C. Roquefort, s. v. BailleuL
« Le comte de Saint-Sevrin , baill d'Acre .... »
« Et les autres baillis qui sont en noz marches. ...» (Lettre de Jos. de Cancy, chev. de l'ordre de S. Jean de Jérusalem, à Edouard I", roi a" Angleterre, écrite vers la fin de 1281; dans le Ballet, de la Soc. de l'Hist. de France, t. I, part. 11 , pp. 7, 8.)
• Ceaus de Baudac se révélèrent encontre les ballis que
• les Tatars avoient mis. » (Ibid. p. 9.)
Baille , subst. fém. Charge , fardeau. En parlant de bois , c'est à peu près ce qu'en diverses provinces on appelle une brassée.
Omis par Roquefort.
« Et le trouva-t-on en une estable , une baille de bois sur elle. » (Mèm. de J. du Clercq, 1. V, ch. xviii, t. III, pp. 375, 376.)
Baillieu, Baillif, Baillin, Baillis, Baillius, Baillus, subst. Bailli. Voyez p. i4i.
Bairons. Baron. Voyez p. 78.
Barbeiz, adj. Barbu.
Cf. Roquefort, s. v. Barbé.
Tant li proiait dus Naimes li barbeiz Kc Kallemaine l'en ait congié doneit.
Or en puet faire tote sa volanteit De drescier la quitaine.
Gerars de Viane, 385-388 , éd. Imm. Bekker.
Barbusser, v. act. Balbutier, frémir, trembler.
Omis par Roquefort.
Il en a cependant cité une forme voisine, Suppl. s. v. Barbotter.
« Car à toucher à la famé et au renom de si saincte et
« haute personne en chrestienté, comme nostre sainct père le pape.
«l'entendement se doit arrester de frayeur, doit barbusser de • crainte, l'encre seicher, le papier fendre et la plume pleyer . . . » (Mèm. d'Olivier de la Marche, liv. I, chap. vi, t. I, p. 3oi, éd. Petitot.)
Barde, subst. fém. Je vois que c'était le nom d'un instrument de charpentier, et probablement de sa hache, par le passage suivant:
Li dus Rollan est vaillant chevalier Et vassas nobles por ses armes bailier. Pluis en est duiz ke maistres charpan tiers N'est de sa barde ferir et chaploier, Kant il veut faire saule ou maison dressier.
Gerars de Vîane, 1998-1999, Bekker.
Omis par Roquefort.
Bareteor, subst. Trompeur. Voyez p. 87, 1. 3. Barnaiges, Barné, Rarneiz, Barnez, subst. Baronnie, escorte de barons. Voyez pp. 78 , 79.
Cf. Roquefort, s. v. Bornes, Borniez et Bernage.
Duze reis ai conquis par force et par barnez.
Rom. du Voy. de Chariemagne à ConttantinopU et à Jérusalem, cité par l'abbé de la Rue, Essais hiet. sur les Bardes, les Jongl. et les Trouv. II, 3o.
Ce mot se trouve écrit de bien des manières diverses ; elles correspondent à celles du substantif dont il dérive, bers, bairon, baron.
Barons , subst. Barons. Voyez p. 79.
Barque, subst. fém. Nacelle, nef, petit navire,
Quam plures numéro naves numerante carentes. (Extat eas moris vulgo barcas nominare. )
Abbon. Bell. Paris, urb. 1. I, ?. 3o. Cf. II, Aa3, 593.
Barroier, subst. masc.
Cf. Roquefort, s. v. Bernùer.
La messe est dite, Gerars ist dou mostier. Au maistre dois est aleiz apoier.
Àdonc lapelle Lanbers le barruier :
Sire Gerars, dit Lanbers le guerrier, Gom faitement estez vos consilliez ?
Gerars d* Vian», 976-980, éd. Imm. Bekker.
Bêle suer Aude, dist li quens Olivier, Aler s'en doit Lanber le berraier.
De vostre part doit il avoir loier Un riche don ou un garnement chier Dont il se puist an lost le roi proisier.
Ibid. v. 996-1000.
Nies Oliviers, dist Gerars li guerriers, Gorreeiz moi Lanbert le berraier,
Ibid. y. 1028-1039.
Dessant a pié Lanbers le berraier.
Ibid, v. 1087.
Respont Rollans : Lanbers le bander
Ibid. v. 1097.
Dist l'uns à l'autre : Ki est cil chevalier Ke nous amoine Lanbert le berraier?
Ibid, v. ni3, ma.
Quant Olivier vit Rollan le guerrier, Contre lui vient en guise d'orne fier.
Li dus Rollan se priât à avancier.
Il li escrie : Ki ies tu chevalier?
les tu frans hom Alemans ou Bawier, Ou iez Nortnans Flamans ou bander?
Ibid. V. 3338-33À3.
Dans ce dernier passage Bander a le sens d'adjectif ethnique, que lui a donné Roquefort, et signifie, bien évidemment, natif du
Berry ; il en est de même dans les exemples précédents , à ce que je pense, malgré l'opinion de Bekker (sur le v. a a 43, p. i64), qui croit qu'il a un sens qualificatif et qu'il signifie : brave, vaillant, aventureux, jeune preux cherchant les aventures. C'est, selon lui, l'espagnol barragan, qui a toute une famille: barragan, un bon compagnon; barragana, une fille de mœurs libres; barraganada, exploit, aventure déjeune homme; barraganeria, barragania, concubinage.
Je pense que , dans les vers suivants , le mot li Berriers n'est encore que l'adjectif ethnique dont Roquefort a bien indiqué le sens, natif du Berry, ou, comme on pourrait dire aujourd'hui, Berrichon.
Demain irait l'emperere chascier Dedans Germon , vostre grant bois plenier. N'iront o lui mais ke vij. chevalier.
Ensamble o lui iert Ottcs li Berriers, E de Pavie li Lonbars Desieirs Et avoc auz li riches dus Gafiers.
Gerars de Viane, v. 3AA7-3A5a.
L'opinion de Bekker donne lieu à de fortes objections : i° Si cet adjectif n'a qu'un sens qualificatif général, et qui pourrait s'appliquer également à tous les chevaliers, comment se fait-il que Lanbers soit le seul auquel il soit constamment appliqué ? Comment se fait-il que , dans un poème de plus de 4ooo vers, qui a de nombreux héros, dont les noms sont toujours accompagnés d'épithètes glorieuses , sans qu'aucun en ait qui lui soient plus particulièrement assignées , la qualité de barruyer se trouve uniquement et exclusivement attribuée à un de ces héros, qui ne se distingue par aucun fait d'armes éclatant, qui ne paraît que pour être vaincu et fait prisonnier, et qui est fort loin d'être le plus vaillant des chevaliers du roman ? Ce raisonnement seul suffit à nous prouver que quelque circonstance , particulière à Lanbers et propre à lui seul , a déterminé le poète à lui donner fréquemment et exclusivement ce surnom de Barruyer,
2° Or cette circonstance, c'est que Lanbers, haut seigneur de la cour de Charlemagne , était comte de Bercy ; c'est le poète qui nous en avertit lui-même, lorsqu'il introduit ce personnage sur la scène , et M. Bekker aurait dû prendre garde à cette circonstance.
Atant ez voz un chevalier menbrey
Caens de Baris et de Borgoigne ncy,
Fil lues le roi et de son parantey.
Gerars de Viorne, v. 725-727.
Je crois donc que M. Bekker s'est trompé; que Barruier, Berruier, Baruier, dans ce texte , n'a nul autre sens que la signification ethnique que donne Roquefort, de Berry, et qu'il n'y a pas de mot dans le vieux français qui réponde à l'espagnol Barragan, puisque la famille de bers, bairon, barneiz, baronie, est tout à fait différente.
Li rois apelle le conte de Berri :
Sire Lanbert, gardeiz n'i ait menti.
Ki est la dame desor le mur anti Ki à Rollan parole et il à li ?
Gerars de Viane, v. iShà-iSàj.
Lai désarmèrent le conte de Baril.
Lai vient Gérard li frans dus poestis ; Lanbers li rant son branc d'acier forbi , A lui se rant del tôt an sa merci.
Ibid. v. 890-893.
Bataille , subst. fém. Au sens de corps d'armée.
Cf. Roquefort, s. h. v.
Je crois bon d'y joindre l'exemple suivant :
« Au despartir, il ordonna trois batailles; la première bataille,
« que on appelle avant garde la seconde bataille, que on
• appelle la bataille la tierche bataille, que on appelle
«l'arriére garde. » (Mémoires de J. du Clercq, 1. II, chap. xv, t. II, pp. 33, 34, éd. Buchon.)
Bateure, subst. fém. Attaque, siège, assaut, attaque à l'artillerie» chant militaire.
Omis par Roquefort.
« En faisant icelle bateure, il avint que par un matin
« Et vint celle part le bon chevalier messire Jaques de Lalain , « qui se tira hors de la couverte et voulut regarder du convive, de
• la place, et de la bateure.* [Afèm. d'Olivier de la Marche, 1. I, chap. xxvii, t. II, p. 137, éd. Pelitot. )
« Sonnèrent une bateure les quatre clairons qui pa-
• ravanl avoyent joué; et après celle bateure achevée, Ton tira la «courtine, dont devant est faicte mention.» (Ibid. chap. xxix, p. i75.)
Béer, verbe.
Cf. Roquefort, Glots. de la L. R. s. h. v. Mais ce mot est pris dans une acception et avec une forme grammaticale que cet auteur n'a point connues dans le vers suivant :
Et dist li patriarches : Sire mult estes béer Sis a en la chaere o sist marnes Deus! etc.
Rom. du voyage de CharUmagne à Const. et Jérus. xii* siècle , dans l'abbé de la Rue » Essais hist. sar les* Bardes, les Jongl. et lu Trouv. 11, 3o.
Begnin, fém. bénigne. Bénin. Bénignité.
« Que par sa bénigne grâce volsist. »
• Comme begnin et piteux. »
«Remerchyant le duc bien humblement de sa bénignité et « pitié. » (Mém. de J. du Clercq ,1. II , chap. lv, t. II , pp. 1 1 1 -1 1 3 , Buchon. )
Behaignon, subst. masc. Bohémien.
Roquefort a noté ce mot , mais il n'a cité nul exemple de son emploi, chose cependant essentielle, ne fût-ce que pour aider à déterminer avec quelque précision le temps et la province dans lesquels un mot a eu cours plus particulièrement.
« Et faisoit moult bel et estrange veoir ce grand nombre de
• targes de diverses peintures et ces blonds cheveux de ses Behai- € gnons et Alemans , qui relui soy en t contre le souleil. . . . » (Mèm. d'Olivier de la Marche, liv. I, chap. vu, t. I, p. 309, éd. Petitot.)
Berbis , subst. fém. Brebis. Voyez p. 1 5 1 .
Bernaiges, subst. Baronnie. Voyez p. 78.
Berrie , subst. fém.
Roquefort a noté ce mot, Ta bien expliqué et a donné un exemple de son emploi. Mais il aurait pu ajouter que ce mot est arabe et signifie désert II nous est venu par les croisades.
Je l'ai rencontré deux fois dans la Lettre de J. Cancy0 ch. de S. J. de Jérus. à Edouard Itr, roi d'Anglet, écrite en 1281 , insérée au Ballet, de la Soc. de l'Hist. de France, t. I, part. 11, pp. A et 7. Cf. la note de M. Reinaud, pp. à et 6.
Bers, subst masc. Baron. Voyez p. 78.
Bertouder , v. act. Tondre.
Cf. Roquefort, s. v. Bestourder.
Je crois que l'étymologie qu'en propose Roquefort est tout à fait ridicule.
Mors est Gérard et toz ses paranteii Et tu serais tondus et bertoudiez.
Gerars de Viane, i5A, i55, éd. Imm. Bekker.
Besoig, Besoins, Besons, subst. Besoin. Voyez pp. 100, 101. Best, subst. Bête. Voyez p. 469.
Bettrer , v. act.
Quar no sevent quel part aler Ne quels cordes deient aler Quel part bettrer, quel part tendre, Ne u devront lurs curs prendre.
Poème anonyme sur le voy. de S. Brandan au Paradis terrestre, écrit vers 1 1 aa , cité par l'abbé de la Rue , Essais hist. sur le* Bardes, le* Jongl. et le* Trom>. II, 73, 73.
Dans son glossaire du même vol. p. 38o, M. de la Rue écrit ce
mot beltrer, mais il ne l'explique pas : il est à vérifier, avant toute autre recherche. Le livre de l'abbé de la Rue est défiguré d'un bout à l'autre par les fautes d'impression les plus grossières ; il en est surchargé, il en fourmille; de plus, M. delà Rue n'entend que bien peu de chose en vieux français; il ne sait rien comprendre, rien expliquer; ses glossaires dénotent à chaque ligne une ignorance qui va jusqu'à l'absurdité et au ridicule : les explications, les orthographes, tout y est fautif et incertain. L'abbé de la Rue n'est pas, dans la science de la vieille philologie française, au niveau des connaissances même les plus vulgaires ; il ne parait pas savoir se servir et s'être servi du glossaire de M. de Roquefort. Il n'a entrevu le sens des phrases des anciens poètes qu'il a cités, et celui des mots tant soit peu obsolètes, soit dans leurs formes, soit dans leur acception, que par une sorte de tâtonnement et de devin ement dénués de toute règle et de tout principe; et encore, dans sa divination , n'apporte-t-il pas le degré de lumières et de sagacité qu'on aurait droit d'attendre d'un homme du monde, médiocrement instruit, mais intelligent et sachant bien sa langue. Il y a peu de passages cités qui ne soient dénaturés par des fautes extravagantes; il y en a peu dans lesquels l'incorrection absolue de la ponctuation et de l'orthographe ne trahisse les incertitudes et l'ignorance de l'auteur. Les règles que donne M. de la Rue, pour déterminer l'âge des textes par leur orthographe, sont au-dessous de tout examen ; et son livre , sous le rapport philologique, est d'une autorité absolument nulle.
Bezoing, subst. Besoin. Voyez p. 101.
Biateiz, subst. fém. Beauté.
Roquefort a écrit bialté.
Lai fut à joie servis et onoreiz;
Si le servi bêle Aude ke molt ot de biateiz.
Gerars de Viane, 366a, 3663, Bekker.
Plaist vos oir com grans fut sa biaati?
Ibid. v. 637.
De sa biauté li palais resplandi,
Gerars de Viane, v. 3929.
Dient François : Bairon, or esgardeiz.
Yeist es famé mais de si grant biautey? Ke ceste aroit à moiiier et à per Bien poroit dire de bon ore fu neiz.
Ibid. v 739-762.
Bienviegner, v. act. Souhaiter la bienvenue, complimenter, féliciter.
Roquefort a écrit bienveigner. Voici un exemple de l'autre forme :
• Lequel roy mesme descendit de sa chambre jusques en bas « pour le venir bien viegner. » (Mèm. deJ. du Clercq, 1. IV, ch. xxxviii, t. III, p. 179, éd. Buchon.)
