PROSODIE
Les poèmes en langage bourguignon sont en tirades monorimes.
Les poèmes en langage picard sont en vers rimant deux a deux.
Aasmemenz, sobst. Estimation. Voyez p. 106, 1. 23.
Abait, verbe. Abat. Voyez p. 456.
Accater, Acquester, verbe actif. Acheter.
Deux formes distinctes du même mot.
«Et a voit accatè la place de ses deniers.» (Afém. de J. du Clercq, 1. IV, chap. xlii, t. m, pag. 209, éd. Buchon.)
« Et avoit acquestè et acquestoit, de jour en jour, de belles terres « et signouries. » (Ibid. t. III, pag. 228, chap. xlvi.) •
Cil Joachis à la barbe meslée LTot à Valsoire d'un payen achatée, Ke por la targe en ot bone sodée, De boins deniers une grant hanepée.
Gerars de Viane, aia8-ai3i, Bekker.
Cf. Roquefort, s. v. Acater, Achater. La première de ces formes est plus particulièrement celle du dialecte de Flandre, et la seconde celle du langage de Champagne et Bourgogne.
Accons, pron. ind. Quelques. Voyez p. 343, 1. 22.
Aceler , verbe actif. Cacher, dissimuler, celer.
Et Olivier n'i vot plus delaier.
Vint à Gérard , se li prist à proier : Sire , fait-il , aceler nel vos quier.
Aller m'estuet là fors esbanoier.
Gtrors de Viane, 3AA-2A7, éd. 1mm. Bekker.
Cf. Roquefort, s. v. Acelèe, qui parait être une forme adverbiale , dérivée peut-être du participe de ce verbe , ou d'un adjectif verbal qui s'y rapporte.
Acertes, adv. Sérieux, sérieusement, et, comme nous disons dans le langage familier, tout de bon.
Cf. Roquefort, s. v. Acertes.
« Voyant que c'estoit acertes, dit à ung compagnon qui les regar- «doit, etc.» (Mém. de Jacq. du Clercq, 1. V, chap. xxix, t. IX, p. 56, éd. Buchon.)
Acherré, participe. Acéré, aigu. Achemre , dans Roquefort, parait s'y rapporter.
«Vindrent la pluspart chascun une picque en la main, qui « est ung baston de la longueur d'une lanche d'homme d'armes , « mais elle est plus menue, ferrée et acherrée au bout et sont très- « dangereux basions. » (Mém. de J. da Clerq, 1. II, chap. vin, t. II , pag. 2i, Buchon.)
Achevé, Assouvi.
Ont été primitivement le même mot en deux dialectes différents du langage français : le premier appartient proprement au dialecte de Picardie, et le second au dialecte de Bourgogne.
Dans Join ville (éd. Capper. p. î ) le mot assouvi se trouve employé avec le pur sens d'achevé : t A laide de Dieu le livre est « assouvi en deux parties. »
Acq lester, verbe. Voyez Accater.
Actaves, subst. Le huitième jour. Voyez p. 325.
Advantive, subst. fém. L'avenir, le temps à venir.
« Et nous avons en l'escriture que Ante-Crist sera engendré « en advantive, de père chrestian et de mère juifve. » (Journal d'un bourgeois de Paris, an i446, pag. 538, éd. Buchon.)
Ce mot n'a point été connu de Roquefort; il a noté cependant un adjectif advantif, qui s'y rapporte. Je crois que cette locution adverbiale, en advantive, signiiie simplement : dans les temps à venir.
Ai, prép. À. Voyez p. 456.
Aignels, subst. Agneau. Voyez p. 101.
Aikes, pronom indét. invariable. Quelque chose. Aliquid. Voyez p. 34g.
Roquefort a noté l'orthographe niques, qui est plus régulière.
Leveiz le chief, si m' esguardeiz ou vis. Si vos dirai aikes de mon avis.
Nel lairai por nul home.
Gerart de Vian», u58-)i6o, Bekker.
Aim, verbe. Aime. Voyez p. 48o, 1. ai.
Aimant, Aimas, subst. Diamant. Voyez p. ga.
Aingles, subst. Ange. Voyez p. 7a.
Aiques, pron. ind. Quelque chose, etc. Voyez p. 34g.
Airement, adv. Avec colère.
Cf. Roquefort, s. v. Iréement.
«Quant le duc Toit oy, si fust moult troublé, et lui deffendit « qu'il ne se partist point et moult airement priât ung baston , que «on appelle ung gouge ou espieu, en sa main, et issit de sa « chambre. ■ (Mêm. de J. du Clercq, 1. V, chap. xx, t. III, p. 383 , Buchon. )
Dans le Suppl. au Gl. delà L. R. Roquefort a écrit ce mot aire' ment, airèemant , aïréement. Je crois que cette orthographe avec le tréma est vicieuse, et les vers que Roquefort lui-même cite comme exemples de remploi de ce mot, prouvent que les poètes ne comptaient ses deux premières lettres que pour une syllabe. Il faut donc l'écrire airement, qui paraît avoir été de beaucoup sa forme la plus commune et la plus usitée.
