AVANT-PROPOS. XVII
et ne pouvaient prendre la parole que dans la chambre du Tiers, mais quel abus pouvait-on craindre, puisque le vote avait lieu par ordre?
A entendre Le Ghapeliier, le Tiers aurait été entièrement sacrifié aux deux autres ordres; il n'en était rien, et le vote par ordre lui assurait, grâce à ce veto soidisant tyrannique, une influence peut-être plus grande que celle qu'il eut aux Etats du Languedoc, où sa représentation était du double des deux autres ordres réunis, et où le vote par tête était admis, mais où il se trouvait en présence de puissants barons dont il subissait presque toujours l'influence.
Ce n'est pas, au surplus, l'inégalité du nombre des représentants qui amena la scission, mais bien l'inégalité dans la répartition de l'impôt, inégalité fondée autrefois sur le service des armes, et qui n'avait plus sa raison d'être au XVI Ile siècle.
N'oublions pas, cependant, qu'en Bretagne la taille n'existait pas, que les fouages n'étaient pas élevés, et qu'une grande partie des ressources se demandait aux devoirs, c'est-à-dire aux contributions indirectes, frappant également tous les habitants de la province.
U Histoire de Bretagne, dans les trois siècles qui précédèrent la Révolution , est encore à faire. Les documents abondent, beaucoup malheureusement sont uniques, notamment la plupart de ceux qui sont conservés hors de notre province, à l'hôtel Soubise ou dans le vaste dépôt de la rue de Richelieu , et l'on se prend