«Le receupt très honorablement et le fesloia et feit grande
« chiere et le bienviengna. » (Ibid. 1. V, ch. xlv, t. IV, p. 46,
éd. Buchon. )
« Et... en lui faisant le bienvegnant , il lui dit. » (Ib. 1. V, ch. xlvi, t. IV, p. 5i.)
Bisse, subst. fém. Biche, la femelle du cerf.
Roquefort l'a écrit bise.
Kant li rois ot sa venison meue Ne sai saingler ou 6155e parecue Tant la chasca que il Tôt retenue.
Gerars de Viane, 3717-3719, Bekker.
Blandissure, subst. fém. Fausse caresse, flatterie. Roquefort a noté quelques mots de la même origine, blondir, blondissant, blanditeur.
Je te promets, nous d'Arras te ferons Et à Barut dansser si belle danse Riens ne ti vault : blandissure ni dons Ni en vicaire adjouter la fidance.
Chant des Vaadois d'Arras, en 1660, rapporté par Jacques du Clercq, Mémoires, liv. IV, ch. xvi , t. III , p. 76 , éd. Buchon.
Bled, Blef, Bleif, Bleis, Bleit, subst Blé. Voyez p. 100.
Blouque, subst. fém.
Ce mot paraît avoir du rapport avec celui de bîouquete, noté par Roquefort; je ne pub donner d'ailleurs sur sa signification précise d'autres éclaircissements que ceux qui me sont fournis par le passage même dans lequel je le trouve employé :
« Lequel portoit en escharpe la grande espée de pare-
« ment du roy, dont le pommeau, la croix, la blouque, le morgant « et la bouterolle de la gaine estoient couverte de veloux azuré et « par dessus semées de fleurs de lis d'or. • ( Volume III des Chroniques d'Engucrrand de Monstrelet , année i45g, fol. a a , p. i; Paris, chez Pierre Lhuillier, 1572 , in-fol.)
Boel, Boeles, subst. Boyau. Voyez p. i56.
Boin. Bon. Voyez p. 456.
Bois, subst. Bois. Voyez p. i48, 1. 2 3.
Boisine, subst. fém. Buccina, trompette.
Omis par Roquefort.
• Quant H menistre diglise lieuent a matines, ausi cum li veil-
• leor es chastiax asigiez sesmovent as corz et as boisines, ensi sonent «cistles canpanes en entreseignes as feels N. S. que il veillent et
• seschaugattent contre lagait do deable. »
Joannis Beleth Summa de divinis officiis, trad. en français , par un anonyme, au commencement du xiii* siècle, au mst. du Roi, fonds latin, n° 995, fol. 9 v.
11 est bon de remarquer que le mot latin que traduit boisines est tubis; ce qui montre que ce n'est pas le désir de suivre de près le latin qui a engagé le traducteur à se servir de ce mot, mais qu'alors il était bien dans l'usage de la langue.
Je remarque encore, sur ce mot, que les dialectes de Champagne et de Bourgogne, celui de Champagne surtout, avaient en oi beaucoup de syllabes qui, d'une part dans le latin, et d'autre part dans notre langage épuré et formé, sont en e et en ou; ainsi:
Boisine — buccina ; joindre — jungere; la boiche — la bouche ;
il toiche — il touche; Ancois — an te; benooiz — bentcfictus; avoir — habere ; voir — verus.
La syllabe oi a donc été la dérivalive naturelle, non-seulement de o, mais encore de e et de ou, et même par extension peut-être, de quelques autres lettres.
Booz, subst. Bois. Voyez p. i48.
Borg, subst. Bourg. Voyez p. 98, 1. 5, 6.
Borgois, subst. Bourgeois. Voyez p. i5i.
Bors, subst. Bourg. Voyez p. 98, 1. A.
Bos, subst. Bois. Voyez p. i£8.
Bos, Bous, subst. Bouc. Voyez p. io5, 1. 6.
Brakc, Brans, Branz, subst. Sabre, lame. Voyez p. 99.
Breuil, subst. masc. En italien, broglio.
Ces deux mots paraissent avoir pour étymologie commune le grec *nrtpiGoKi , ro <aript£o\tov, qui a le même sens , vallam, septum, enceinte.
Buef, Bues, subst. Bœuf. Voyez p. 100, 1. 19, ao.
Buis. But. Voyez p. 467.
. Burgeis. Bourgeois. Voyez p. i5i.
Busing, subst. Besoin. Voyez p. 101, 1. 4.
Cachun, pron; ind. Chacun. Voyez p. 35g, 1. 9.
Cais, subst. Cas. Voyez p. i5i,l. 12.
Cale, subst. fcm. Bonnet, sorte de coiffure en usage dans la comté de Bourgogne dès le commencement du xv* siècle.
• Et en son chef avoit un gros blanc bonnet (que Ton appelle
• une cale) nouée par dessous le menton, et de sa personne il « es toit grand chevalier, moult beau et moult bien formé de tous
• membres. » (Mèm. d'Olivier de la Marche, ch. 1, 1. 1, p. 2 A3, éd. Petitot. )
Roquefort a noté ce mot cale, mais il Ta expliqué d'une manière fort insuffisante et fort incomplète. Il a été, à Paris, jusque dans le xvn° siècle , le nom d'une coiffure de femme. Cf. le Die t. de Richelet , au mot Cale; les Historiettes de Tallemant des Réaux.
Cans, subst. Chant. Voyez p.*i65, 1. là-
Canu, adj. a signifié simplement blanc.
Chenu, chenue, est une autre forme du même mot; elle est encore en usage dans certains cas.
Cf. Roquefort, s. h. v.
On li amaine un auferrant canu;
Li rois i monte par Testrier d'or batu.
Aubri U Borgonnon, 8A, 85, éd. Imm. BekLer.
Cappendd , subst. masc. Nom d'une sorte de pommes.
Ce mot est resté dans la langue; Richelet et Boiste l'ont noté, mais écrit capeniu. Et tous les deux renvoient à courtpendu, plus usité de leur temps , mais qui paraît fautif.
« Pommes grosses de cappendu de nouveau pour un g double le « quarteron , grosses poires d'angoisses pour deux doubles. »
« En la fin du mois d'aoust on avoit très belles pommes de cap-
• pendu le quarteron pour deux doubles. » (Journal d'un bourgeois de Paris, ann. \l\l\i et i443, pp. 522, 523, éd. Buchon.)
Cas, subst. Cas. Voyez p. i5i.
Cascdn, pron. ind. Chacun. Voyez pp. 35g, 1. 8.
Cascunoie. Chacune. Ibid. 1. 22.
Catel, Cateuls, Cateulx, Cateus, subst. masc. Poursuites, châtiment, réprimandes, correction. Voyez pp. 117, 118.
Ce mot, en dialecte de Flandre, répond aux mots chasti, chastoi, chastois, castiers, castigamen, des autres provinces. Voyez le Glossaire de Roquefort, à tous ces mots et à ceux auxquels il renvoie.
• Si commenche li franchise del pourcession ce semmedi prou- « chain qui vient à mesne et que tout chil et tout chelïes qui « veuront a. le pourcession en bon respist de clains , de cateulx et « de tous enseignemens d'eskevins et de tout jugemens de en tous
• les noeufs jours et celly semmedi depuis noesne. » (Annonce de la fin du xiii* siècle , pour la procession de la karmesse de Lille, dans les Arch. du Nord de la France, t. II, p. 3i3.)
Il faut d'ailleurs bien se garder de confondre ce mot cateulx ,
forme dialectale de chastoi, chastoiement , modifiée encore par son signe de pluriel, avec les mots cateax, cateh, que Roquefort a donnés et expliqués aux mots Cajeh, Chasteis, Chastel, Chatè, Chatel, Chateux. Tous ces mots sont de la même famille , et tous ont un sens qui n'a point de rapport avec celui de châtiment. On peut voir, sur ce sens, la dernière édition du Die t. ètym. de Ménage, au mot Cateux, 1. 1, pp. 3a a , 3a 3., et le Dict. de Trévoux, au mot Catel ou Cateux.
Caucuie, subst. fém. Chaussée.
Cette forme est plus correcte que celle écrite par Roquefort cauchiée.
« Le comte feit ruer sur la cauchie deux ou trois serpentines, qui • effrayèrent ceux de la ville, combien qu'ils ne blessèrent per- « sonne qu'on sceuist. » (Mém. de J. du Clercq, 1. V, ch. xxxi, t. IV, p. 8 , éd. Buchon. )
Caveaglx, subst. Cheveux. Voyez p. i33, 1. 11.
Cers, subst. Cerf. Voy. p. io5, 1. 8.
Cescun, Chacun, pron. ind. Chacun. Voyez pp. 357-36o.
Chaceor, subst. Chasseur. Voyez p. 86, 1. 3i.
Chaingier , v. act. Changer, altérer, modifier; et par extension, brouiller, dénaturer, égarer, perdre.
Roquefort a noté la forme du subst. chainge et le verbe cangier.
Voit le Rollan , le san cuide chaingier.
Gerars de Viane, 7A, éd. Bekker.
Rollan l'en tan , le. san cuide chaingier.
Ibid. v. 8A. "
Quant Olivier s'oit si manecier De pandre as forches comme lairon forsier, Et kant il ot de Gérard le guerrier Qu'il manesce de la teste à tranchier, Tel doel en ait, le san cuide chaingier.
Ibid. v. 1 356-1 36o.
Rollan Tentant , le san cuide chaingier. Ferir le vot, mais ne l'ose tochier.
•Gerars de Viane, v. i33y, i338.
Cette locution est fréquente et se rencontre en bien d'autres endroits encore. Je ne crois pas que sa signification donne lieu à aucun doute ; elle n'est autre que celle-ci : • il en pense perdre le • sens ou l'esprit. »
Il faut remarquer que ce mot san, toujours écrit ainsi dans ses cas indirects, ne signifie jamais que sens (sensus); Roquefort l'a noté, s. v. Sert, Sens. H se dislingue, par l'orthographe, de son homonyme sang (sanguis), qui, dans les cas indirects, se rencontre toujours écrit sanc, mais pour les cas, soit du singulier, soit du pluriel, où ces mots prenaient le s, leur orthographe était la même; de là quelquefois amphibologie, comme dans le passage suivant :
Li rois l'oit, toi li sans li mua.
Gerars de Viane, v. i53a>
Ce passage paraît avoir une bien grande analogie avec ceux que je viens de citer, où je regarde comme certain que le mot san est pris dans le sens de raison (sensus) , et il semble bien probable que li sans a ici la même signification.
Mais d'autre part, cette expression toz li sans li mua ne semblet-elle pas équivalente à celle qui est encore usitée de nos jours : le sang lui tourna, le sang m'a tourné, pour indiquer l'émotion vive et subite que produit la colère?
Je penche cependant pour l'opinion qui, dans tous ces passages , explique san et sans par sensus.
Cf. s. v. Sanz.
Karles le voit, près n ait le san marri. Duel en ot et pesance.
Gerars de Viane, v. i6g3, 169a.
Chaire, v. neutre. Choir, tomber.
Cf. Roquefort, s. v. Chair.
Je crois que Roquefort a fait une faute en indiquant ce mot comme ayant deux syllabes ; il n'en a bien évidemment qu'une dans le vers suivant :
Si desfubla le riche raantel gris.
Ariere lui Tait li damoiselz mis :
Chaire le lait , ne Tan chaut que lait pris.
Gerars de Viane, 1129-1131, éd. Imm. Bekker.
Les aiguës trove qui chient du rochal.
Agolant, a35.
Olivier fut prous et amanevis Prant le destrier don li donzelz chai.
Guarde sor destrc un damoisel choisi :
N'avoit ancores pais un mois aconpli K'adoubé Tôt Dan Gérard li marchis.
Gtrars de Viane, 855-859.
Il la perdit el bruei soi la ramee En la bataile ke molt fut redoutée Lai ou Toast Maucon de Val fondée Il chait ius, kant la teste ot copee.
Fors de- son fuere colait la bone espee.
Ibid. 3679-3683.
Lai fuit Testors et fors et esbaudis : Chevalier chient des chevalz Arabis.
Ibid. 1/190, 1A91.
Aude Tentant, s'est chaue pamee.
Ibid. a563.
Lors recommence un estors esbaudi.
Lai veisiez maint fort escu croisi.
Ki en la place de son chevel chai N'en relevait, s'il n'i ot boin ami.
Ibid. 1680-1 683.
Là colz dessant, l'auberc ait conseu :
Un pan an trancbe, n'i ait ares te u. Devant lui chiet anmi le pré herbu.
Gerars de Viane, v. 2910-2912.
Au pié dou tertre, leiz un gasté fossé Li est chenu ses destriers abrivé , Et Olivier est à terre versé.
Ibid. v. 566-568.
Chaitif, Chaitis. Captif. Voyez p. 369, 1. 16, 17.
Chanbrelainz , subst. Chambellan. Voyez p. 457.
Chanevis, subst. Chènevis. Voyez p. i5i.
Chant, subst. Chant. Voyez p. i65, 1. i5.
Chant, verbe. Chante. Voyez p. 478, 1. 24.
Chapleis, Chaples, subst. Combat. Voyez p. i5i.
Chaque, Chascon, Chasg*, Chascun, Chesgons, Chesc', Chescun, pron. ind. Chacun. Voyez pp. 357-36o.
Chateil, Chatelz, Chatex, Chatieux, Chatil, subst. Biens meubles, revenus. Voyez pp. 117, 1 18, et Catel.
Chetis, Captif. Voyez pp. 369, 1. 16, 17.
Chevrel, subst. Voyez p. 472.
Chief, subst. masc. Plur. chies. Chef, tête.. Voyez p. 97.
Il est d'usage commun, dans le texte de Gerars de Viane, éd. Bekker, que les substantifs qui se terminent par une consonne , et plus particulièrement par y* et l, la perdent dans les cas du sing. et du plur. où ils prennent un s. Ainsi : sing. sujet dus, 376a, 3799, ^81 4« 3836; sing. rég. et plur. duc, 3857, 3955, 56a, 5ga; sing. suj. treiz, i43a; sing. rég. treif, i34i; sing. sujet, nus, 3357; sing. rég. nul, 1479.
Il le désarment, n'i ont pluis atandu.
Del chief li ostent son elme à or batu , Del dos li ostent l'auberc mailié menu.
Gerars de Vian», v. 3 1 84-3 186.
Tôt maintenant ont ior chies désarmé :
Si s'entrebaisent par bone volante.
Gerars de Viane, v. 3093, 3ogâ.
S'oste chascuns dou chief le hiaume agu.
Ibid. v. 3868.
Fiert Aimart, ne le vot espairgnier.
Deleiz le roi en fist voleir le chief
Et leiz son oncle le fait mort trebuchier.
Ibid. v. 1 378-1380.
Plaist vos oir com grans fut sa biauté?
Un chapelet ot en son chief posé
A riches pieres ke getent grant clarté.
Ibid. v. 637-639.
Gerars Toit, si ait le chief crolley.
Ibid. v. 9^5.
Car Olivier issi de la cité Ensamble lui c. chevaliers armeiz.
De Tune part de nostre ost son aley.