Airmes. Voyez p. 466.
Ait, verbe. A. Voyez p. 456.
Aiveres, Aivor, subst. Aide. Voyez p. 83, 1. 12 , 1 3.
Alcons, Alcuens, Alcun, pron. ind. Aucun. Voyez pp. 4 10 , 4n.
Alcons , Alcuens , pronom ind. Quelqu'un , quelques. Voyez pp. 43a -436.
Alie, fém. sing. Allium, ail. Masc. plur. alz, aulx [allia).
801, dist li rois, trop te vanteiz asseiz. Ceste vantance ne pris ij. alz peleix.
Gerars de Viane, îaaa, iaa3, Bekker.
Et dist Rollans : Or ai plait de folie. Kan ke tu dis, ne pris pais une alie.
Geran de Viane, v. 2279, 2280.
Bien voi as cota n'en est pais gaberie Se ne liront, ne me prise une alie.
Ibid. v. 2790, 3791.
Cf. Roquefort, s. v. Alie. Je ne décide point sur l'interprétation qu*i] donne de ce mot; mais je maintiens la mienne. Quant à l'abbé de la Rue (Ess. hist. sur les B. les J. et les Trouv. tom. I, Gloss. p. 2199), qui traduit alie par olive, il est tombé dans une erreur grossière ; alie n'a jamais signifié cela.
Et s'Olivier est conquis en sa vie, Li dus Gerars, que tant ait seignorie, Larait Viane, la fort cité garnie, K'il n en tanrait valisant une alie, Ainz s'an irait an Puele.
Gerars de Viane, x. i3o7-i3u.
Bien voi as colz, n'en est pais gaberie. Se ne li rant, ne me prise une alie.
Ibid. v. 2790, 3791.
Le pluriel aus se trouve dans les Crieries de Paris, v. ag, pièce de la fin du xm* siècle, imprimée dans les Fabliaux et Contes de Barbazan, tom. II, pag. 278, éd. Méon.
Alkant, pron. ind. Quelques-uns. Voyez p. 344, 1. 19.
Alk.es , pron. ind. Quelque chose. Voyez pp. 346-35o.
Alloux, Alluef, Alluy, subst. Alleu. Voyez p. i4o, 1. a 1, 3i .
Alqes, pron. ind. Quelque chose, etc. Voyez p. 35o, 1. 1 .
Alquant, Alquens, Alquns, pronom ind. Quelques, quelqu'un , etc. Voyez pp. 34a-346.
Alquens, Alquons, pron. ind. Aucun. Voyez p. &12.
Altant. Autant. Voyez p. 394.
Altel, pron. ind. Tel. Voyez p. 4oa.
Alter , âltre , Altrei, pron. ind. Autre. Voyez pp. 35 1, 35a. Altretant, pron. ind. Autant d'autres. Voyez p. 3gA. Altretel, pron. ind. Un autre pareil. Voyez p. 4oa. Altri, Altroi, pron. ind. Autre. Voyez pp. 419, 35 1. Amandise , subst fém. Ce mot signifie simplement excuses , réparations, amende faite par geste et paroles. Cf. Roquefort, s. v. Amende.
Jai plus fellon d'Aymerit ne vairois.
A une part se tint à un recoi Por esgarder et les tors et les drois, Les amandises k'il fesoient au roi.
Geran de Viane, 3585-3588, Bekkcr.
Ammictre, verbe actif.
Les éditeurs, sur les vers qui suivent, conjecturent que ce verbe vient d'amicire et qu'il signifie prendre ses vêtements, se vêtir, s* apprêter.
Et ne cuidez point qu'ils s'esuayenl Que bien par force le corps naient, Car ils sont josnes, folz et escout.
Se vouldront mettre tout par tout Et dient à cuy qu'il ammict.
Le Triomphe des Carme* , 1 3 1 1 ; vers de Volendennes , xtt* siècle, 187-191, édit. Aimé Leroy et Arthur Dinam.
Cf. Roquefort, s. v. Amict, Ami t. Je pense que dans les vers qui précèdent , il s'agit particulièrement du genre de vêtement que Roquefort a bien décrit dans ces deux articles; il s'agit de moines, auxquels on dit de se préparer pour aller à un enterrement; et Y amict était le vêtement dont les moines s'affublaient, soit pour sortir, soit surtout pour aller en cérémonie. J'approuve donc l'explication proposée par les éditeurs , je ne fais que la rendre plus expresse et lui donner peut-être un trait de précision et de certitude de plus.
An, pron. ind. On. Voyez p. 379, 1. 27.
An, pron. ind. En. Voyez pp. 365, 366, 1. 27.
Ancroer, verbe actif. Accrocher, suspendre.
Roquefort a écrit encrœr, sans donner nul exemple de l'usage de ce mot, et aancrer; ce dernier est une forme plus moderne, ou peut-être du langage d'une autre province.
Iel ferai pandre et ancroer à vant.
Gerart de Viane, 106, Bekker.
Ancué , adverbe. Aujourd'hui , dans ce jour, avant peu, quelque jour, jamais (avec le sens affirmatif).
