VIII AVANT-PROPOS
» Jusqu'à ce moment, s'écriait le vicomte de Mirabeau , le premier des orateurs inscrits , les contrats de nation à nation ont été considérés comme des échanges de conventions réciproques, qui ne peuvent être annihilées que par le concours des parties contractantes.
» Les députés bretons ont si bien senti ce principe, qu'à l'époque du 4 août , dans cette nuit où des sacrifices multipliés ont été plutôt le résultat de l'ivresse du patriotisme que du calcul et du raisonnement, un seul député de Bretagne, qui n'était pas lié par ses cahiers, a consenti à abandonner les privilèges de ceux qu'il représentait (2). Protestant ensuite
bliez pas que vous paraissez aussi devant les pères de la patrie, toujours heureux de pouvoir en excuser les enfants, et de ne trouver dans leurs torts que les égarements de leurs esprits et de simples erreurs. » (Assemblée nationale, séance du S janvier au matin, présidence de M. l'abbé de Montesquiou.)
(2) Les trois ordres étaient d'accord sur ce point : que les droits, privilèges et franchises de la province de Bretagne soient conservés dans leur entier, sauf les droits respectifs que les ordres du clergé et du tiers-état sont fondés à réclamer pour leur légitime représentation aux Etats, et à toutes les députations et commissions qui en dérivent. (Art. 15 des demandes et remontrances de l'Assemblée diocésaine de Nantes pour les Etats- Généraux de 1789.)
La noblesse et le haut clergé avaient protesté de leur côté, à Saint-Brieuc.
Les députés de la ville et comté de Nantes sont expressément chargés de défendre la conservation des droits, franchises et libertés de la province de Bretagne, relativement à l'exécution des lois qui y seraient contraires, quoique faites pour le royaume, à l'établissement de tous subsides, à la composition des Etats d'une manière convenable, aux intérêts respectifs des ordres, à la liberté de leur Assemblée, etc., et à tous autres droits et franchises consignés