A xx. des nos i ont les chies copey Et an prison en ont asseiz meney.
Ibid. v. 1868-1872.
Tôt mon mesaige si vos serait conté De chief en autre : si Forait cist barneiz.
Ibid. v. 1 192-1193.
De chief en autre signifie là de point en point, comme nous dirions aujourd'hui.
Chiens, subst. Chien. Voyez p. 76, 1. 10.
Chiers, subst. Cerf. Voyez p. io5, 1. 8.
Chieu, Chiez, subst. Chef. Voyez Ciiief, et p. iAa,l. i3; p. 170, 1. 10.
Chimis, subst Chemise. Voyez p. 469.
Chironciaolx , subst. plur. masc.
Je crois que c'est une forme de diminutif pour exprimer de
mauvaises petites chandelles de cire , formées peut-être avec des débris et des restes. Ce sont peut-être aussi simplement des bouts de chandelles.
Cf. Roquefort, s. v. Cirons.
Drap d'or, ni chandelle de chire i Ny eult, ainsy qu'on me compta, Qu'un viel drap d'or qu'on emprunta Et vingt quatre chironciadbc , *
Sy l'achaterent les frères entreiaulx.
Le Triumphe des Carmes, i3n, vers de Valenciennes, xiy* siècle, 38a-386, éd. A. Leroy et A. Dinaux.
CnoL, Chous, subst. Chou. Voyez p. îao, 1. 1 , 3.
Ciertes, adv. Voyez p. iby.
Clairs, Clarc, subst. Clerc. Voyez p. 99, 1. 33 , 33.
Cleis , subst. Clefs. Voyez p. 457.
Coeullote, subst. fém. Réception, accueil, cérémonies de réception.
Roquefort a noté cueillete, dont l'étymologie paraît être la même, mais dont le sens est différent.
c Le duc a un grand maistre d'hostel. . . et se doibvent adresser
ià luy reçoiptes et cœuîlottes de princes et d'ambassades »
(Olivier de la Marche, Estai de la maison de Charles le Hardy, ann. î^A, t. II, 489, éd. Petitot.)
Coi , pron. ind. Quoi. Voyez p. 33 1 .
Colp, Cols, Colz, Cop, subst. Coup, coups. Voyez pp. 103 , et 167, 1. 11.
Cf. Gerars de Viane, éd. Imm. Bekker, 399, 698, 701, 711, 853, i366, i654, 1898, 2371, 2910, 383g.
Sing. suj. colz.
rég. cop.
Plur. suj. cop.
rég. colz.
Il y a une anomalie singulière dans l'existence simultanée
de 'ces formes pour le même mot; cependant elles sont incontestables et se rencontrent à chaque page, et souvent, plusieurs fois par page , dans le même texte. Voici , je crois , comment on peut essayer de les expliquer.
La forme primitive , dans le langage français , de même que dans la langue romane , avait été colp. (Cf. Essai d'un gloss. occitan. par M. le comte de Rochegude, au mot Colp; Roquefort, Gloss. de la L. R. aux mots Colp, Colx, Cop.) Le dialecte de Normandie est de tous ceux de la langue d'oil, celui qui conserva le plus longtemps cette forme sèche colp, par suite de son caractère, qui affectionne ce genre de formes; mais le dialecte de Picardie, qui au contraire les a promptement dégradées en leurs formes molles correspondantes, faisant au de al, ou de ol, etc., dès la seconde moitié du xni' siècle a dit coup pour colp.
En forme de Bourgogne, la consonne intermédiaire l avait disparu dans la prononciation, et on a dit, puis écrit cop, dans la seconde moitié du xm* siècle.
Or îl y avait une règle d'après laquelle, lorsqu'un mot terminé par une consonne prenait 1'* caractéristique du cas , on retranchait sa consonne finale ; et alors , au lieu de s, on marquait le cas par un z. Ainsi colp, aux cas indirects du singulier, devenait au nominatif colz; et puis, l'usage et l'influence de la prononciation ayant porté à supprimer le / des cas indirects, il restait : li colz, le cop. On voit par là que la règle relative à la caractérisation du cas était déjà établie et fort puissante au milieu du xui* siècle , puisque l'orthographe qui en résultait a résisté à la réforme qui changeait colp en cop.
Commans, verbe. Recommande. Voyez 478, 1. 23.
Com poseur, subst.
Ce mot est pris ici dans une acception bien différente de celle que lui a connue Roquefort :
• La principale cause de sa mort fust pour sa malle renommée « qu'il avoibd'estre noiseux , ivrogne, houiller et composeur de gens. » (Mèm. de J. du Clercq, 1. IV, ch. xlii, t. III, p. 307, éd. Buchon.)
Comte, subst. Comte. Voyez p. 78, 1. 1.
Conbatroie, verbe. Combattrais. Voyez p. 4 78, 1. 39.
Consirer, y. act.
Cf. Roquefort , s. v. Consirée et Consirer.
Le sens de ce mot paraît avoir beaucoup varié ; ce qui a donné lieu aux incertitudes indiquées par Roquefort sur sa véritable signification.
Voici un passage dans lequel il ne paraît guère signifier autre chose que se consoler, prendre son parti :
RollaDS l'entant, molt en est aireiz :
Vausaus, fait il, laisiés vostre vanter. Porter l'en cuit cui k'cn doie peser, En l'ost le roi, ke iai niert trestorné. Lai en ferai toutes mes volanteiz.
S'il voz en poise , bien m'en puix consirer.
Gerars de Viorne, 670-675, Bekker.
Consolz, Consoil , subst. masc Conseil.
Consolz est la forme du singulier sujet et celle du plur. régime ; consoil est celle du sing. régime et du plur. sujet. Dans des textes plus modernes, le plur. est consaux.
Si mes consolz eust esté creus.
Gerars de Viane, v. 3 2 86, Bekker.
Car pran consoil, frans hons, chiere hardie, À tes bairons, à ta chevalerie, De ceste terre ke si est exsiiie Et si lonc tans ta cité asegie.
Ibid. v. 33&0-33A3.
Or ci vos pri ke consoil me doneiz.
Ibid. v. 3883.
a Et pour ceste matière se tindrent plusieurs consaux , où fut t appelé le chancelier et le premier chambellan. » (Mém. d'Olivier de la Marche,!. I, ch. xxviii, t. II, pp. i5g, 160, éd. Petitot.)
Contans, subst. Querelle. Voyez p. i5i, 1. ai.
Conte, subst. Comte. Voyez pp. 77, 78.
Contes, subst. Conte. Voyez p. 78, 1. 6. Conuit, verbe. Connut. Voyez p. 457.
Correor, subst. plur. Coureurs. Voyez p. 87, 1. 9. Corrous, subst. Courroux. Voyez p. i5i, 1. 28. Cors, subst. Cours. Voyez p. i5i, 1. 29. Cors, subst. Corps. Voyez p. 147.
Cort, subst. Cour. Voyez p. i5a , 1. 4.
COUREGIER , Subst. CoUITOUX.
Roquefort a noté courechier comme forme de verbe. Il se rencontre aussi comme substantif.
Grant ioie en ait li siens peire Rainier Et de Viane Gérard li frans guerrier.
Et d'autre part n'en ot que courecier En ceolz de l'ost Karlemaine le fier Por Guinemant le gentil chevalier, Que ait perdut la vie et le destrier.
Gerars de Viane, 37/1-279, éd. Imm. Bekker.
Courir. Couvrir, courre, formes d'infin. prés.
Cf. Orell. Alt Franz. Gr. pp. 147 seqq.
Ces deux formes, courrir et courre, se rencontrent dans les Mcm. de J. du Clercq, éd. Buchon, passim; mais la seconde y est la plus commune, et ce mot s'y trouve constamment, à tous ses temps, écrit avec deux r.
Courouc, Courous, subst. Courroux. Voyez p. i5i.
Cours, subst. Cours. Voyez p. i5i, 1. 29.
Cours, Court, subst. Cour. Voyez p. i65, 1. 12 , i3; p. i5a , 1. 5.
Cous, Coust, subst. Dépense, frais. Voyez p. 108.
COUTEIL, COUTEILZ, CoUTEIS, COUTEL, CoUTIAUL, CoUTIAUS,
Coutiax, Coutiel, subst. Couteau. Voyez p. io3.
Creator, Creeires, subst. Créateur. Voyez p. 82, et Criator.
Cremer. Craindre (lat. tremere).
Cf. Orell, AU Franzôs. Grammat. p. 275.
Sont-ce deux verbes dont le second dérive du premier, et par conséquent deux formes différentes d'un seul et même thème ? ou bien sont-ce deux mots indépendants l'un de l'autre, formés séparément, et tous deux primitifs dans le français? En ce dernier cas , leur radical extrafrançais est-il le même ou est- il différent ?
Crestiaux, Creteaus, Cretel, subst. Créneaux. Voyez p. 118.
Criator, subst. masc. Créateur. Voyez p. 83.
Cf. Roquefort, s. v. Crèerer. Cette première forme est douteuse et devrait être justifiée par un exemple. (Hist. de saint Loais par le sire de Joinville, Glossaire, au mot li creems, créateur, éd. Capperonnier, p. 17.)
Cette forme, li creerrcs, est celle du nominatif sing.
Celle de criator est celle du sing. régime.
Dist Olivier : Or oi plaît de folour;
Tôt est en Deu, le verai criator,
Ki le puet bien garder par sa dousor.
Geran de Viane, 2762-9764, Bekker.
Crois, Croiz, Cruix, subst. Croix. Voyez p. i5a. Ccens, subst. Comte. Voyez p. 77.
Corr, Cuers, subst. Cœur. Voyez p. 76* 1. 36, 37. Cuichier, v. act. Coucher, étendre.
Forme omise par Roquefort, et que M. Paulin Paris n'a pas comprise dans le passage suivant :
Font une bière por les lor ens cuichier.
Li Romans de Garin le Lohtrain, t. II , p. aài , v. 2, éd. M. Paulin Paris.
Deux pages plus loin , dans le même texte , p. 3 A3 , je trouve : La~ont couchii le baron droiturier.
Et à peu de distance, p. 367, revient l'autre forme :
Li bers manja qui le cuer ont hardi , Un sol petit se cuicha et dormi.
Cuidoie, verbe. Guidais, songeais. Voyez p. £78, 1. 28.
Coït, verbe. Cuide. Songe. Voyez p. 478 ,1. ai.
Cultel, Cutel, Cotiax , subst. Couteau. Voyez p. io3.
Cum, conj. Comme. Voyez p. £78, Lia.
Curt, subst. Cour. Voyez p. i5a, 1. 6.
Cus, subst. Cul. Voyez p. io5, 1. 2.
Costivent, verbe. Cultivent. Voyez p. 346, 1. ao.
Dàuaige, subst. Dommage. Voyez p. àb"j.
Deciveires, subst. Trompeur. Voyez p. 86, 1. 11.
Defenderes, subst. Défenseur. Voyez p. 86, 1. 10.
Defois, subst masc. Défense. Voyez p. i5a.
Deleit, Deleiz, Délices, Déliée, Délit, Deliz, subst. Plaisir. Voyez p. 106, 1. 10, 1 1 ; p. i58, 1. 8.
Demans, verbe. Demande. Voyez p. 478, 1. ao.
Demei, Demeie. Demi. Voyez p. aai, 1. 1.
Destrés, Destriers, subst. Cheval. Voyez pp. 75, 1. 5; io5.
Deswager, verbe. Dégager.
«Ung nommé Colin Peredieu, sergeant des chemins, en des- « wageant ung viessier d'Arras, nommé Jean Manart, le fils d'icel- «lui Manart le blasmoit. » (Mém. de J. du Clercq, 1. V, ch. xxn, t. III, p. 3g6, éd. Buchon.)
M. Buchon l'explique repoussant; je crois que c'est une erreur, et que ce mot répond , sinon très-exactement pour le sens , du moins identiquement pour la forme, au français dégageant.
Roquefort Ta noté et bien expliqué , s. v. Deswaigier.
Deteeurs, Dettres, subst. Débiteur. Voyez p. 85, 1. ao, 2 1 .
Dials, Diels, subst. Deuil. Voyez p. 97, 1. a3, a4.
Dis, subst. Jour. Voyez p. 17g, 1. 4.
Disecrs, Disieres, subst. Arbitre. Voyez p. 84.
Dismes, subst. Dixième. Voyez pp. aaa, a a 3.
Disoie, verbe. Disais. Voyez p. 478, 1. 3o.
Doignaist, verbe. Daigna. Voyez p. 457.
Dos, subst. Dos. Voyez p. i5a.
Douzenne, subst. Douzaine. Voyez p. aa3, 1. ao.
Dru, Drus, subst. Ami, favori. Voyez p. 74.
Dugace, subst. fém.
Ce mot est employé dès longtemps dans les provinces de Hainaut et de Flandre française, pour désigner la fête anniversaire de la dédicace d'une église, et par suite, la fête patronale d'une commune ou d'un village.
Ducace, d'après le sentiment des étymologistes du pays , est formé par corruption et par contraction de dédicace. Cette opinion semble plausible.
Cf. Archives du Nord de la France, par A. Leroy et A. Dinaux , t. I, 182g, pp. 3i3 et suiv. ; t. II, i83a, pp. 309 et suiv.
Duel, Duels, Dueil, Dues, subst. Deuil. Voyez pp. 97, 101.
Doi. Deux. Voyez p. 457.
Duit, verbe. Dut. Voyez p. 457.
Duiz. Habile, exercé. (Doc tus.)
C'est le mot que Roquefort a écrit duit, part, passé passif du verbe daire.
Li dus Rolian est vaillant chevalier Et vassas nobles por ses armes bailier. Piuis en est daiz ke maistres charpentiers. N'est de sa barde ferir et chaploier Kant il veut faire saule ou maison dressier.
Gerars de Vian*, 1995-1999, Bekker.
Dul , subst. Deuil , douleur, tristesse.
Dame , dit-il , nos avons dul pesant Que sopris m'ont li Sarraiin puant.
Aubry U Borgonnon, 5o, 5i , éd. Bekker.
Tel duel en ot la cortoise pucelc
À poc li cuers ne li part souz l'axele.
Gerars de Viane, aAi5, aâi6, Bekker.
Ecrit encore doel, i36o; dues, 4o4a; duel, a5g3, a 466, 3737, 1627, 1694.
Dans ces derniers exemples, le mot est constamment régime, soit d'un verbe , soit d'une préposition : dues est la forme du nominatif ou sujet; duel est la forme régulière du régime; dul et doel sont des variantes d'orthographe dont la source, fort difficile à déterminer, peut être dans le peu de fixité du langage, dans la licence de la poésie et les convenances harmoniques , ou simplement aussi dans l'ignorance et l'étourderie du copiste.
Roquefort a noté duel et doel.
Duze , Douze. Voyez p. 470, 1. 3.
E, conj. Et. Voyez p. /470, 1. 1 1.
Ele , pron. Elle. Voyez p. 470 , 1. 1 1 .
Els, subst. Yeux. Voyez p. 12 3, 1. 18.
Em, pron. En. Voyez p. 365, 1. 28, et p. 367, l. 2.