Olivier nies, Dex te soit hue aidant, Li glorious par son digne cornant.
Se ta conquiers ancué le duc Rollant E tu le fais vancu et recréant Jamais li rois ne nos ieri bien voilant Ne ne ferons vers lui acordemant.
Gerart de Viane, 2930-3935, Bekker.
Cf. Roquefort, s. v. Ancui et Encui. Il a bien rectifié, dans ce dernier article, l'explication du sens de ce mot qu'il avait hasardée dans l'autre en se réglant plus sur f apparence étymologique que sur l'usage et l'emploi où nous le trouvons.
Andouz, adjectif numéral. Tous deux, les deux.
Cf. Roquefort, s. v. Andoi et Andai.
Voit Olivier k'est à secors venus,
Li et bêle Aude, don molt fu liez li dus;
Andouz ses brais lor ait à col pandus.
Gerart de Viane, ài-hy, éd. 1mm. Bekker.
On rencontre plus communément ambedai, mot qui, autant que je puisse croire , ne se dit qu'avec les personnes et signifie tous deux ensemble. .
En l'ile furent ambedai li guerrier :
Onkes ne furent dui si boin chevalier.
Gerars de Viane, 2386 , 2287.
En la grant ille soi Viane ou Sablon Lai se conbatent ambedui li bairon Et escremisent comme dui chanpion.
Ibid. 2/17^-3/176.
Li dui baron sont andai an la prée :
Lai se conbatent per molt grant airée.
Ibid. a567, a548.
Andous ses maim an tant vers damcdé.
Ibid. 3o8a.
Saint Esperis les ait enlumené.
Repouser vont soi un arbre ramé.
Lai sont andai plevi et afié De compaignie en trestot lor aé.
Ibid. 3o6i-3o64.
Son gnaige done, voiant tôt fe barné, Vers Olivier qui iert prous et seneii Par tel covant Mandai seront armé En la grant ille desoi Viane es preii Por faire la bataile.
Li dus Gerars est chevaliers membrcii, Et vassal 1 nobles et de ioste aduré, Et Olivier est chevaliers proveii.
Se estiez ambedai an ces preix lai de contraire ni auroit mot parley.
Ibid. 1260-1266.
De la ville issent andai li chevalier.
Desci à l'ost ne se vorent tardier Por dire lor noveles.
Ibid. io6i-io63.
Anfes, subst. masc. nominal, sing. Enfant, page. Voyez p. 91 . Cf. Roquefort, s. v. Enfès.
Pluis de ij. c. li courent à restrier. Garins li anfes ait suivi le destrier.
Li fili Richart de l'anval de rivier.
Gerars de Viane, 1117-1119, éd. Imm. Bekker.
Dou treif s'an ist d'autre ses anemins. Guarins li anfes, ke bien fu ses amios, Li ait renduit son boin destrier de pris. Les espérons n'ait pais en obli mis.
De plaine terre est es arsons saillis.
Ibid. 1M4-1A48.
On trouve ce mot écrit enfant, aux cas indirects, dans la Traduction française de la Summa de divinis ofpciis de Jean Beleth , qui a été écrite au commencement du xm* siècle.
• Cestui chantent li enfant. » (Mst. du Roi, ancien fonds latin, 995, fol. 10 v.)
Angele, subst. Ange. Voyez p. 72.
Angenoilier, verbe neutre et réfléchi. S'agenouiller, se mettre à genoux.
Granz fu li coux dou baron chevalier.
Encontre val cola li brans d'acier.
Le fil Renier covint angenoilier.
Hontouz en fuit, ce puix bien afichier. En piex resaut à guise d'orne fier, Si se desfant comme boin chevaliers.
Gtrars de Viane, 2881-9886, Bekker.
Roquefort Ta écrit agenoiller, mais il n'en cite nul exemple. Le texte de Gerars de Viane présente aussi l'orthographe engenoilier, qui semble également autorisée :
Devant Rollan se vait engenoilier.
Gerars de Viane, 2724.
Aint que m'en parte iai nel te quier noier, Iert si aquis Dan Gérard le guerrier Que devant moi venàwngenoilier, Et à nus piez por la merci crier.
Gerart de Vianet, 1 180-1 183.
On trouve ce verbe écrit agenoillier, comme Ta noté Roquefort, dans la Traduction du traité de Jean Beleth, Somma de officiis ecclesiasticis , composée par un anonyme au commencement du xiii* siècle.
t Et deivent aler as autels des sains et els agenoillier et proster- « nere et orer o basse voiz. » (Mst. du Roi , 995, fol. îor.)
Anne, adjectif. Aîné.
Roquefort a donné ce mot, mais sans exemple de son emploi T comme il a trop souvent fait.
Lai n'espairgnait li pluis jones Vanné Ne li pluis vez le haut prince chasé A icele assamblée.
Gtrarsde Viane, 585-587, Bekker.
Et mi ij. fil seront desaratei Savariez et Bueres li anneiz.
Et li miens cors iert à honte livreiz.
