‹ Recherches sur les Etats de BretagneChapitre 7 sur 33 · AVANT-PROPOS. XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XI

parvint à établir que l'A ssemblée française eût le droit de modifier la constitution bretonne sans le consentement de la nation bretonne elle-même.

Certes, les Etats de Bretagne fortement organisés pour résister, comme Le Chapellier était obligé de l'avouer, au despotisme ministériel, étaient arrivés à un moment de transformation inévitable ; Tordre de la noblesse ne pouvait continuer à envoyer un millier de membres aux Etats, le Tiers avait le droit de réclamer une égale répartition de l'impôt, et une augmentation sérieuse du nombre de ses députés ; enfin, les campagnes que ne représentaient plus suffisamment les gentilshommes , étaient en position , encore plus que les villes, de se plaindre de l'oubli dans lequel on les avait iaissées. Elles pouvaient réclamer ou la formation d'un quatrième ordre, qu'un conseiller au Parlement, M. de Botidoux, proposait d'appeler l'ordre des paysans, comme en Suède, ou un nombre de députés encore plus considérable que celui des villes; en un mot, des réformes étaient indispensables; mais, entre une modification des Etats et une suppression totale, il y avait une grande distance, et tel était réellement à cette époque le sentiment général en Bretagne, comme le constatent les cahiers des sénéchaussées, qui tous, en demandant des réformes, n'en réclamaient pas moins le maintien des franchises du pays. Loin d'insister en faveur de ce nivellement général, que l'ancien régime avait

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