Embattonner, v. act Armer.
Cf. Roquefort, s. v. Embatonner.
Je suis l'orthographe du texte d'Olivier de la Marche , dans l'édition que j'ai sous les yeux : il est douteux que ce soit la plus correcte.
t Et à tant fut veu Jason , qui se promenoit trèsrichement em- • ba t tonné. • (Mém. d'Olivier de la Marche» t. H, p. 175, 1. I, ch. xxix, éd. Petitot.)
Empereur, Empereres, subst. Empereur. Voyez p. 82.
En, pron. ind. On. Voyez p. 379, 1. 26.
En pour ne.
Dans les textes que je regarde comme tout à fait primitifs en langage de Bourgogne, en est déjà très-commun comme préposition ; mais je crois qu'il ne s'y montre guère encore , ni comme particule explélive, ni surtout comme pronom indéterminé. Ainsi, j'ai feuilleté, sans en recueillir qu'à peine un seul exemple, plusieurs des sermons de S. Bernard.
H y a dans ces textes quelques locutions que les éditeurs ont prises, presque toujours à tort, comme des emplois de en. Ce sont des phrases uégatives, où la particule de négation ne, précédant une voyelle, au lieu d'élider son e muet , est écrite nen pour
l'euphonie. Les éditeurs ont écrit ce nen avec l'apostrophe comme forme contracte de ne en; cela peut être vrai dans quelques cas, mais il est certain que c'est le plus petit nombre, et il est assez difficile de les distinguer.
Voici des exemples :
«Li plus fora forchauchet lo fleve; li saiges escharaist lo non « sachant ;li voisous dezoit lo simple; li poixans despeitet lo povre. «Ensi n'en est il mies en ton oyvre, chier sire; ensi n'en est il • mies en ta misture ; por teil chose nen as tu mies aconpaigniet t l'espirit al lum , lo haltisme à Tumle , la digne et l'espiritel « créature à la vil et à la niant ulle masse. » (S. de S. B. fol. 5i v.)
S'il y avait à considérer quelqu'une de ces formes nen comme des contractions de la négative ne et de la particule pronominale en, il est certain que les deux premiers exemples qu'on vient de lire, le pourraient être. C'est pourquoi je les ai écrits avec une apostrophe; mais le troisième nen est certainement la négation pare, et Ton n'y saurait voir une explétive dont il serait impossible de se rendre compte en une telle phrase.
Aussi, comme je n'ai point vu de ces phrases où la particule en fût nécessaire, et comme j'en ai rencontré beaucoup où son emploi serait tout à fait anormal et bizarre, je penche fort à croire qu'on ne la doit lire dans aucune , et que ce nen doit être partout écrit sans apostrophe, comme une négation pure, soit euphonique pour ne, soit forme particulière de non.
J'écrirai donc ainsi toutes les phrases suivantes , et je ne verrai en dans aucune :
t Vos nen enterreiz mies el règne de ciel. » (Ibid. fol. 44 r. )
• Petiz enfens est, ki legierement puet estre apaisanteiz : car « nen est nuls ki bien ne saichet ke li enfens pardonet legierement. a
« Li estaules ne lor fut onkes encontre cuer, nen onkes ne fu- «rent ahnsteit de povres draz, ne escandaliziet de l'enfance del « laîtant; anz misent lor genoz à terre. . . » (Ibid. )
« Quant il trente ans ot jai passeiz en char, ki selonc la divi-
« niteil est ades en un poent, nen onkes sei au ne deJailIeBt, m « vint al baptisme saint Johan. . . Nen est il dons cil ki se itconoit « al ventre de ta mère, lai où il ancor nen estoit neii? Nem est il « dons cil ki parmei les parois del ventre de sa mère et de la teief « te reconut. . . . » (S. de S. B.)
t Car dont venroit ne sens ne vie à celei partie del cors ki a) t chicf nen est aherse ? ■ (Ibid. fol. 1 1 1 r.)
tjuit à fait m or on s et nuls hom nen est ke vivet, ki ne voiet
• la mort. » (Ibid. fol. 5a v.)
«Ces choses nen apartienent mies à nos. » (Ibid.)
J'en pourrais citer bien d'autres exemples; car cette forme nen est en général , dans ce texte , celle de ne, devant les temps des verbes être et avoir, et devant toutes les voyelles.
Dans cette première époque du langage de Bourgogne, l'usage de en était donc encore rare comme pronom indéterminé; il semble n'y faire que s'introduire , quoique cependant il y fût déjà fixé pour bien des cas :
« Ju si l'eswast en oytes lai où il en vait, toi suys esbahii de
• ceste novelerie. » (Ibid.)
Dans le langage de Villehardouin , l'usage de en est beaucoup plus fréquent et plus varié :
• Nos vos en semonons. » (Villehard. p. 457.)
• S'en ala al roi Pbelippe. *(Ibid. p. 44 1.) Encorres, adv. Encore. Voyez p. 483.
Encuseor, subst Accusateurs. Voyez p. 87, 1. 12. End , pron. En. Voyez p. 363.
En ES LE PAS.
Roquefort a donné à ce mot, ou pour mieux dire à cette locution , une étymologie tout à fait fausse. Sa forme correcte et la plus constante est isnel le pas; il a eu tort de ne pas y renvoyer.
Enfancegnon , subst. Petit enfant. Voyez p. 473 , 1. 27.
Enfes, Enfez. Enfant. Voyez p. 91.
Formes de diminutifs :
Anfanton. (Gerars de Viane, 2828, éd. Bekker.)
Enfanson. (Les Fils Ay mon, A, id.) Enfantelet. (Poés. de Clo tilde de Surville.) Roquefort ep a indiqué quelques autres encore, Gloss. de la L. Rom. s. v. Enfançon.
Enforcheur, subst. Violateur.
« D estoit meurdricr, combatteur, houillier, enforckeur de fem-
• mes. » (Mèm. de J. du Clercq, ann. i46a , liv. IV, ch. xi.ii, t III, p. 207, éd. Buchon.)
• Et disoit on qu'il avoit esté à enforchier une femme à Avesnes- «le-Comte. » (Ibid. p. 207.)
Roquefort n'a connu que le verbe enforcer et dans une acception tout à fait différente.
Enforchier, verbe. Violer.
Enoysellement, subst. masc. Cbasse aux oiseaux.
Ce mot, dans le passage suivant, a bien certainement un sens plus étendu que celui qui lui est attribué par Roquefort, s. v. , et il a la signiûcation que je lui donne ici, d'accord avec Petitot
« Et decosté furent envoyés environ cent archers, qui
« tirèrent tous à une fois sur costiere ; et commença le hu et le « cry de toutes pars : et prestement se rompirent les dicts Gandois « et se mirent en fuitte ; et certes il en mourut bien , à celle ren-
• contre , quinze cens : et fut un droit enoysellement et un gibier « pour les jeunes et nouveaux chevaliers. » (Mèm, d'Olivier de la Marche, 1. 1, ch. xxv, t. II, p. g3, éd. Petitot.)
Enpoindre, v. act. Atteindre, percer, viser, porter un'coup de la pointe d'une arme aiguë.
Parmi le cors li mist Tespie d acier, Enpoint le bien , si l'ait fait trabuchier.
Gtrart de Viane, 269, 270, éd. 1mm. Bekker.
Roquefort a écrit enpaindre, qui est la forme d'un autre dialecte. Cf. s. v. Empaindre.
Ens, Ent, Enz, pron. ind. En. Voyez pp. 36a -365. Entormienuit , subst. Voyez p. aaâ, 1. a3.
Envoiseux, adj. Voluptueux.
t Un prince le plus dameret et le plus envoiseux que Ton sceust » (Mém. d'Olivier de la Marche, ch. xm, 1. 1, p. 4o4» Pelitot.)
Roquefort, qui n'a pas connu ce mot, en a noté cependant plusieurs autres qui ont parenté avec lui : emvoisè, envoiser, envoiserie.
Erche, subst. fém.
M. Buchon, au passage que je vais citer, l'explique arche; mais c'est certainement une erreur. Il faut l'entendre herse.
• On a voit fait allumcryes de chyre en manière <£ erche. ■ (Mém. de J. da Clercq, 1. IV, ch. lxvi, t. III, 235, éd. Buchon.)
Voici un passage qui lève toute espèce de doute à cet égard :
t Et a l'entrer ens y oit ung homme d'arme occis par ceux de « la ville par laisser cheoir Y erche de la porte , cuidant deffendre tque touts n'y entrassent. » (Ibid. 1. V, ch. xxx, t. IV, p. 5.)
Cf. Roquefort, s. y. Erce et Herche, et son Supplément sous les mêmes mots.
Es, verbe. Est. Voyez p. 457.
Es, subst. Abeille. Voyez p. i52, 1. i5.
Esamplaire, subst. Exemplaire. Voyez p. 470, 1. g.
Escafinon, subst. masc.
Roquefort n'a noté que la forme escafignon. L'autre se trouve :
« Vestu d'une houppelande noire déchiquetée, fourrée de mar- « très, une chausse blanche , un escafinon rioir en ses pies. » (Journ. d'un bourgeois de Paris, au 1" juillet i4i3, p. i84, éd. Buchon.)
EsCHAKSON, EcHANSON.
Latin barbare : scancio, scanda, formé de l'allemand schenk.
Escildrake, subst. masc.
On trouve aussi scildrake, qui paraît plus correct
C'était le titre d'une magistrature bourgeoise et commerciale , dont les fonctions ne sont pas spécifiées dans les titres qui nous restent. Ce mot appartient au Hainaut et à la' Flandre Wallonne, dans les xm* et xiv* siècles.
La hanse de Londres , confédération de marchands , formée au xi i° siècle entre les villes d'Ypres, de Bruges, de Lille, et autres
de Flandre et de Brabant, avait un comte qui était élu par les marchands de Bruges, et un escildrake qui était élu par ceux d'Ypres. (Voyez Archiv. hist. et Utt. du Nord de la France, loin. I, pp. 17g et suiv.)
Escodrbe , v. act. Secouer, déployer.
Roquefort a noté escouer, escouir, escourre, escous. Il donne au second de ces verbes la signification que le suivant a bien certainement dans les passages que je vais citer.
La grande confusion et la promiscuité continuelle qui régnent entre les différentes conjugaisons des verbes, à certains temps, dans tous les auteurs du xrv\ du xv* et du xvi* siècle, me fait pencher à regarder ces trois verbes infinitifs , escourre, escouir, escouer, comme des formes du même mot, qui toutes ont eu cours, mais dont la dernière a fini par prévaloir et s'est fixée comme unique dans notre verbe secouer.
Il ne faut pas confondre ces verbes avec rescouir, reprendre , recouvrer, délivrer, dont le radical parait appartenir à une autre souche. Cf. au mot Rescouir.
« Le prince assis , l'escuyer trenchant va devant luy, puis des- « veloppe le pain , et baise la petite serviette qu'il trouve envelop- «pée, et le mect entre les mains du prince, et puis prend celle « où estoit le pain enveloppé , il Yescout et la mect sur son col. » (Olivier de la Marche, Estât de la maison de Charles le Hardy, dans ses Mémoires, L II, p. 5 16, éd. Petitot. )
« Et doibt le fourier battre et escourre le lict et mettre à point • la chambre.» (Ibid. p. 4o,4.)
Escremir , verbe act. Escarmir, eskirmir. Escrimer, se battre à l'arme blanche, lutter, faire des armes.
Cf. Roquefort aux mots Escremir, Escrimour.
En allem. schirmen.
En la grant île soz Viane ou sablon Lai se conbetent ambadui li bairon , Et escremisent comme dui chanpion.
Gerars de Viane, 3476-3476, Bckkcr.
Tûtes bontés en lui eatoyent Et tais de lui grand bien disoyent De bordure et à'estyrmyr De cbevals poyndre et retenir.
Walter d'Exeter, francûcaiD du coavent de Carocus en Cornouafllet, au xiu* tiède, cité par l'abbé de la Rue, Ess. hist. sur les Bardes, les Jongl. et les Trotn. III, a 5a.
Esguareit, part, passé. Egaré, qui n'a point de gîte. Roquefort a indiqué esgaré; c est la forme du vi* siècle. Celle que je note est du xm*.
Sire, fait-il, envers moi antandeiz.
Bien ait vj. anx aconplis et passeii Ne asesistes ceste bone citeit.
Gl sont laians comme moine raeleit Et nos sa fort comme serf esguareit
Gerars de Viane, 359*363, Bekker.
Eslascibr, v. neutre. Elancer, se lancer, s'élancer, s'ébattre. Esleicier , verbe. Echapper, éviter.
Cf. Roquefort, s. v. Eslaisser.
Ces deux formes distinctes, confondues par Roquefort, sont bien nettement caractérisées dans le passage suivant :
Kc li veist son escu manoier, Per les enarmes lever et anbracier, Et son cheval "per la cort essaier, Antor François venir et eslacier.
N'est hom, fait il, ke me puist esUicier.
Gerars de Viane, a37-a4o; a5a, Bekker.
Desci el prei est li boins branz glaicié. Tôt ait à terre en un molt trebuchié.
Voit l'Olivier, si s'est esleisii.
Ibid. v. a443-a4o5.
Espebit, subst. Esprit. Voyez p. 1 06, 1. 7; et Espib.
Esperon, Espérons, subst. Eperon. Voyez p. 76.
Espervier, subst. Epervier.
Lat. barbare, sparverias. Rad. allem. sperber.
Espiel,Espies, Espiex, Espiez, Espiols, subst Epicu. Voyez pp. 127, 137.
Espir, Espirit, Espiriz, Espirs, Espirt, subst. Esprit. Voyez p. 106.
Estoire, subst. Histoire. Voyez p. A70, 1. 2.
Estor, Estors, subst. Combat. Voyez p. 75.
Estre, verbe. Etre. Voyez pp. 473-476.
Estreit, Extrait. Voyez p. 470, 1. 10.
Est u et , 3* pers. du sing. prés, indicat. d'un verbe impersonnel, dont il paraît que cette forme est la seule qui se rencontre.
Roquefort Ta mal entendu , ou pour mieux dire ne Ta pas expliqué complètement : m'estuet, il m'estuet, signifie souvent «je « grille de faire , je brûle de faire , j'ai envie de, je désire de (stadeo, « ou peut-être œstuo. ) »
Vint à Gérard , se li prist à proier.
Sire, fait il, aceler nel vos quier, Aller m'estuet là fors esbanoier.
Gerars de Viane, 24&-2/17, éd. Imm. Bekker.
Aude sestaet à une fenestrele,
Ploure et sospire , sa main à sa maisele.
Ibid. v. 2A10, 2Â11.
Ceste bataile ne feroie atargier.
Armer m'estuet san pluis de delaier Trop fais longue demore.
Ibid. v. 2005-2007.
Laisiez, biauz nies, ceste bataile ester. Li dus Rollan fait molt à redouter :
Nuns ne poroit tel chevalier trover.
Diflt Olivier : lai n'en estuet parier. Je ne laroie por les manbres coper Ne por avoir k'en me seust doner Ke à Rollan n'alaise ancui ioster.