Ibid. 3391-3393.
Annuire, verbe actif. Aliéner, indisposer, irriter contre, porter à mal faire à quelqu'un.
t Avoit envoyé une grosse ambassade pour avoir allianche, et teux annuire au duc de Bourgogne et son fils. » (Mèm. de J. du Clercq, 1. V, chap. xlv, t. IV, p. 43, éd. Buchon.)
Roquefort a noté un verbe annuir; mais il n'a point donné d'exemple de son emploi , et il lui attribue un sens opposé à celui que je viens d'indiquer. Il le dérive d'annuere. L'explication que j'ai donnée est certaine et ne saurait être mise en doute ; il s'agit , dans ce passage, des menées de Louis XI auprès des Gantois pour les attirer dans son parti et les porter à la révolte contre le duc de Bourgogne.
Anombrue de. Au nombre de.
Leçon peu sûre dans les Mèm. de J. du Clercq, 1. III, chap. i , t. II, pag. ia6, Buchon.
Anpeirier, verbe actif. Enfoncer, briser. Cest proprement mettre à mal, empirer; pejorare.
Les groces lances font troer et brisier; Fors haùbers ont, nés porent anpeirier.
Gerars de Viane, a 3 59, a36o, Bekker.
Roquefort a noté ce mot sous une orthographe qui semble peu autorisée, empierrier, et au Supplément, s. v. Enpoirier.
Ansom , adverbe.
Omis par Roquefort, à moins qu'il n'y faille rapporter la troisière forme notée s. v. Ansanble.
Si s an issirent permi la porte errant. Li dus Gérard les conduisoit devant Sor nn destrier ke les sans H porprant. Ansom les lances ont confenons pendant.
Il les desploient, avant vont baloiant.
Genre de Viane, 463-467, Bekker.
Ansus, adverbe. A l'écart, de côté, en dessus.
Ansus se trait por la ioste esgarder.
Gerart de Viane, 76a.
Voyez Roquefort, s. v. Emus. Cest ainsi qu'il a écrit ce mot , d'ailleurs expliqué par lui, sinon tout à fait à contre-sens, au moins d'une manière fort insuffisante.
Actif , masc. sing. Fém. sing. antie , adjectif. Antique.
Cf. Roquefort, s. v. Antie.
Il est singulier que Roquefort ait commencé la série des formes de ce mot, qu'il a jugé à propos de rapporter, par celle du féminin.
Et Vienois se sont es portes mis.
Et Aude fuit desus le mur antif.
Où voit Rollan , ce li dist à haut cri . . .
Gtrars de Viane, 876-878, Bekker.
Mandeiz leanz an la cité garnie Au duc Gérard, ke si vos contralie, Ke il vos rande celé citeit aniie, La forterasce et la grant menantie, Et Vil vos serve, il et sa baronie.
Ibid. 33i8-33aa.
Antor, adverbe. Autour, alentour.
Cf. Roquefort, s. v. Entoir.
Et le pais d'anviron et d" antor.
Gtrars de Viane, 2753, Bekker.
Hai Viane! mal feus et mal charbonz Voz eust ai?e entor et anviron , N'i remainsist ne saule ne donion Kant se conbatent por vos tel dui bairon.
Ibid. 25oo-a5o3.
An citant, subst. Commencement de la soirée. Voyez p. 11 U, I.19.
Aombrer, verbe actif (en provençal , asombrar).
Roquefort a noté ce mot , mais il n'a indiqué que son sens propre, sans remarquer qu'il est fréquemment employé dans le sens figuré mystique, où on dit que Dieu est aombré dans le sein de la Vierge.
Olivier freire , dist la bêle à vis cler, A cel seignor vos puise commander Ki an la virge se doignait aombrer Ke vos guarise de mort et d'afoler.
Gtrars de Viane, 1066-1069, éd. Imm. Bekker.
£ nom de Dieu le payre que ns a totz a jntgar E de la dossa vergi on se vole azombrar, Comense ma chanso et vulhatz l'escoutar.
Fierabras, en provençal, v. i-3, éd. 1mm. Bekker.
Apatis, substantif masculin. Tenir en apatis, expliqué par Petitot, gouverner en vertu d'un traité.
t Laquelle cité un pauvre soudoyer Bourgongnon, nommé « Pernet Grassel, ienoit en apatis, le roy estant dedans. » (Mèm. d'Olivier de la Marche, 1. 1, chap. m, 1. 1, pag. a 5a -, éd. Petitot.)
Cf. Roquefort, s. v. Apactir. C'est le seul mot de cette famille qu'il ait noté.
A pied , locution adverbiale. Tout à pied.
Dois -je croire, d'après la phrase suivante, qu'on a dit d'un cheval qu'il était à pied, pour dire libre et sans maître, à point, à propos?
« Et jà le euissent mis à mort , combien qu'il se deffendit au «mieux qu'il pooit, quand messire Jacques, comme hardi et « valliant chevalier, se ferit au milieu des Gantois, remonta son « frère sur ung cheval, qui estoit à pied en ung fossé. * (Mèm. de J. du Clercq, 1. II, chap. H, tom. II, pag. 27, Buchon. )
A pied, signifie librement, sur-le-champ, promptement , à point nommé, et par suite disponible.
t Lesquels on lui envoya tout à pied. » (Ibid. chap. xiv, p. 3a.)
