('!) « En Bretagne, les gentilshommes avaient le droit de paraître tous individuellement aux Etats, ce qui souvent fit de ces derniers des espèces de Diètes polonaises. » (Ancien régime et Révolution, p. 351.)

«. On comptait plus de 1,300 gentilshommes dont la moitié se rendait ordinairement aux Etats. Il est facile de s'imaginer combien une pareille Assemblée devait être tumultueuse; on les comparait aux célèbres Diètes polonaises. » (Lavergne, Assemblées provinciales, préface.)

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