Gerars de Viane , v. 2011-2017.
Eulz, Eus» Euz, subst. Yeux. Voyez p. 12 4.
Eus, subst. Usage. Voyez p. i4{), 1. 2 5.
Fableor, Fablerres, subst. conteur de fables. Voyez p. 83, 1. i4-i6.
Facheor, subst. Faucheurs. Voyez p. 87, 1. 11.
Façons, subst. Faucon. Voyez p. 75, 1. 27.
Faim, Fains, subst. Faim. Voyez p. 89, 1. 22 , 2 3.
Faissant, verbe. Faisant. Voyez p. 383.
Fasoie, verbe. Faisais. Voyez p. 478, 1. 28.
Faucons, subst. Faucon. Voyez p. 75, 1. 28.
Fax, subst. Fou. Voyez p. i34, 1. 6.
Feez, Feiee, Feis, Feiz, Fez, subst Fois. Voyez, p. i52.
Feneiz, part, passé. Fini. Voyez p. 1 1 3, 1. 28.
Fereres, Fereur, subst. Celui qui a frappé. Voyez pag. 83, 1. 26, 27.
Feirers, subst. Frère. Voyez p. 160, 1. 16.
Ferte, subst.
La Ferté, nom de lieu, commun en France, est dérivé par contraction du mot latin Jirmitas qui, dans le langage des vm\ ix4, x4 et xi* siècles, signifiait une forteresse.
On trouve fréquemment le mot de fermeté avec la même signification , dans les textes du xm* siècle.
Feu, Feuec,Feus, subst Feu. Voyez p. 98, 1. 8, 9; p. 74, 1. 24.
Fevers, Fevres, Feyvres, subst. Ouvrier. Voyez p. 160.
Fi, verbe. Fie. Voyez p. 478, 1. 24.
Fi, Fied, Fiep, Fies, Fieu, Fiez, subst Fief. Voyez p. i4o.
Fieffirs, subst Teneurs de fiefs. Voyez p. i4o, 1. 27.
Fiels, Fieuz, subst Fils. Voyez p. 120, et Fil.
Fiente et Viande, subst
C'est le même mot. Il reste des preuves écrites de leur ancienne identité. Rabelais (1. IV, ch. vu, t. II, p. 38, éd. de TAulnaye) emploie viander dans le sens de fienter.
Fil, Filh, File, Fillastres, Fillez, Fils, Filz, Fiuls, Fids, Fiz, subst. Fils. Voyez pp. îoa, io3, îao; p. 171 , 1. 7.
Fis, Fid, subst. Fief. Voyez p. i£o, et Fi.
Flabliax, subst Fabliaux. Voyez p. 86, 1. ai.
Fole, adj. Folle. Voyez p. 470, Lia.
Forsene. Surpris, étonné, mis hors de sens, irrité avec surprise.
Roquefort a noté ce mot , mais non point la signification précise qu'on lui rencontre souvent, et que je viens d'indiquer.
Karle Tentant, a poc n'est forseneyz.
Gerars de Vian», 176, éd. Imm. Bekker.
Forsier, adj. Violent, brigand, violateur, qui a fait usage de la violence et abusé de la force. Ce mot est donné, mais mal expliqué par M. de Roquefort.
Lairon forsier, voleur à force ouverte, brigand.
S'il vos tenoit , ne tenir ne baillier
Tox Tors del mont ne vos auroit mestiér
Ne vox pandist comme lairon forsier.
Gerars de Viane, 616-/116, éd. Imm. Bekker.
Frapier, verbe. Frapper. Voyez p. 457.
Freirb, Freires, Frer, Frère, subst Frère. Voyez p. 73 ; p. 160, 1. 18; p. 469, 1. 8; p. 457.
Fum, Fumée, Fumiere, Fons, subst. Fumée. Voyez p. 88, 1. 27, a8; p. 89.
Fuis, subst Fils. Voyez p. lao, 1. aa.
Fus, Fust, Fustz, Fusz, subst Bâton. Voyez p. 108.
Fyb, Fybds, Fiez. Voyez p. i£o.
Gengleour, subst. Jongleur. Voyez p. 85.
Gieu, Gieus, Giu, Gius, subst. Jeu. Voyez p. i38.
Glous, Glouton, Glouz, Gloz, subst. Glouton. Voyez p. 78.
Godale, subst. fém. Sorte de bière.
M. Crapelet (Arch. da Nord de la France, t III, les Hommes et les Choses, p. 272, col. 2 ), dit : t En 1264, Estienne Boileve donna « des statuts aux brasseurs . • . Dans ces statuts , il est fait mention « d'une bière distincte de la cervoise; elle y est nommée godale,
• mot qui paraît être formé des deux mots anglais good aie, bonne
• aie, bière douce fort estimée en Angleterre puisqu'elle a donné « lieu à ce proverbe : Good aie is méat, drink and cloth .... Il ne
• nous est resté de notre ancienne godale que les mots godaille et « godailler. »
Governal, Governaus, subst. Gouvernail. Voyez p. 122, 1. A, 5. Gramaire, subst. Grammaire. Voyez p. 470, 1. 10. Grenons, Grignon , subst. Barbe. Voyez p. 76. Guason. Garçon, jeune homme.
Rent mon oisel , si ne le porte avant ; Je ne voil mie ke iai gaason s'en vant Ke il me toile valissant un besant.
Gerars de Viane, 108, 109, éd. Bekker.
Voici d'autres formes du même mot, qui, se rencontrant dans le même texte, peuvent faire penser que celle que je viens d'indiquer est peut-être exceptionnelle, sinon fautive :
Biauz nies , fait il , envers moi entandeiz Ki est cil guars? gardeiz, nel me celeiz, À cui aveiz parley de lai ces guez.
Gerars de Viane, v. 171-173.
De l'ost de France en issi un garson.
Ibid. v. 189.
Guerres, adv. Guère. Voyez p. 483.
Gueux , subst. masc. Officier de cuisine.
Cest ainsi que l'explique Petitot, dans une note sur les Mim.
d'Olivier de la Marche, où il est plusieurs fois employé, t. II, p. 5oa. Je pense que ce mot est le même que queux, avec une différence dialectale ; Roquefort aurait dû la faire connaître.
«Le duc a trois gueux pour sa bouche, chascun compté par « quatre mois , et doit le gueux en sa cuisine commander, ordonner « et estre obey, et doit avoir une chaiere entre le buffet et la che- « minée, pour seoir et soy reposer si besoing est, et doit estre « assise icelle chaiere en tel lieu qu'il puist veoir et congnoistre
• tout ce que Ton faict en ladicte cuisine Le gueux a en
« sa garde les espices de garnison. » (01. de la Marche, Estât de la maison de Charles le Hardy, ann. ili^à, t. II, p. 5ao, éd. Petitot.)
Harnas, Harneis, Harnois, subst. Harnois.-
Latin barbare, harnasea, harnesium, formé de l'allemand har> nisch.
Harpeor, subst. Joueur de harpe. Voyez p. 87, 1. A.
Heut, Hedz , subst. Poignée. Voyez p. 1 53.
Hoem, Hom, Homes, Homme, IIoms, Hons, Houme, Huem, Huens, Hume, subst. Homme. Voyez p. 90.
Hom , Huem , pron. ind. On. Voyez pp. 349-383.
Huge, subst masc. Huche , coffre.
M. de Roquefort a noté ce mot.
Cette forme est plus particulièrement celle du langage de Flandre. Elle est employée par Olivier de la Marche.
Huge, en Flandre, a signifié non -seulement ce que nous appelons aujourd'hui une huche ou un coffre, mais un coffrefort.
« Volons dore en auant se il vous samble bon con face
t une huge a ni. clés et tout cou ke il venra de la hanse ke li t quens de la hanse et li escildrake voisent auoeckes la ou on « metera cel avoir en la huge et con nen ote nule cose sele ne soit «pour le preu dou comun et par comun consel. > [Règlement de la Hanse de Londres, de Flandre, au 1111e siècle, dans les Arch. hist et litt. du Nord de la France, I, i85.)
Huis , subst Clameur, tumulte. Voyez p. 1 5a .
Huitelée, subst. fém. On le trouve écrit aussi witelèe et huicteul. ( En saxon , wisteley. )
Ce nom est celui d'une mesure de superficie autrefois en usage dans le comté de Valenciennes et dans le reste du Hainaut , dans rOstrevant et dans une partie de la Flandre. (Cf. Arch. du Nord de la France et du Midi de la Belgique, II, i46, 147.)
HumvE, subst. Octave. Voyez p. aa5, 1. 10.
Hum, Huns, pron. ind. On. Voyez pp. 379-383.
Hus, subst. Clameur, tumulte. Voyez p. 1 5a , 1. a 6.
Ials, Ialz, Iauls, Ieus, Ieux, Iols, Iolz, subst. Œil. Voyez
pp. 123, 12Â.
Icele, pron. Icelle. Voyeap. 470, 1. 11.
Isnelement, adv. Vite.
Cf. Orell , Alt Franzôsische Grammalik, p. 3o4.
Deuxième chanson d'Audefroy le Bas tard, poète d'Arras, au commencement du xm* siècle, dans le Romancero françois de M. P. Paris, p. i4-
M. Paris explique isnelement par le mot latin anheliter. Je pense qu'il faut bien plutôt le dériver du mot allemand schnell.
Itant, Itaunt, pron. ind. Tant. Voyez p. 3g3, 1. 1 1.
Itau, Itel, Iteu , Itex, Itez, pron. ind. Tel. Voyez p. 4oi.
Jeu, Jeus, subst. Jeu. Voyez p. i38.
Joël, Joiaus, Joi-ax, subst. Joyau* Voyez p. 157.
Jor, Jors, subst. Jour. Voyez p. 85, 1. 22.
Joste, adv. Juxte. Voyez p. 457.
Jouel, Joueles, Jouelz, Jouiaux, subst. Joyau. Voyez p. 157 ; p. 167, 1. ai.
JOUGLEOR, JOUGLEOUR, JOUGLERES, JUGLEOR , Subst. Jongleur.
Voyez p. 84.
Joure, Jur, Jure, subst. Jour. Voyez p. 75, 1. a4, a6;p. 470,
Kakun, Kasxe, pron. ind. Chaque, chacun. Voy. pp. 358*36o.
Kanques, pron. ind. Tout ce que, autant que. Voyez p. 33g, 1. 27.
Ke, Kel, Ken, Ki, Kil. Voyez p. 470, 1. 5, 6.
Koi, pron. Quoi. Voyez p. 33 1, 1. 8.
Kokerulle, subst. masc.
Ce mot, dont je ne saurais déterminer le sens avec précision, était usité en Flandre et en Brabant dans le xine siècle. Il servait de cri de ralliement aux ouvriers et à la populace d'Ypres , dans une émeute violente contre les nobles et les riches bourgeois de cette ville, en 1280.
Kokerulle a été aussi le nom d'un poème jadis connu dans les chambres de rhétorique en Hollande et en Zélande , et apparemment aussi en Flandre et dans le Brabant.
Cf. Arch. hist. et lit t. du Nord de kla France, t. II, pp. 4a 6 et suiv. ; et l'opuscule cité à la note de la page 4a 7.
Lai, adv. Là. Voyez p. 457.
Larait, verbe. Laissera. Laroit. Laisserait. Voy. p. 476, 1. a g.
Larron, Larronesse, Laruns, Lerres, subst Larron. Voyez p. 81.
Leu, Leus, subst. Loup. Voyez p. i33.
Leu, Leus, subst. Lieu. Voyez p. 137.
Lez, prépos. A 'côté de.
Roquefort a noté ce mot, s. v. Les, Leis, Lez; il a cité plusieurs exemples de son emploi : mais il n'a pas assez distingué la préposition du substantif, et 1 usage fréquent du même mot dans ces deux formes, comme les textes du xme siècle nous le présentent :
Et dist Rollan : Or oi musart plaidîer. Kant t'an moinra à pié lez mon destrier En douce France «itérés prisonier.
Gerars de Fume, 1166-3366, Beltker.
Cette préposition lez et son usage était cependant à remarquer d'autant plus qu'elle se retrouve encore à présent dans un trèsgrand nombre de nos noms géographiques. Elle y a perdu sa signification , et on a l'air de la considérer communément comme l'article ; mais elle y joint deux noms entre eux , et ne signifie
que auprès de, près de, marquant un rapport de voisinage entre les deux lieux dont elle réunit les noms : Passy lez Paris ; Vy les Lare; Cazouls les Beziers; Villeneuve les Avignon; et bien d'autres , car ces noms sont extrêmement nombreux dans toutes les provinces de France.
En provençal, c'est latz :
Ferabras cenh Florensa a son latz senestrier.
FUrahrtu, 1A7, éd. Imm. Bekker.
En espagnol , lado : à côté de , al lado de. Les Italiens disent lato.
Dans le dialecte de Bourgogne, la forme orthographique la plus habituelle est leiz :
Soniai un songe mirabilous et fier,
Ke il estoit aleiz esbanoier
Leiz la rivière sor un courant destrier.
Gerars de Viane, 1899-1901.
Lierres, subst. Larron. Voyez p. 81, 1. 8; et Larron.
Lieds, Liu, subst. Lieu. Voyez p. 137.
Lil, Liz, subst. Lis. Voyez p. i53.
Listé, Listeiz, adj.
Cf. Roquefort, s. v. Listé.
Cette épithète est si fréquente , dans les anciens poèmes , qu'il est singulier que Roquefort n'en ait point donné quelque exemple. J'y suppléerai, en faisant observer que dans les passages que je vais citer, il est difficile d'attribuer constamment à ce mot le sens précis que Roquefort lui a donné.
Il n'est nus hom ki de meire soit neiz, Que deviser seust les granz bonteiz Ne la richesce des granz palais listeiz.
Gerars de Viane, 3357-3359, Bekker.
Del palais issent, s'avalent les degreiz. Parmi les rues s'en sont à pié aleiz.
Gérard encontrent, le franc âme naturel, Qu'est descendus de son palais listé.
lai parleront ansanble. *
Gerars de Viane,Zàoo-Zhoh.
ij. dames voi en cel palais listé
Que por nos ont formant brait et crié.
Ibid. 2533-253/,.
Granz colz se donent sor les escus Ustéiz.
Ibid, 691.
Li quens Lanbers fut chevaliers menbreiz. L'anste brandist, don li fers fu quarreiz. Le destrier broche des espérons doreiz.
Fiert Olivier sor son escu listé , Ke tôt li ait frait et esquartelé.
Ibid. 763-767.
Il faut observer que l'épithète de bandé se trouve aussi fréquemment appliquée aux écus , dans le même texte :
Lanbert saisi par l'escu d'or bendey.
Ibid. 7M.
Loc, subst. Lieu. Voyez p. 137.
Loerres, subst. Louangeur. Voyez p. 86, Lia.
Loiàlté, subst. Loyauté. Voyez p. àb'j.
Loinx, Los, Lou, Loux, Loz, subst. Assentiment, louange. Voyez p. 1 53 , 1. 1 3- 1 8.