Apparillier. Préparer, apprêter , s'équiper.
Cf. Roquefort, s. v. Aparailé, Aparailler.
De maintenant les fait apparillier.
Gerart de Viane , ai3, éd. Bekker.
Ses garnemens li fait apparillier.
Ibid. aaâ.
Lors saparoilent cil bacheler ligier.
Ibid. 3gâ.
Apperchevoir. Voyez Perchevoir.
Aprimant, à portée, auprès, près de, en face et à proximité, approchant.
Cf. Roquefort, s. v. Aprime, Aprimer.
Quant il orent chevalcié tant Qu'as Engleis vindrent aprimant.
Robert Wace, Roman de Rou, cité par l'abbé de la Rue , Essais hist. sur Us Bardes, les Jonal. et Us Trouv. II, ai.
Apvril , subst. masc. Avril.
Forme orthographique , omise par Roquefort.
t Le quatorzième jour d'apvril.... » (Mém. deJ.da Clercq, 1. II , chap. vi, tom. II, pag. i&, Buchon.)
Aqdes, pron. ind. Quelque chose, etc. Voyez p. 34g, 1. i3.
Aqueton. Hoqueton, vêtement intérieur qu'on portait sous l'armure.
Cf. Roquefort, s. v. Hoqueton, Auqueton.
Tuit sont fanduit li escut a lieon Et desrompu li hauberc fremilon, Si ke desoui peirent li aqueton.
Gerars de Viane, aAgi-aAg3, éd. Bekker.
Aquis, adjectif.
Roquefort Ta noté et bien expliqué, mais sans fournir d'exemple de son emploi.
Par cel seignor ke tôt ait à iugier,
Ainz que m'en parte, iai nel te quier noier,
Iert si aquis Dan Gérard le guerrier
Que devant moi vendra'ngenoilier
Et à nus piez por la merci crier
La sele à col, k'il tendrait por restrier,
D'un rousin graile ou d'un povre somier.
Genre de Viane, 1179-1185, Bekker.
Araisnement, subst En latin Alloquium. Voyez p. 106, 1. 37.
Aranier, verbe actif.
C'est le mot dont Roquefort a noté diverses autres formes , s. v.
Araisner.
Cortoisement le prist a aranier.
Genre de Vieme, 8ê , éd. Imm. Bekker.
Cant Olivier le vit soûl chevachier, Vefs lai s'en vait a guise d'orne fier. Onkes de rien nel doignait aranier.
Ferir le vait sor Fescu de quartier.
Gerart de Vian», v. 264-267.
Dedans Viane la fort cité antie EstoivGerars à la chiere hardie Leix lui Guibors la duchoise s'amie.
Aranié Tait comme bien anseignie.
Ibid. v. 3335-3338.
Arbalestiriers , subst. masc. Arbalétriers.
Roquefort a noté une autre forme, peut-être fautive, arbalestier.
« Les bonnes villes du duc y envoyèrent archiers et arbalesti- « riers. » ( Mèm. deJ.da Clercq, liv. V, chap. liv , tom. IV, pag. 85, Buchon.)
Arghoir, verbe actif. Plier, s'incliner.
Cf. Roquefort, s. v. Archoier.
Si s'entrehurtent li vaillant chevalier Ke desoz auz archoient li destrier.
Gerars de Viane, a36i, a36a , Bekker.
A rds. Féminin , ardse. Part, passé pass. de ardre.
Cf. Orell. Alt Franz. Gramm. pag. a 80.
« Et fust la ville toute ardse. » [Mèm. de J. du Clercq, liv. II, chap. xvi , tom. II , pag. 38 , Buchon. )
« De reclûef issirent de Gand et allèrent ardoir un gros vil- « laige. » (Ibid. ch. xxvii , p. 58. )
« Et ardirent deux des mollins estants sur les fossés de la ville. » (Ibid. chap. xxx, p. 6a.)
t II feit boutter le feu en icelle basse-court et Yardit. » ( Ibid. p. 63.)
Cf. Roquefort, s. v. Ards, où il a attribué à cette forme de participe un sens restreint qu'elle n'a pas toujours; et s. v. Ars, qui est une forme contracte du même participe.
AREsnsoit, substantif féminin. Retard, retardement. Cf. Roquefort, s. v. Arres toison.
Droit a Viane san plui d'arestison.
S'en est torneiz Oliviers li frans hon.
Gerart de Viane, i83, i84, éd. Imm. Bekker.
A riant, argent. D'ariant, d'argent, plaqué d'argent. C'a été aussi, de bonne heure, sinon toujours, arjant. Roquefort a noté argant.
Aymerit fiert si vertuousemant Ke il l'abait dou destrier au ferrant, Prent le destrier par la raigne Variant , Si s'en tornait bel et cortoisement Voiant ceolz de Viane.
