ORTHOGRAPHE
Provinces à orthographes fautives , mélangées , irrégulières : Franche-Comté, Bretagne, et beaucoup moins la Lorraine.
Le système général de l'orthographe était un tâtonnement perpétuel pour chercher à rendre les sons de la langue nouvelle avec les lettres de r alphabet latin : cause de tant et de si longues variations. On n'avait que le tâtonnement.
La variation fréquente des formes est une grande source d'erreurs pour les esprits systématiques : on bâtit, sur des différences qu'on croit avoir aperçues, des règles chimériques; on croit voir une raison aux différents emplois des formes. Ce n'est qu'après bien des erreurs de ce genre redressées et un long examen , qu'on parvient à une critique grammaticale un peu sûre.
La distinction chronologique des formes est aussi fort difficile.
A a eu partout et toujours, en France, la même valeur.
G final.
J. du Clercq, en ses Mémoires, qui me représentent les formes polies du dialecte de Flandre au xv* siècle, le place constamment dans divers monosyllabes :
Ung, fém. une. Maingt, fém maingte; plur. maingts. Moings, au moings. Loing.
Q final.
Les Mémoires de J. du Clercq en montrent l'usage fort commun au dialecte de Flandre du xv* siècle :
Avecq; illecq; ung marcq; blancq, plur. blancqs; en publicq; ung sacq, H, 3. Parcq, II, 128.
Au commencement du xiv* siècle, confusion dans la prononciation de s : osoit, osait ; nasoit, naissait.
S final de flexion.
On peut prendre une idée de la durée de l'époque de pertur-
bation entre l'abolition de l'ancienne règle et rétablissement de la nouvelle par les Ordonnances des rois. On y trouve le pronom personnel ils écrit ainsi au pluriel depuis i3o5 environ, et on rencontre encore des exemples de l'orthographe il au pluriel après i35o. Dans ce long intervalle, les deux manières sont alternativement usitées.
La distinction de IV et du z, dans l'usage, comme finales, est de la fin du xm° siècle. Elle n'existe pas dans ce qui nous reste de manuscrits de la première moitié de ce siècle.
Elle est dans le Roman de Renart,du texte qu'a publié M. Méon , et dans le Roman de la Rose; mais je ne la vois pas encore dans le Roman de Mahomet, dont la date est authentique (12 58).
L'orthographe1 par s domine, dans les chartes picardes, vers 1280; celle par z, dans les lorraines, de iq3o à 1280.
La suppression de la consonne devant Ys ne s'était appliquée d'abord qu'à un petit nombre de lettres , le t.
On en a fait abus vers la fin du xih* siècle et au commencement du xiv*, en appliquant cette règle à une foule d'autres consonnes finales de la forme indirecte, remplacées par le z. Ainsi au g, à Yf, k Yn.
La suppression se trouve expliquée au f dès les plus anciens textes. L'usage de supprimer les consonnes finales devant s faisait qu'elles se perdaient, qu'elles se changeaient l'une pour l'autre.