Losengier. Flatteur, adulateur, flagorneur, trompeur, médisant
Cet adjectif est très-fréquemment employé dans les auteurs du xiii* et du xiv* siècle. (Cf. ebanson viu\ du commencement du xiti* siècle, dans le Romancero françois de M. P. Paris, p. 4a.)
M. Paris a prouvé, par une note qu'il a mise sur ce passage, et par une autre , sur le même mot, dans le premier volume de Garin le Loherain, qu'il n'a point compris le sens de ce mot losengier et qu'il n'a pas même soupçonné à quelle étymologie il pouvait être ramen
Les auteurs de glossaires le dérivent du mot latin latu, par
des mots intermédiaires du latin barbare laadentia, flatterie, etc. Je pense que notre vieux mot losengier et l'italien lasingar doivent être rapprochés des termes allemands lobsanger, lobsingen, lobgesang.
Dist Balan : Rois, entendez envers moi. Ne croiex ia lossengier devant toi, Mes contien toi comme nobile roi, Si com out fet li prince devant toi.
Agolant, 1206-1209, Bekker.
Cf. Roquefort, au mot Losanger. Ce substantif a également son verbe de la même forme , noté par M. de Roquefort.
Cf. Raynouard, Jotirn. des Sav. Octobre 1818; ibid. Novembre 1829, p. 672 , où M. Raynouard soutient avec raison que ce mot ne nous vient pas de l'italien Iasingar.
Locs, Luc, subst. Lieu. Voyez p. 137.
Lous, Lox, Lus, subst. Loup. Voyez p. i33.
Luffre, adj. Gourmand, friand, écornifleur; peut-être aussi goinfre et glouton.
Premier assaillent leur prieur Qui estoit fort et vigoureulx ; Puis frère Jean de Tournay , Sot est et luffre, bien le scay; Puis frcre Gillon de Chiraux Qui le hutin redoute pau.
Le Triamphe des. Carmes, i3n, pièce de vers de Va lendenncs , xiV siècle, vers 279-28A, éd. À. Leroy et A. Dinauz.
Les éditeurs ont mis une note sur ce mot luffre, pour déclarer qu'il leur était tout à fait inconnu dans le patois de leur province et qu'ils pensaient qu'on devait peut-être lire rustre. Je crois cette correction malheureuse , et je penche à maintenir comme correcte la leçon des manuscrits. Le mot laffre a dû signifier goinfre, gourmand, et il est probable qu'il n'était point inconnu à Rabelais, qui a fabriqué le sobriquet de Lifrebfre pour désigner un
Suisse ou un Allemand. Cf. de plus Roquefort, s. y. Liefres, et Suppl. s. v. Liefres, Liejvres.
Cf. Rabelais, livre III, Prologue, 1. 1, p. aA3, éd. de l'Auhimye,
in-8-.
Luiteors, subst Lutteurs. Voyez p. 87, 1. i5.
Le m , Luns, subst. limon. Voyez p. 88.
Mai eur, subst. Maire. Voyez pp. 79, 80.
Maint, pron. ind. Plusieurs. Voyez pp. 367-370.
Maiour, Maires, subst. Maire. Voyez pp. 79, 80.
Maismement, adv. En latin Maxime. Voyez p. 375.
Maistrisamment, ad y. En maître, en souverain.
Omis par Roquefort, qui a noté maistrement avec une acception quelque peu différente.
« Le roy Jacques vouloit trop maistrisamment vivre avec elle. • (Mém. £ Olivier de la Marche, ch. 1, t. I, jp. a4o, Petitot.)
Majesté, subst. fém.
Mot nouveau en France, substitué au mot dignité, vers le milieu du xvi* siècle. Il avait été.jusqu'alors ^restreint à l'usage ecclésiastique. , . I *A
« Hs ont de tant avili la digni^ ou; (comme on a pois
t quelque temps en ça commencé 4$ jjajdep) la maiesté de Testât tfrançpis. > (Pierre de Saint Julien, De l'origine des Boargongnons et antiquité des estais de Boargongne; Paris, i58i, in-folio,
Gf. ibid. pp. i3i, i3a , 6o3.
Malarroy , subst. masc. Désordre.
C'est un mot composé sur lequel désarroy a prévalu depuis.
c Car chacun cremoit moult , tant pour ceux qui estoieht ja « morts comme pour le mal arroy où ils estoient. » ( Mém. de J du Clercq, 1. II, ch. xm, t. II, p. 3i, Buchon.)
Cf. Roquefort, s. v. Arroi.
Marrissant , part.
«Portant d'argent, à un serpent d'azur. Cestuy serpent. . . . « doit avoir sept toUrnans : dont l'un est noué près de la leste.
«saillant de la gorge un enfant, marrissant de gueulles. » (Mém. d'Olivier de la Marche, Introd; ch. i, t. I, p. io3, éd. Petitot.)
Ce sont les armoiries des ducs de Milan. Je pense que la fin de ce passage est mal ponctuée, et que pour la bien entendre il faut ôter la virgule après le mot enfant, et la reporter après le mot marrissant, qui alors pourra vouloir dire pleurant, larmoyant, criant Cette conjecture me semble d'ailleurs pleinement justifiée par la suite de ce passage, où l'auteur, racontant
l'histoire de l'origine de ces armoiries , dit : « La beste
«laissa la prise de l'enfant qu'elle avoit meurdri et pour
«celle vengence et victoire, les enfans dudict comte (qui depuis «furent signeurs de Milan) portèrent en leurs armes, d'argent, «à un serpent et l'enfant marrissant, en la manière dessus « blasonnee. » ( P. 1 oi. )
Maufaitires, subst. Malfaiteur. Voyez p. 86, 1. a3.
Mausut, part. Expliqué par Petitot mal suivi
Omis par Roquefort.
«Si fut mausuy en son emprise, et saillirent les Gandois à « grosse puissance, et mirent embusches sur le passage qu'il devoit «passer.» (Mém. d'Olivier de la Marche, 1. I, chap. xxvi, t. H, p. ia3, éd. Petitot)
Ce mot parait signifier ici l'équivalent de notre expression mal venu, mal advenu; on dirait aujourd'hui : «il fut mal venu dans « son entreprise, > pour dire : « son entreprise réussit mal. » C'est donc mal suivi pour dire mal réussi, au sens passif. On connaît, dans les composés du verbe suivre, des exemples de cette forme contracte dont le mot mausuy nous offre le participe : consuyr, suivre et poursuivre, est employé par Olivier de la Marche, 1. I, ch. xxv, t. II, p. 9a.
Mayeur, subst. Maire. Voyez p. 79, 1. a5.
Mectre, v. act. Mettre.
Cf. Orell, Alt Fr. Gr. p. 2 47, mectre jus, abolir.
• Le comte feit crier que il mec toit jus touts les subsides, impo- « sitions, quatriesmes et autres débit tes; et pareillement avoit fait
« mettre j*s à Péronne et à Mooididier. » (Mem. de Jmcmwes dm Clercq, L V, ch. xxx, 1 IV, p. 6,Bachon.)
On trouve aussi cette forme oa plus exactement cette orthographe en c du verbe mettre dans ses composés :
«Leur promettait de ce jamais eux requérir.* (Ibid. L II, ch. i, t II, p. 3.)
« Par quoi de legier il mecteroit le remenant à merchL • (Ibid. 1. V, ch. xxxiii, t IV, p. i5.)
c Ils traicterent se remectre en 1 obéissance du roy d'Angle- «terre. » {Ibid. 1. II, ch. h, L II, p. 5.)
« Le roy commeetwit trente six notables hommes du royaume. • (Ibid. 1. V, ch. lu, t. IV, p. 64)
« Le salua en se mettant a genoux. * [Ibid. L V, ch. urcn, t. IV,
« Sans ce que le doyen des tisserants se puisse entremectre de
«les renouveler. • (Ibid. 1. II, ch. lvi, t II, p. n5.)
« fit sans ce que les dits doyens y commectent quatre hommes « pour faire les eschevins. » (Ibid.)
Meesve, Meime, Meis*ie, Mem me, pron. ind. Même. Voyez pp. 370-37D.
Meietie, subst. Moitié. Voyez p. aai, 1. 3.
Meimekt, Meismemest, Mesmemekt, adv. Mémement Voyez
Meibe, subst. Mère. Voyez p. £07.
Meis, subst. Médecin. Voyez p. 73, 1. là-
Meis, subst. Mois. Voyez p. i54, 1. 2.
Meis, Mes , subst. Maison. Voyez p. i53, 1. 11.
Meite, Meiter, Meitte, subst. Moitié. Voyez p. 221.
Menait , verbe. Mena. Voyez p. à 7 5.
Mes, subst. masc. Mois.
Ce n'est qu'une forme orthographique , mais Roquefort n'aurait pas dû l'omettre.
« Sachez, sire, que puisque noslre maistre fu venus a Triple à « ly mie dou mes d'octobre. » (Lettre de Jot. de Cancy, de Tordue de
S. J. de Jérusalem, à Edouard 1" , roi £ Angleterre, écrite à la fin de 1281, ins. au Bull, de la Soc. de Vhist. de France, 1. 1, cah. 1-2, part. 11, p. 3.)
« Ceste criée fist faire par un mes, chacune semaine une fois. » (Ibid. p. 8.)
Mes, subst. Mets. Voyez p. i4g.
Mes, Mesaiger, Mesaiges, Mesaigiers, Mesaigies, Message, Messagier, subst. Messager. Voy. pp. 72,73; p. i55,l. 19; p. à§7-
Meu, subst. Mùid. Voyez p. 222, 1. 9.
Mielx, adv. Mieux. Voyez p. £70, 1. i4.
Milliair, Milliaire, subst. Millésime. Voyez p. 225.
Millor , adj. Meilleur. Voyez p. 457.
Mimes, Misme, Moieme, pron. ind. Même. Voy. pp. 370-375.
Miseur, Misieres, subst. Entremetteur, arbitre. Voyez p. 84.
Moes, Mois, subst. Mois. Voyez p. i53, 1. 26, 27.
Moitiet, subst. Moitié. Voyez p. 221. /
Moitoierie, subst. fém. Partage par moitié. Voy. p. 22 1, 1. 7.
Molt, Moult, Moût, Mûlt, adv. Beaucoup. Voy. pp. 376-379.
Monde, Mont, Mons, Monz, Mund, Monde, subst* Monde. Voyez p. 79.
Moutie, subst Moitié. Voyez p. 221,!. 2.
Molt, adv. Voyez Molt.
Monde, subst. Voyez Monde.
Nataolx, subst. masc. plur.
On appelait natal le jour de la fête de Noël. (Voyez Roquefort, au mot Natal.) De là, par extension, à ce que je crois, op a dit les quatre nataulx de Van, pour dire les quatre fêtes principales de Tannée.
« Le duc a un gvand maistre d'hostel.... il peut servir aux quatre « nataulx de Tan et quant le prince tient estât solempnd. * (Olivier de la Marche, Estât de la maison de Charles le Hardy, ann. 1A74» t. II, p. 489, éd. Petitot.)
Sur ce passage , Petitot donne la note suivante : « Quatre na- « taulx, quatre grandes fêtes. »
Nef, Nefs, Nrif, Nés, Niefs, subst. Vaisseau. Voyez pp. 96, 97.
Negun, pron. ind. Pas un. Voyez p. Ai 5.
Neiz , pari. Né , natif, fils de.
Omis par Roquefort.
D ne faut pas confondre ce mot avec niez, neveu, petit-fils; communément niez se trouve au sens de neveu, opposé à oncle (nepo$)\ neiz est le participe de naître, natif, né de, notas.
Par Deu , biaz oncles, or ai bel cop veu. De Tost de France est un doniels issus.
Ce dist Gérard : Belz niez , tôt ceo laissiez Se yos perdoie , ne seroie mais liez.
Vausaus, fait il, ie ai non Olivier,
Neiz suix de Gènes , filz au comte Rai nier.
Mes oncles est Dans Harnaus le guerrier.
Niez suix Gérard de Viane le 'fier,
Ke li rois veut de Viane chascier
Et par grant félonie. *
Gtrars de Viane, 67, 58; €5, 66; 90-9$, éd. Imm. Bekker.
Neluj, Neldy, pron. ind. Nul. Voyez pp. Aig-Aai.
Nes\ pour ne les dans le il. de Rou, 5645 , est ridicule avec cette apostrophe ainsi placée. Il ne faut point d'apostrophe.
Nés, subst. Voyez Nef.
Nés, subst. Nez. Voyez p. i54.
Nesuns, pron. ind. Pas un. Voyez p. Ai 4.
Neu, subst. fém. Nuit.
Cf. Roquefort, s. v. Neu.
M. Buchon a eu tort d'expliquer ce mot par nage dans le passage suivant :
« Estaient les loups si affamés qu'ils entroient de nuit es bonnes « villes et faisoient moult de divers dommaiges , et souvent pas- « soient la rivière de Seine et autres à neu. » (Journal d'un bourgeois de Paris, ann. Mai, p. 3o3, éd. Buchon.)
A neu signifie certainement : pendant la nuit, de nuit.
Neuns, pron. ind. Pas un: Voyez p. 4i5.
Nevou, subst. Neveu. Voyez p. 457.
Nief, Nies, subst. Neveu. Voyez p. 100.
Niefs , subst. Voyez Nef.
Noiaus, subst. Nœud. Voyez p. 122 , 1. 6.
Noielz, subst. Noël. Voyez p. 4i5.
Noiron.
Et dist Rollan : Jai n'oreiz yeriteiz,
Par cel apostre c on quiert en noiron prey.
Gerars de Viane, i35, i36, éd. Imm. Bekker.
Je pense que ce passage doit être ainsi ponctué, et non comme l'a fait l'éditeur, qui a mis un point après le premier vers , et une virgule après le second. Je crois que le serment qui termine ce vers 1 36 , se rapporte beaucoup plus naturellement à ce qui le précède qu'à ce qui le suit.
Mais par l'apostre c on quiert ou prey noiron,
D'entre nos ij. esmeust la tanson,
N'en faisiés en France vantisson,
K'en portixiés dou mien un soûl bouton.
Ibid. y. 146-167.
Oliviers Tôt, si commance à crier :
Par cel apostre c on quiert en noiron pré Se ie vif tant ke je soie adoubeiz . . .
Ibid. y. 159-161.
Ke par l'apostre c'on quiert, en noiron pré, Lance n'espee n en caindra a mon lé.
Ibid. y. 3a56, 3a57.
Je trouve dans une pièce de vers écrite à Valenciennes dans la première moitié du xiv* siècle, en langage français :
Parmy Vallenchiennes s «voient, Grant planté de gens les convoient;
Tant qu'on passe la boucherie Et le cambge et la saulnerie; Le pont noiron ont trespassez; En leur porte entre tous lassez.
Le Triomphe des Carmes, i3n, v. 375-378, éd. A. Leroy et A. Dinaux.
Il y avait donc alors à Valenciennes un pont qu'on appelait le Pont-Noiron. Les éditeurs prétendent que son nom véritable est celui de Pont Néron, et qu'il le tire de l'empereur romain , à un des lieutenants de qui. on en attribue la construction. Où ont-ils pris celte élymologie et de quelles preuves l'appuient-ils ? Os ajoutent que ce pont est plus ancien que la ville de Valenciennes, et que dans le xvu* siècle il a dhangé de nom.