Gerart de Viane, 3oa-3o6, éd. 1mm. Bekker.
Oliviers s'arme com chevaliers vaillant.
Chauses de fer et espérons d'ariant.
Chausait li bers moult acemeement.
Ibid. AaA-Aa6.
A son col pant une large roée, D'or et d'ariant richemant point urée.
D'un poisson fu, ki est de mer salée, Ausi est dure com anclume trempée.
Ibid. 212/1-2127.
Arrecment, subst. masc. Arrangement, mise en ordre, mise en bataille, disposition.
Omis par Roquefort.
« Les Tatars veant les arrecment des Sarrasins feirent ensint «de toutes les gens, qui estoient xl. m. hommes à cheval, .iij. « batailles. » (Lettre de Jos. de Cancy, chev. de S. Jean de Jérusalem, à Edouard 1", roi d'Angleterre, écrite vers 1281, imprimée au Bulletin de la Soc. de VHist de France, t. I, part. 11 , p. 4.)
Asaier , v. actv Essayer.
Cf. Roquefort, s. v. Asaie, Assaier.
Lort se porpanse Dans RoUan le guerrier. Comment poroit Olivier asaisr S'est si loiauz com dient chevalier.
Gtrars de Viorne, 2968-3970 , Bekker.
Asaodboie, verbe. Assiégerais. Voyez p. 48o, 1. 10. Ascons, pron. ind. Quelques-uns, etc. Voyez p. 346. Asesir, v. act. Assiéger.
Cf. Roquefort, s. v. Assist, Asseier, Asiser, Assegier, Asseoir.
Le dus Gérard voit son chastel assis N'est marivelle s'il est espoeris.
Gerars de Viane, v. 5, 6, éd. 1mm. Bekker.
Sire , fait-il , envers moi antandeiz.
Bien ait vj. ani acconplis et passeiz Ke autistes ceste bone citeit.
îbid. v. 359-36i.
Vos en ireii, que n'i ait terme quia, Qnerre mon freire et mes autres amis.
Si lor dirois que Karle m'ait assis.
Ibid. v. 15-17.
He Deus, dist-il, bialz rois de paradis, Il ait vij. ans passeiz et acflMplis Ke jVm seiai Gérard en cest pais Ne ne conois Olivier le marchis.
Ibid. v. 5ao-5a3.
J'ai écrit, avec Bekker, j'ai se/ai en deux mots; mais je pense que c'est à tort , et qu'il faut d'un seul mot écrire jaiseiai.
Bordiauz ont fait sor Gironde asegier.
Gerars de Viane, v. 3968.
Car pran consoil, frans hons, chiere hardie , À tes bairons, à ta chevalerie, De ceste terre ke si est exsilie Et si lonc tant ta cité asegie.
Ibid. v. 33Ao-33a3.
Cf. Orell, Alt Franzôsische Grammatik, Vorw. VII, et sur le verbe seoir, a 18 seqq.
Asis, part. Assis. Voyez p. 470, 1. 12.
Asquanz, pron. ind. Quelques-uns, etc. Voyez p.* 346.
Assaveurer, v. act. Savourer.
Roquefort a écrit asavorer, assavourer, et quelques autres formes sous ce dernier mot.
«Je me repose et rassouage, sous l'arbre de congnoissance : «et ronge et assaveure la pasture de mon temps passé.* [Mèm. d'Olivier de la Marche, 1. 1, Préf. t. I , p. a 36, éd. Petitot )
Asseur, adj. Assuré, eu sûreté.
« Et disoit on que c'estoit pour ce qu'ils n'estoient point bien « aimés à Arras et n'y estaient assears. » (Mèm, de Jacq. du Clercq, an i46i, liv. IV, chap. xxxvu, t. III, p. 177, éd. Buchon. )
Assouvi. Voyez Achevé.
Astelle. Eclats de bois, morceaux, fragments. Mot qui se trouve dans, les auteurs au xm* siècle.
Pour s'amour mèneront mainte lance en as telle.
Deuxième chanson d'Audefroy le basUrd dans le Romancero françois, publié par M. P. Paru, p. 18.
Le patois de plusieurs de nos provinces a conservé ce mot, des étèles, pour dire des fragments ou des éclats de bois.
Cf. Roquefort. Gloss. de la L. R. s. v. Astelle. Dans le Dictionnaire de Richelet, on le trouve écrit a telle.
Atant , adv. Alors. Voyez p. 3()4 ,1. ai.
Athemeresse, subst. fém. Femme chargée d'en parer et d'en orner d'autres.
Omis par Roquefort; mais il a noté, dans atomer, un verbe qui s'y rapporte indubitablement.
« Une femme mariée attourneresse et athemeresse des
« dames de nopces. » (Mèm. de J. du Clercq, 1. V, chap. xlv, t. IV, p. 47* éd. Buchon.)
Atort, 3" pers. sing. du prés, du subj. du verbe atomer. Tourne.
Cf. Roquefort, s. v. Atorner, Atort.
De sa mao désire s'est teigniez maintenant.
