AVANT- PROPOS
ce que les abus ont de plus odieux, l'aristocratie de plus absurde, la féodalité de plus barbare, les veto de plus tyrannique, et vous aurez une idée de l'Assemblée à laquelle on veut confier le droit de juger ces institutions immuables qui doivent faire le bonheur de tous. Vous avez détruit les ordres, proscrit les veto, nous avons coopéré à une constitution et nous n'en jouirions pas, et ces nobles diraient veto sur la félicité publique, une telle demande est scandaleuse et coupable. »
« Lisez dans l'ouvrage de M. Necker, répondait l'abbé Maury, le tableau comparé des contributions de toutes les provinces, vous y verrez qu'en vertu de cette constitution barbare, à laquelle on prétend que les Bretons sont si impatients de se soustraire, chaque propriétaire, chaque individu paye la moitié moins d'imposition en Bretagne qu'on en supporte dans les autres provinces des pays d'élection. Est-il vraisemblable que pour s'assimiler en tout au reste du royaume, les communes de Bretagne soient disposées à doubler le prix de leurs contributions ? »
Barnave, de Fermon, Lanjuinais, le comte de Mirabeau lui-même, qui, à rencontre de son frère, attaqua si vivement les magistrats bretons, prirent part, ainsi que le président de Frondeville, Cazalès, d'Espréménil, Barrère de Vieuzac et de Clermont- Tonnerre , à cette grande discussion où le sort de la nationalité bretonne était en jeu. Aucun d'eux ne