Nolui, pron. ind. Nul. Voyez pp. £19, A20.
Nom , Noms , subst. Voyez p. 89.
Nouvel , adj. Nouveau.
Je remarque cette locution, homme sachant et nouvel, dans les Mèm. d'Olivier de la Marche, 1. I, ch. xxvm, t. II, p. 159, éd. Pelitot. Elle est expliquée par l'éditeur, « savant et d'un esprit « inventif. » Ce qui est fort ingénieux.
Nouz, Nu el, subst. Nœud. Voyez p. 122.
Nul, pron. ind. Nul. Voyez pp. £16-419.
Nulli, Nullui, Nului, pron. ind. Nul. Voyez p. 419.
Num, Nuns, subst Nom. Voyez p. 89.
Nunlz, Nuns, pron. ind. Pas un. Voyez pp. Ai 5, i\ 16.
Nus, pron. ind. Nul. Voyez p. £17.
Nuteit, subst. Nudité. Voyez p. 1 1 1, 1. 26.
Obli, subst. Oubli. Voyez p. 457.
OcniERREs , subst. Meurtrier. Voyez p. 86, 1. i3.
Octaucle, Octave, Octieve , subst. Huitième jour d'avant une fête. Voyez p. 2 2 5.
Octroi (j'), verbe. J'octroie. Voyez p. A78, 1. 21.
Oef, subst. Œuf. Voyez p. 1A0, 1. 6.
Oeil, Oels, Oelz, Oez, Oïl, Ois, Olz, subst. Œil. Voyez p. 123.
Oes, subst. Œuf. Voyez p. i4o, 1. à-
Oes, subst. Usage. Voyez p. 1A9.
Oevre, subst. Œuvre. Voyez p. 46g, 1. 26.
Oïl. Oui. Voyez p. 457.
Oist, subst. Camp. Voyez 108, 1. 2.
Oii, On, pron. ind. On. Voyez pp. 379*383.
Orgoil, subst. masc. Orgueil. Voyez p. 457.
Cette forme a été mentionnée par Roquefort, s. v. Orguile. Cf. au Suppl. s. v. Orguex. M. de Roquefort a noté, en tout, cinq formes diverses de ce mot; mais il a eu le tort, auquel il est trop sujet, de ne faire connaître aucune distinction entre elles, dans l'usage , et de ne donner nul exemple de leur emploi.
Orguilous, adj. Orgueilleux. Voyez p. 457.
Ormier, subst. masc. Ormer.
Ce mot paraît être formé de auram merum; l'abbé de la Rue, dans le Glossaire de son deuxième volume, p. 385, l'explique or pur.
Et ad ceinte sa espée, li pouz en fud ai ormer.
Rom. da. voy. de CharUmagne à ConstantinopU, prem. man. du xn* siècle, cité par l'abbé de la Rue, Ess. hist. sur Us Bardes, Us Jong. et les Trouv. Il, 96. .
Peut-être faut-il lire en deux mots or mer, en considérant mer comme un adjectif.
Cf. Roquefort, Gl. de la L. R. s. v. Ormier.
Car me rant or mon faucon que i'ai chier le te donrai xv. livres à' ormier, Dist Olivier : de folie oi plaidier.
le nel randroie por c. livres $ ormier.
Gerars de Viane, 77-80, éd. Imm. Bekker.
iiij. Miniers chargié d or esmerè.
Ibid. v. 780.
Cf. Roquefort, s. v. Esmerê.
Os, subst. Usage. Voyez p. 1A9, 1. ai.
Os , Osses , subst. Os. Voyez p. 1 58. Os, Ost, Osz, Oz, subst. Camp. Voyez p. 107. Ossib , v. act. Occire , tuer.
Roquefort n'a pas noté cette forme, qui est dégénérée de celle connue occir.
Si or t'avoie vancu nen afolé A toz iors mais me seroit reprové JCossis auroie un home desarmé.
Kier une espee tôt à ta volante.
Gcrars de Vian*, 2607-3610, Bekker.
S'estiens ore dedans vostre ost antrey Ainz ke Francoiz seuxent la veritey Ke nous fusiens apaié n'acordey, Serieni nos ossis et afolé.
Ibid. v. 36ao-36i3.
Vers Viane est Oliviers retorné Kant ot Antone ocis et afolé.
Ibid. v. 55a, 553.
Kant ie t'aurai ocis au bran d'acier.
Ibid. v. 2307.
Il paraît que dans le dialecte de Champagne et Bourgogne cette forme d orthographe et de prononciation était commune à tous les temps du verbe :
Il la perdit el bruel soi la ramee *
En la batailc ke molt fut redoutée, Lai où Yocist Maucon de Valfondee.
Ibid. v. 2679-1681.
Ostait, verbe. Ota. Voyez p. 4y5, 1. 26. Otrei, pron. ind. Autrui. Voyez p. 35i, 1. 19. Otres, pron. ind. Autre. Voyez p. 355* 1. ao. Oues, subst. Œuf. Voyez p. i4o, 1. 5. Overors, subst. Ouvriers. Voyez p. 87, 1. 16. Otlz, subst. Œil. Voyez p. ia3.
Pais, subst. Pas. Voyez p. i54, 1. i3.
Pais, Paix, subst. Paix. Voyez p. i5A.
Paisieule (dans la Chronique de Jean Von Heilu), 1287, 45/4.
L'éditeur a eu tort d'écrire paisievîe : tous ces t> devant l se prononçaient a.
Palais, Palaix, Paleez, Paleiz, Pales, Palez, Palois. Voyez p. i/48.
Palerin, subst. Pèlerin. Voyez p. 76, 1. 19.
Paliz, subst. Palis. Voyez p. i54.
Palz, subst. Pieux. Voyez p. 118, 1. 19.
Panre, verbe. Prendre. Voyez p. 45y.
Parakteiz , subst. Parenté. Voyez p. 1 12, L a 8.
Pareit, subst. masc. Parois.
L'abbé de la Rue , Gloss. p. 386, l'explique mur. Roquefort ne l'a pas connu.
Palez veient tut a marbre , Ni out maisun faite de arbre , Gemmes od l'or funt grant clarté Dunt li pareit sunt. entaillé ....
Poème sur le Voy. de saint Brandan au Paradis terrestre, écrit rers ma, cité par l'abbé de la Roc, Essais hist. sur lu Bardes, lu Jong. et lu Troua. II, 73.
Cette forme grêle, pareit , pareiz, est particulière au dialecte de Normandie; je crois que dans tous les autres on trouve paroy, parois, sans exception.
« Ainsi comme au milieu de la longueur de la sale, assez près « de la paroy, à l'opposite de la longue table, avoit un haut pil- «lier. » (Afem. êtOlivier de h. Marche, 1. I, ch. xxix, t II, p. 170, Petitot.)
Parleit, part. Parlé. Voyez p. 11 3, 1. 18.
Pas, subst. Pas. Voyez p. i54.
Passeor, subst. Passants. Voyez p. 87, 1. i3.
Peas, subst. plur. Peaux. Voyez p. 126, 1. 18.
Peceor, Pecheors, Pechieres, Pegieres. Voyez p. 83.
Peci erres, subst. Pécheur. Voyez p. 86, 1. 6.
Ped, Pied. Voyez p. no, 1. i5.
Peire, Peires, subst. Père. Voyez pp. 73, 457.
Pel, subst. Pieu. Voyez p. 1 1 8, 1. 17; p. i33, 1. 1 .
Pel, subst. Peau. Voyez p. 126, 1. 17.
Pèlerins, subst. Pèlerai. Voyez p. 76, 1. 18.
Peneux, adj.
La sepmaine peneuse , la semaine sainte.
Roquefort Ta noté , mais non point avec le sens primitif qu'il a dans celte locution.
« A un mardi, douziesme jour d'avril, Tan mil quatre cent qua- « rante cinq, en la sepmaine peneuse, entre la mi-nuit et prime du «jour, gela si très fort. .. » [Journ. d'an bourg, de Paris, ann. i445, p. 536, éd. Buchon.)
Pequin ou Pékin, subst.
Les soldats donnent ce nom, par dérision et par mépris , à tous les hommes étrangers à la profession des armes. 11 est ancien dans la langue; on pourrait le dériver de irÂyanç , paganus, qui «Hait employé anciennement de la même manière et dans un sens par* faitement analogue.
Voy. toutefois du Cange, ad v. Piquichini, et Carpentier, ad i. v.
Perchevoir, Apperchevoir , verbe act.
Ils perchearent, ils s'aperçurent. (Mém. de Jacques du Clercq, 1. II, ch. 11, t. II, p. 5, éd. Buchon.)
L'emploi de ces deux verbes, ayant une signification tout à bit synonymique, est cependant loin d'être arbitraire. Du Clercq parait préférer l'emploi de apperchevoir quand le verbe est réfléchi et précédé du pronom réfléchi se; ainsi il dit constamment s' apperchevoir, et je ne connais pas un exemple de perchevoir usité de cette façon. Mais il dit perchevoir quand le verbe est actif et suivi de son régime direct. '
Ces formes, au reste, sont particulières aux dialectes de Flandre et de Picardie.
• Ils s'avallerenl lui quatorziesme, la nuict ensuivante, hors du « chas tel, sans ce que ceux du dedans s'apperchussent de son allée, «jusque ce que vint le lendemain matin. Quant ceux de Gavres tperchurent leur capitaine et une partie de ses gens eschappés.... » (Mèm. de J. du Clercq, ch. l, p. 101.)
Pescheres, Peschierres, Peschur, Pescurs, subst. Pécheur. Voyez p. 86.
Peseires, subst. Peseur^ Voyez p. 86, 1. 7.
Petoyer , v. act. Fréquenter, parcourir, fouiller, hanter.
Cf. Roquefort , s. v. Patoier, Pietoier.
« On les voyoit touts les jours petoyer le marché d'Arras. » (Ibid. 1. IV, ch. lxi, t. III, p. ao4, éd. Buchon.)
On dit encore patauger.
Pedle, Peu les, subst. Peuple. Voyez p. 7^, 1. 3.
Peus, subst. plur. Poils. Voyez p. 139, 1. 17.
Peds, Pex, subst. plur. Pieux. Voyez p. 118.
Pez, subst. plur. Pieds. Voyez p. 1 10 , 1. 16.
Pez, subst. Paix. Voyez p. i54, 1. 9.
Piax, subst. plur. Peaux. Voyez p. 126, 1. 20.
Pieça, adv.
« B y a pièce de temps , pièce-y-a , » pour dire : Il y a quelque temps. On dit encore , dans le langage du peuple : « Il y a un bout « de temps , un bon bout de temps. »
Roquefort a donné à ce mol contracte, pieça, dont la véritable origine ne paraissait pas difficile à démêler, une élymologie tout à fait ridicule; et il a été d'autant plus répréhensible de tomber dans cette bévue , que la vraie formation du mot avait été dès longtemps indiquée.
Cf. Henri Estienne.
Piel, subst. Poil. Voyez p. 139, 1. 5.
Piex, subst. plur. Pieux. Voyez p. 118, 1. 23; p. i33, 1. 2.
Piexe, subst fém. Pièce.
On le trouve employé, une piexe, au sens de quelque temps, un peu de temps.
t Le rey demora por reposer ses bestes une pi exe. Samagar sen « parti et alla autre chemin. » (Lettre de Jos. de Cancy, chev. de l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem, à Edouard I" ', roi d'Angleterre, écrite vers la un de 1281, impr. au Bulletin de la Société de Thist. de France, t. I, part. 11 , p. 7.)
Pix, subst. plur. Pieux. Voyez p. 118, 1. 2 A.
Placqde, subst. fém.
Roquefort l'explique bien : «sorte de. monnaie;» j'y ajoute les renseignements suivants :
« En ce temps couroit une monnoie à Paris , nommée plaques . « pour douze deniers parisis , et estoient de par le duc de Bour- « gogne , lesquelles placques , quant on veiz que chacun en avoit «ou pou ou grant, on les cria parmi Paris le samedi deuxiesme «jour de novembre mil quatre cent vingt cinq à huit doubles, « qui avoient esté prins pour neuf doubles , dont grant murmure «fut; mais à souffrir le convint, quoique le cueur en doulust » (Journal d'un bourgeois de Paris, ann. i4a5, p. 355, éd. Buchon.)
Plamer, v. act.
Mettre sa lance en arrêt, lui donner la direction horizontale et plane.
Roquefort a noté un participe plamé , qu'il a eu tort de croire incorrect.
Le destrier broche , le roit espié brandi. •**
Mervillous cop sur l'escut le feri.
De chief en autre le perça et fandi.
Fors fut faubers ke maile n en rompi,
Ke Tait de mort tansié et guaranti.
Plante sa lance, dou cheval l'abati.
Tire sa raigne, sestariere guenchi.
Gtrart de Viane, i65A-i6&g, éd. 1mm. Bekker.
Plesur, Pluiseurs , Pluisors, Pluisours, Pluriedx , Pldseur , Plusieurs, Plusors, Plusours, Plusur, Pluxours, pron. Plusieurs. Voyei pp. 383-386, 457.
Poe, adv. Peu. Voyez p. 457.
Poer, subst. Pouvoir. Voyez p. 469, 1. 27.
Poestive, adj. Puissant. Voyez p. 469, 1. 26.
Poet, verbe. Peut. Voyez p. 469, 1. 27.
Poetteit, subst. Puissance. Voyez p. 1 1 1, 1. 1 5.
Poighon , subst. maso. La mesure qu' on appelait autrefois , à Paris , un poisson; elle a cessé d'être en usage. Dans plusieurs provinces on dit une poche, un pochon, avec une signification tout à fait analogue. Ce ne sont que des formes différentes du même mot.
Frère Gille, dit le prieur, Nous ne sommes cy que nous deux, Or nous donne par courtoisie Un g peu de frommaige de Brie Et plain poichon de vin d'ansoire.
Le Triomphe des Carmes, i3u, vers de Valencienncs, xnr* siècle, i35-i3g, éd. A. Leroy et A. Dinaux.
Poil, subst. Poil. Voyez p. i3g, 1. 4-
Pointure, part. Peinturé, peint. Voyez p. 457.
Pois, subst. Poids. Voyez p. i54.
Poissant, adj. Puissant. Voyez p. 457.
Poisse, verbe. Puisse. Voyez p. 457.
Ponée, subst. fém. Peine, dommage.
C'est, je pense, une forme. irrégulicre occasionnée par la rime pour poine, et, s'il en est ainsi, un exemple de plus de l'extrême licence de nos anciens auteurs dans l'orthographe et dans la permutation des sons de la langue.
Mais la novele fut à Kailon contée.
Par mautelant ait sa barbe iuree, N'i ait bairon de si grant renommée S'il H faisoit outraige ne ponte Ke nel pandise à un arbre ramee.
Gtrars de Vianc, 3954-2958, Bekkec.