Et prie Deu le roi omnipotent
K'a bien atort cest fort songe pesant.
Gerars de Viam, 1930-1937» Bekker.
Atot, Atout, adv. et locution adverbiale, préposition adverbiale. Voyez p. £08.
Quoi qu'en ait voulu dire Roquefort, ce mot signifie simplement avec dans tous les auteurs du xv* siècle.
tlssit hors de ladite ville atout tant peu de gens de guerre t qu'il avoit et livra une escarmouche auxdits Gantois. » ( Mcm. de J. du Clercq, 1. II, cbap. vi , t. II, p. i4, Buchon.)
Il faut observer que ce mot atout, avec le sens d'avec, n'est point en soi une préposition; mais c'est proprement la préposition à prise au sens d'avec, et k laquelle on joint le mot tout pour lui donner plus de force. Ce mot tout ne fait point pour cela partie intégrante et inséparable de la préposition, puisqu'il se décline, suit sa loi d'accord avec les substantifs qui l'accompagnent, prend les formes du féminin et du pluriel. En voici des exemples :
t Si vuidiés hastivement à toute vostre puissance. » (Ibid. ch. li , p. 102.)
« Si les voullés aller combattre à toute vostre puissance. » (Ibid. p. 102.)
On trouve aussi, quoique peu fréquemment, à avec le sens d'avec :
« Quand les Gantois virent le dit messire Jacques à si peu de t gens, ils se ferirent dedans lui et ses gens. » (G. Chastellain, Chronique du bon chevalier messire Jacques de Lalain, chap. lxxxvi, p. 3a o, Buchon.)
Atre, pron. ind. Autre. Voyez p. 35 1, 1. 17.
Atrier, Autrier, subst. masc. L'autre jour, il y a quelques jours , avant-hier.
Roquefort a écrit autre hier.
Car bien me manbre encores de Ycdrier
Kant ma serour bêle Aude à cors ligier En volieiz porter sor le destrier.
Gerart de Viane , aa53-aa55, Bekker.
Attràisner, vAct. Attirer, entraîner.
Cf. Roquefort, Suppl. s. v. A traîner.
t U avoit confessé avoir esté meurdrier et estrangler ung joyllier t le quel on avoit attraisné sur les degrés de l'hospital saint Jehan « en l'Estrée. » (Mèm. de J. du Clercq, an 1 46a , 1. IV, chap. xlii , t. III, p. 207, éd. Buchon.)
Aube, subst. Voyez p. 22 4, 1. 2 3.
Auchuns, Aucun, Aucus, pron. ind. Aucun. Voyez p. Ai i-4i4.
Augques, pron. ind. Quelque chose, etc. Voyez p. 34g.
Audiuit. Ce mot et sa signification sont notés par Roquefort, Gloss. mais il n'a donné nul exemple de son emploi. Je choisis le suivant :
« En ce temps mourut le roy Louis de France, et succéda a « la couronne Charles son seul fils qui fut roy de France en bien «jeune aage : mais les gouverneurs qui avoient audivit du temps « du roy Louis ne moururent pas avec leur maistre, ains demou-
« rerent en gouvernement » (Mèm. d'Olivier de la Marche,
Introd. t. I, p. a 18, éd. Petitot.)
Auferrant, adj. Fringant, bouillant, frappant, impétueux. C'est un adjectif; et s'il est pris comme substantif, au sens de cheval de bataille, ainsi que le prétend Roquefort, ce ne peut être que par extension. Je n'en connais que peu d '.exemples.
L on li amoine an ouf errant corsier, Et il i monte par son senestre estrier.
Gerars de Viane, a3i, a32, éd. Imm. Bekker.
L'en li amoine un destrier aaf errant, lbid. v. 295.
On fi amaine un auj 'errant canu.
Aubri U Bargonnon, 8 A, Bekker.
As destriers montent aafemau et crenns
Lors ait broichié son auferrant crenn.
Gtrart de Viorne, 383o-38Aa.
Augue, subst. masc. Hogue, colline, .montagne, pays montueux.
Cf. Roquefort, s. v. Hogue.
He Diex, dist Karle, «roi feis à ton reine Et ciel et terre , mer et aague et champaigne. Agolant, 34, 35 , éd. Bekker.
Ad les, Aulques, pron. ind. Quelque chose , etc. Voyez p. 34o. Auquant, subs. masc. plur. Autres, eux, la foule, les premiers venus. — Pron. ind. Voyez p. 344 , 1. a 5.
Se cil de l'ost ke por lui sont dolant, Senxent ore com li est avenant Molt plais à aise en fuissent li aaquant. Car Temperere au couraige vaillant Dort molt à aise et molt seuremant Dedans Viane iusc'à l'abe aparant.
Gtrart de Viam, 3782-3787, Bekker.
Cf. Roquefort, Suppl. s. v. Auqaant; dans l'exemple qu'il cite, ce mot signifie les passants. Il a un sens analogue à celui-là dans le passage que je viens de citer; mais il y signifie, d'une manière un peu plus générale, tout le monde, les uns et les autres, tous tant qu'ils sont.
