‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 107 sur 113 · FORMES DIALECTALES : SS, RR, LL · texte numérisé non relu

FORMES DIALECTALES : SS, RR, LL

Baill, bailli, p. 7, 1. a3.

Brissèrent, brisèrent, 4,1. 210.

Couseill, conseil , 7 - 1 o , 1. 1 5 .

Encorres, encore, 6, 1. 2 3.

Faissant, faisant, 7, 1. 27.

Guerres, guère, 6, 1. 5.

Nulles, nuls, 8,1. 18.

Orres , ores, maintenant, p. 9, 1. 19.

Plutsors, plusieurs, 7, 1. 1.

Porrent, purent, 3, 1. 29.

Prùson, prison, 8, 1. 16.

Querres, chercher, 3, 1. 3i.

Travaill, travail, 7, 1. 9.

(Lettre de Jos. de Cancy, chev. de l'ordre de S. Jean de Jérusalem, à Edouard F, roi d Angle terre , écrite de Palestine vers la fin de 1281, impr. au Bulletin de la Société de V Histoire de France, u* partie, cah. I et II, p. 3-io.)

Ces formes pourraient bien n'être que des fautes d'orthographe.

L'a représente une prononciation dont la notation était douteuse et mal fixée : c'est notre s entre deux voyelles , dont le son est en effet irrégulier, si l'on considère la valeur ordinaire du signe. Dans le xiii* siècle, on l'écrivait tantôt par deux s, tantôt par un x. Il est singulier qu'il ne se soit pas présenté à l'esprit de nos aïeux de l'écrire z , ce qui eût été beaucoup plus raisonnable.

L7f représente un son mouillé qui est encore dans notre langue.

Le rr représente peut-être aussi un son mouillé, et on doit peut-être en inférer que la voyelle qui le précède se prononçait mouillée; mais ce n'est peut-être aussi qu'une anomalie indifférente et sans intention.

T final.

Le t final, dans les substantifs en é et dans les formes des verbes au parfait défini, est une marque d'antiquité.

U voyelle.

Daqs les anciens dialectes de Normandie , de Bretagne , de Picardie, et chez les poètes anglo-normands, pendant les xu*, xm* et xiv* siècles , cette lettre a servi avec peu de fixité, souvent dans la même page et quelquefois dans la même ligne , à marquer notre son ou et notre son u.

On se servait de cette lettre, au xv* siècle, pour l'usage de i", c'est-à-dire de i ne formant point diphthongue avec la voyelle qui le précède. Ainsi trayson (Journ. d'un bourg, de Paris, an 1 4a 4» p. 34a , Buchon) , se prononçait à très-peu près comme il se prononce à présent.

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