PARFAIT DEFINI
Les formes des trois, pers. du plur. du parf. défini de l'indic, en arent, dans les verbes de la-prem. conjug. ils allarent, ils mangearent, ils frapparent, sont communes dans quelques auteurs du xvi* siècle. Rabelais s'en est constamment servi, mais ses éditeurs ont eu tort de croire que ces formes fussent généralement suivies en France de son temps; ils observent avec raison qu'elles sont plus rapprochées des prétérits latins contractés en ârunt. (Œavr. de Rabelais, Gargantua,!. I, chap. i, t. I, p. 4a* note i4, éd. E. Johanneau.) Tallemant des Réaux, Historiettes, 1. 1, p. 1^7* dit que le maréchal de la Force qui était né à Paris, mais d'une famille de Gascogne , et sa femme , fille du maréchal de Biron, et Gasconne aussi, à ce que je pense, n'ont jamais pu se défaire d'employer ces prétérits en arent. Dans une note sur ce passage, M. Monmerqué dit que c'est une «ancienne locution « du Midi, que l'on retrouve dans tout ce qui reste de manuscrits « originaux de Brantôme. » — L'autorité de Brantôme et celle du vieux maréchal de la Force (né vers i55g, mort le 10 mai i65a ), peuvent faire penser que si cette locution ne prévalait pas à la cour des Valois , au moins n'y était-elle pas proscrite comme elle le Fut dans la bonne compagnie de Paris dès le commencement du xvii* siècle.
D intercalaire, dans les verbes en ir, pour marquer le passé.
Vindrent pour vinrent est constant dans les Mémoires de J. da Clercq, notamment 1. V, ch. li, t IV, p. 63, Buchon.
Tindrent pour tinrent. (Mém. de J. du, Clercq, p. 63.) Prindrent pour prirent. (Id. ibid.)
Picardie. Pour figurative des verbes, au part défini, dans la conjugaison en re, s au lieu de r; il fixent pour ils firent.
SUBJONCTIF
Si gouvernait le subjonctif.
Il y avait un t final au présent du subjonctif, en Bourgogne.
On employait l'imparfait du subjonctif comme conditionnel.
INFINITIF
En dialecte de Picardie, nos verbes en ir (courir) étaient en re (courre); nos verbes en re (ardre) y étaient eo oir (ardoir).
L'infinitif, avec la négation, se plaçait élégamment au lieu de l'impératif.
Kant Olivier ait entendu Rollan , Il faraisonne bel et cortoisemant :
Or t'ai je dit quel gent mi parant; Et tu, qui es? ne le celer niant
Gerart et Vian», 96-99, Bekker.
Va tost, dist-il, ne te targier.
Roman de Rou, r. 7065 ; éd. PtaqueL
«Sire, ne marhaer en ta forsennerie, ne me chastier en ton « iror. » (Sermons de saint Bernart , p. 16; éd. la Bouderie.)
Cf. 89, 182.
Bekker, Der Roman von Fierabras Provenzalisch, herausg. Imm. Bekker, Berlin, 1829, in-4°, p. i56, en rapporte d'autres exemples. Marie de France, t I, p. A60, éd. Roquefort, t II, pp. 267, 288; Roman de Rou, i3oi5, éd. Pluquet Raynouard, Poésies originales des Troubadours, II,. en a un exemple en provençal. D'autres exemples en provençal sont cités par M. de Rochegude, Gbss. Occitan, s. v. Agaitar, Angoisso, Bbis, Clau,
Consirar, Dessoliat, Eginiar, Enginiar, Eruginar, Eslaissar, Folament, Preïcacio, Proar, Taïnar, Viaire. — Ces exemples témoignent que cette forme s'employait fort communément en prose. La même construction est connue en italien et en grec.