Auques, pron. ind. Quelque chose, etc. Voyez p. 349.
Autant, pron. ind. Tant. Voyez p. 394.
Autel, pron. ind. Tel. Voyez p. 4oa.
Autre, Autrier, Autrui, pron. ind. Autre. Voy. pp. 35i-355.
Autretel, pron. ind. Un autre pareil. Voyez p. 4oa.
Auveiq, Auveiques, prép. Avec.
Il est à remarquer que ces deux locutions Se trouvent, une seule fois chacune, dans un texte où la forme commune de cette préposition , plusieurs fois répétée , est ove.
« Car de tout son ost ne post ralier aaveiq loi qne vi. c. hommes. » ( Lettre de Jos. de Cancy, ckev. de S. Jean de Jérusalem, à Edouard I'r, roi d'Angleterre, écrite vers la fin de 1281, impr. au Bullet. de la Soc. de VHist. de France, tom. I, part 11, p. 5.)
«Et ce cudons nous qu'ils dient por faire nos aver yolenté t d'aucune mauvaise trieve (aire auveiques eus, laquelle ne vueille • dire que l'en face. * (Ibid. p. 8. )
Cf. Roquefort, s. v. Avecques, Avec. Il y a noté diverses autres formes de ce mot; mais il n'a pas connu celles que j'ai rapportées.
En langage de Flandre, dans le xni* siècle, la forme de ce mot et son orthographe ordinaire sont aveuckes, avoeckes. (Cf. Règlement de la hanse de Londres , sous ce titre : Cest li ordenance de tenir la hanse con apiele hanse de Londres et entre ceux de Bruges, dans les Arch. duN.de la Fr. et du M. de la Belgique, I , i83-i85. )
Av aller de (s'), v. neutre. Se jeter de, descendre de.
Cf. Roquefort, s. v. Avaler.
« Par subtilité eschappa de prison , et savalla d'une haute fet nestre à terre et s'enffuit à Paris. » (Mém. de J. du Clercq, 1. IV, chap. xli, t. III, p. ao3, éd. Buchon.)
Ce mot se dit encore, dans plusieurs provinces , avec la signification générale de descendre.
Aveuletet, subst. Aveuglement. Voyez p. 1 1 1, 1. 27.
Avoc. Avec. Voyez p. 456.
Avoir, verbe. Avoir. Voyez pp. 476-478.
Avouetrk pour Avoytré. Avorté, qui n'est pas venu à terme. (Dict. de Nicot.)
Roquefort a noté avoestre, subst. (Cf. s. v. Avotire.)
Richelet, qui indique' le mot awoatrie, l'explique adultère.
Le mot avouctré est encore employé par Tallemant des Réaux, Historiettes, III, a 3, à la note : iR vouloit aussi faire un recueil « de vers sur sa mort. Tout cela est avoue tri. »
Axele, subst. fém. L'aisselle.
Omis par Roquefort.
Tel duel en ot la cortoise pucele,
A poc li cuers ne li part souz Yaxele. Tost descend! devers une chapele.
« Gerars de Vianc, sAi5-aAi7, Bekker.
Bague, subst. masc. Bagage.
Cf. Roquefort, s. v. Bague, Baignes.
« Ce temps pendant , le seigneur de Quievrain quel command « que le duc lui oit fait , se partist de la cour du duc , le plus secre-
• tement qu'il peut , lui deuxiesme , et feit emporter ses meilleurs
• bagues. » (A/cm. de J. du Clercq, iiv. V, ch. xx, t. III, p. 383, Buchon. )
Baguer , v. neutre. Se baguer, se divertir.
Cf. Roquefort, s. v. Bague, Baguiê.
• Ung censsier, lequel avoit souppé en ladite maison, avecq
• autres gens de villaiges , et s' estaient bagués après souppé et « avoient bien beus. ...» (Mém. de Jacques du Clercq, au i46it liv. IV, chap. xxxvn, t. III, p. 178, éd. Buchon.)
Bailier, v. actif. Garder, défendre, protéger. Roquefort ne Ta pas donné, quoique les mots baille, bailleal, baillie soient de la même famille , et qu'il ait expliqué tous ces mots.
Deus , dist li dus , biau rois de paraclis , Je n ai secors, com je suix mal bailis!
Gerars de Viane, 7, 8, éd. Bekker.
Ke per icel seignor ke tôt ait en bailier, Sel seit per vos Dan Gérard le guerrier An (in auriez perdue m'amistié.
Ibid. y. âi8-4ao.
Dans ce texte , le verbe bailier, protéger , semble distingué par l'orthographe du verbe baillier (v. 4i4), donner.
Molt est pansis amans ki ait amie :
Sovant sospire quant ne Tait an balie.
Ibid. v. 3396, 3397.
Niez Olivier, por Deu le droiturier, Teste bataile vos estuet a laisier.
Li dus Rollan est vaillant chevalier Et vassas nobles por ses armes bailier.
Gerars de Viane, v. 1993-1996.
Baill, sing. masc. Plur. baillis. Bailli, magistrat.