XVI AVANT-PROPOS
Etats? Huit ou neuf cents nobles, des évêques, des députés de chapitres les composent. Voyez quarantedeux hommes représentant deux millions d'individus sous le nom modeste, j'ai presque dit avili, du tiersétat.
» Chaque chambre a un veto; voilà par qui Ton veut que la constitution soit jugée! »
Mais ces quarante-deux représentants avaient autant de pouvoir que les huit cents gentilshommes, qui ne songèrent jamais à demander le vote par tête, et qui admettaient comme principe que l'impôt ne pouvait être voté que du consentement des trois ordres, et que le veto d'un seul arrêtait les deux autres. A différentes reprises, les rois luttèrent contre cette prétention, ils réussirent même à faire enregistrer des édits dans ce sens , mais les Etats ne cessèrent de protester et surent maintenir leurs droits à peu près intacts. C'est ainsi que le 12 octobre 1762, l'on voit rendre un arrêt du Conseil sur la validité des délibérations formées par la pluralité de deux ordres, bien qu'en 1752, un arrêt du même genre eût été déjà rendu, sans pouvoir être mis à exécution.
Remarquons, de plus, que rien n'empêchait les villes d'augmenter le nombre des membres du Tiers, en adjoignant à ces derniers un plus grand nombre d'agrégés. A certaines tenues, des villes comme Rennes ou Nantes envoyèrent jusqu'à dix et douze agrégés*, ces derniers n'avaient que voix consultative, il est vrai ,