Poosteit, Poosteiz , subst. Puissance. Voyei p. 1 1 1.
Poote (lis. pootè). Poestè. Puissance,
Li hons de poote. Mot à mot, homme de puissance. Cest ainsi qu'on appelait, aux xn* et xm* siècles, les roturiers qui n'étaient pas serfs.
Beaumanoir (Contâmes de Beauvoisis, ch. xlviii), dit : que l'homme de pootè qui acquiert un franc fief, participe, par suite de cette acquisition , aux droits des gentilshommes , de ne plus être jugé que par ses pairs, de faire hommage à son seigneur, etc. (Voyez Laurière, Ord. des R. de Fr. 1. 1, Préf. p. xm.)
Por, prép. Pour. Voyez p. &b*].
Porc, Pors, subst. Porc. Voyez p. 99.
Pot, verbe. Peut. Voyez p. 457.
Preiz, subst. Prés. Voyez p. 457.
Pri, verbe. Prie. Voyez p. 478, 1. 22.
Priuson, Prinson, subst. Temps entre dix heures et minuit. Voyez p. 224, Lai.
Prinsoir, subst. Commencement de la soirée. Voyez p. aa4, L 19.
Pris, subst. Prix. Voyez p. i54.
Prou , adj. Preux. Voyez p. 457.
Puple, subst. Peuple. Voyez p. 74» L 8.
Qoàn, Qoans, Quant, Quantes, Quanz, Quaunz, pron. ind. Quant. Voyez pp. 338, 33g.
Quanconque, pron. ind. Tout, tout cela, tout ce que. Voyez p. 34i.
Quanque, pron. ind. Tout ce que, autant que. Voyez p. 339.
Quarentaine, subst. Espace de quarante jours. Voyez p. aa4, L 5.
Quart aige, subst. Mesure de grains, mesurage. Voyez p. aa3 , L îa.
Quartiers, subst. Quart. Voyez p. aaa.
Que.
Mult fet ke sage ki Dex sert.
R. de Rom, 7011, éd. Ploqnet.
M. A. L. P., dans une note sur ce vers, suspecte, je ne sais pourquoi , cette leçon qui me semble fort bonne. La variante qu'il rapporte est défectueuse.
Quecunque, pron. ind. Quiconque. Voyez p. 337, 1. 17.
Quelconques, pron. ind. Voyez p. 337.
Quelque, pron. Quelque. Voyez p. 33a.
Quens , subst. Comte. Voyez p. 77 ; p. £70, 1. 3.
Quérir, verbe act.
Les significations et les formes des temps de ce verbe ont singulièrement varié.
Qait, 3* pers. sing. du parf. déf. indic. signifiant atteignit dans le passage suivant :
« Car par deux fois entresuyvans le qait le signeur de Charny « au pié. Fièrement se requirent les chevaliers ; et soustenoyent et «Tun et l'autre de grans coups sur leurs haches. » (Mém. d'Olivier de la Marche, liv. I, ch. vin, t. I, pp. 33 1, 33a, éd. Petitot.)
Querroie, verbe. Chercherais. Voyez p. A78, 1. 29.
Quex, pron. Quelle. Voyez p. 33o, 1. 10.
Quintaine, Quitaine. Joute, combat en champ clos.
Cf. Roquefort, s. v. Quintaine. '
Se il vos plaît , le congié me doneiz. Une quitaine me laisisiez fermer.
Tost i ferroient cil novel adoubeit De Tost de France , cil ligier barcheleir.
Gerars de Vian», 364-367, Bekker.
En la quitaine vodroit premier ioster.
lbid. v. 375.
Li dus Rollan ni vot plus delaier.
Enmi le prei ait fait iij. palz fichier Et par desnz iij. fors haubers doublier. Lors s'aparoilent cil bacheler ligier.
Lai veissiei acemer maint destrier.
Espiez et lances brandir et pamoier.
Dedans Viane est li quens Olivier,
Deleiz lui Aude que tant fist à proisier. Aval reguarde li gentis chevalier, Voit la quitaine enmi le pré drescier : Ne fust si liez por c. livres d'ormier. Lors se propanse li nobile guerrier Qu'à la quitaine Yoraitlerir premier.
Geran de Viane, y. 3gi-ao3.
Au xvii" siècle , ce mot s'employait généralement avec le sens absolu de : t but, point de mire , ehamp d'ébats. » Régnier, Scarroii l'ont employé dans leurs vers. Tallemant des Réaux a dit : « Trois t ou quatre jeunes gens de la cour ayant, par folie, gagé à qui en « feroitle plus en une nuit, après avoir pris des drogues pour cela , « on dit que ce fut elle qui leur servit de quintaine. D en mou- • rut deux, je pense, et les autres furent bien malades. » (Historiettes, III, 197.)
Cf. Liste alphab. de quelques mois en usage à Rennes, par Lemiere de Corvey, au mot Quintaine, dans le vol. Mélanges sur les langues, dialectes et patois (par Coquebert de Montbret), Pari), i83i, in-8°, pp. a65, a 66. ' *
Richelet, Dict. s. v. Quintaine.
Ce mot est encore dans le Dictionnaire de Boiste.
Cf. du Cange, Histoire de S. Lovys, écrite par Jean sire de Joinville, Paris , 1 668 , in-fol. ; Dissert, sur Vhist. de saint Louis, Diss. vu, pp. 174-185.)
Quinzeme, subst. Quinzaine. Voyez p. 323, 1. 27.
Qui qui , Qui qui oncques. Voyez p. 335.
Rai, Raiz, subst. Rayon. Voyez p. i55.
Raim, Rains, subst. Rameau. Voyez p. 89.
Raïs, subst. Racine. Voyez p. i5&.
Ramier, subst. masc. Le rameau, la branche.
C'est un mot collectif, signifiant les rameaux, le branchage, la feuillée , le feuillage d'un aifcre. Roquefort ne Ta point connu dans ce sens. C'est un mot regrettable, car nous l'avons perdu depuis , et le français n'a plus rien qui le remplace en son sens
collectif , depuis que le mot ramée, qui l'avait remplacé, ne se dit plus que d'un amas de bois sec ou fraîchement coupé. On dit aussi ramage, mais dans le style badin, et plus particulièrement des rameaux peints sur les tapisseries et sur les étoffes.
Ainz ne fenait , s'est venus a vergier L'oisel appelle ke siet sor le ramier Et il s'asist sor son poig senestrier.
Gerart de Viane, 71-73, éd. Bekker.
Ramon , subst. masc. Balai.
Cf. Roquefort , au même mot.
Il y a un mot remace, avec le même sens , usité dans quelques provinces de Test de la France , la Lorraine et la Franche-Comté. (Voyez Coquebert de Montbret , Mél. sur les langues et patois, Vocab. du patois du Jura, 197.)
• Les serviteurs de l'eaue servans doivent porter l'eaue en la «chambre du prince, et livrent caches et ramons. . . » (Olivier de fia Marche, Estât de la maison de Charles le Hardy, ann. îâjh, dans ses Mémoires, t. II, p. 544, éd. Petitot.)
Rançon, contracté de Redemptio.
Il est à remarquer que ce mot rançon ayant, par l'usage durant le moyen âge, perdu le sens propre de redemptio, redemtio, son primitif latin, et ayant passé à un sens particulier beaucoup plus restreint, on a repris depuis, dans le latin, le mot rédemption, formé directement et hors de la participation du peuple, de redemptio, dont il a conservé ainsi le sens général.
Peut-être faut-il faire dériver rançon d'un reemptio.
Rant (je), verbe. Je rends. Voyez p. 478, 1. 22.
Reconteors, Reconteres, subst. Conteur. Voyez p. 84, 1. 16.
Redisme, subst. Dixième partie de la dime. Voyez p. 223, 1. 8.
Rei, Reis, subst. Roi. Voyez p. 74, 1. i3.
Rend ères, subst. Rendeur. Voyez p. 86, 1. 18.
Reon. Royaume.
Avec cette signification , ce n'est qu'une forme d'orthographe ,
j'ai presque dit une faute, pour roion, qui est constamment usité. Cf. a834,3o46, i58i.
Se uns ne meurt, de verte le savon Gastee en serait France et trestot le reon, Et cist pais mis à destruction.
Gerars de Vian», a5o4-a5o6, Bekker.
Au chief dou terme ke nommé vos avons En alait Karl es an Espaigne ou reon Sus Sarazins , ke li cors deu mal don , Ke sa terre orent mise à destruction.
Ibid. v. àol\5~àohS-
Reon signifie aussi rond (rotundus) :
Enpoint le bien , si l'abait el sablon Puis trait Tespee dont à or est li pon Et fiert un autre sor son elme reon Ke tout envers le rabait ou sablon.
Ibid. v. i6Ao-i6&3.
Rescouir,v. act. Recouvrer, reprendre, enlever.
Roquefort Ta écrit rescouyr. C'est le verbe du substantif, trèsconnu et très- souvent employé par les auteurs des xiv* et xv* siècles, rescousse, délivrance.
« Et leur vint à l'encontre sagement , les prenant à son avan- « tage : et porta ausdicts Gandois très grand dommage : et en occit «plus de cinq cens; et leur rcscouit leur proye. • (Mém. d'Olivier de la Marche, 1. I, ch. xxvi, t. II, p. \it\, éd. Petitot.)
Ici , leur rescouit leur proye, veut dire : leur reprit, à leur retour d'une expédition qu'ils avaient faite sur les terres de leurs voisins , le butin qu'ils y avaient enlevé.
Retraire, verbe. Voyez Tirer.
Rimoieres, subst. Rimeur. Voyez p. 86, 1. ai.
Ris, subst. Rire. Voyez p. i55.
Robeivet, verbe. Dérobait. Voyez p. £78, 1. 3i.
Rois, subst. Roi. Voyez p. 74, 1. 9.
Roit, adj. Roide. Voyez p. hiïq.
Roncins, Roncinz, Roncis, Rousin, subst. Cheval entier. Voyez p. 91. '
Roquet, subst. masc. Bâton.
Roquefort n'a point donné d'exemple de l'emploi de ce mot. D est très-commun dans les chroniqueurs de Flandre du xv* siècle, dans George Chastelain, Jacques du Clercq, Olivier de la Marche , Mathieu d'Ëscouchy, Jean Lefebvre de Saine t Remy, Jean Chartier, Monstrelet, Froissart.
« .... Et fut le cry tel. . . . que le jour que mondict signeur «feroit son banquet, lesquels banquets se faisoyent l'un après « l'autre , l'on le trouverait en la dicte vile , armé de harnois de «jouste, en selle de guerre, pour jouster à la toile, de lances de « mesure et de courtois roquets à l'encontre de tous ceux qui venir «y voudroyent. » (Mêm. d'Olivier de la Marche,]. I, ch. xxix, t. II, p. 161, éd. Petitot.)
Rousin , subst. Voyez Roncins.
Roye, subst. Raie. Royè, royèe, partie. Rayé, rayée.
Cette forme, propre au dialecte de Flandre, se trouve plusieurs fois dans Y Histoire de Charles VII, de ihàà à i46i, par Mathieu d'Ëscouchy ou Mathieu de Coucy, écrite à Péronne en Vermandois, et imprimée dans Y Histoire de Charles VII , par Denys Godefroy, Impr. roy. 1661, in-fol. pp. 67a seqq.
Rueleit, part. Réglé. Voyez p. 11 3, 1. 17.
Saias, subst. plur. Sceaux. Voyez p. 126, 1. 28.
Salvaor, Salveires, subst. Sauveur. Voyez p. 83.
San, Sanc, Sancs, Sans, Sanz, subst. masc. Sang et Sens. Voyez p. 99.
J'ai expliqué, au mot Chaingier, à propos d'une locution qui est fréquente dans les textes du xm* siècle, la règle d'orthographe relative à ces mots.
J'ai dit que le mot écrit san, dans les cas indirects , signifie toujours sens, et notamment dans la locution dont j'ai parlé. Voici un exemple qui confirme cette opinion, donnant au mot san une
épithète qu'il ne pourrait avoir, s'il signifiait autre chose que sensus.
Karles le voit, près n'ait le son dervé.
En haut escrie per molt ruste fierté.
Gerars de Viane, 1727, 1728, éd. Bekker.
A vois escrie : Chevaliers, où vais tu ? S'ensi t'en vais, ta ais le son perdu.
Ibid. v. 3io, 3n.
Ainsi, clans tous les passages que j'ai cités jusqu'à présent, sans exception , le mot san et sans signifie sensus , raison , sens , esprit. Dans les suivants, on aura des exemples de sanz et sanc
(sanguis, sang) :
Desi k'en terre est l'espee glacie.
Voit l'Olivier : toz li sanz li fremie.
Ibid, v. 2786, 2787.
Tel voz donaise sor le neiz de mon poig Ke le clerc sanc s'en isist abandon Voiant toz. cealz dou siège.
Ibid. v. 1 43-iii5.
Là chair ot blanche comme flors en esté. Li sans vermous li est el vis monteiz.
Ibid. y. 645, 646.
Rollan Tentant, toz li sans l'en frémi Por honte de son oncle.
Ibid. v. i863, 1864.
Sarci, Sarcie, part
Roquefort a tout à fait omis ce mot, jadis fort usité; sardr signifiait coudre, ourler, raccommoder.
Mais li brans tome vers senestre partie :
Si descendi sus la targe bnrnie.
De chief an chief Tait copee et tranchie ,
Et li giron de la broigne sarcie.
De si k'en terre est l'espée glacie.
Gerars de Viane, v. 2782-2786, Bekker.
Un verbe resarcir, signifiant raccommoder, et usité dans les provinces , est encore dans le Dictionnaire de Boiste.
Saurait, verbe. Saura. Sadroit. Saurait. Voyez p. 476, 1. 28 et 29.
Seaul, subst. Sceau. Voyez p. 126, 1. 27.
Segneur, Seigneur, Seignour, Seignurs, subst. Seigneur. Voyez p. 80.
Seloil, Selous, subst. masc. Le soleil.
Au matinet au seloil esclairier Li rois se lieve por soi apparilier.
Gerars de Viane, 3&79, 348o, Bekker.
Le même texte écrit U selous, 1970; selaus, 1272. Ce n'est point une irrégularité; c'est au contraire par suite d'une règle constante et fréquemment observée. La voici: les noms en oil, dans les cas du sing. ou du plur. où ils doivent prendre un s, changent leur terminaison d'oiZ en ous et aus; p. ex. sing. rég. vermoil, 2373; sing. suj. vermous, 646.
La forme régulière et directe du nominat. sing. est li selous; l'autre forme, selaus, au seul endroit où elle se rencontre, me parait motivée sur ce qu'en cet endroit, le substantif n'est point précédé de son article et est ainsi construit d'une façon , en quelque sorte irrégulière :
Le matinet kant selaus iert leveiz.
Gerars de Viane, v. 127a.
Cependant je dois observer que généralement l'absence de l'article, qui est fréquente, ne parait avoir aucune influence sur la forme des substantifs.
Sels, pron. ind. Seul. Voyez p. 38g , 1. 9.
Sen, Sens, Senz, subst. Sens. Voyez p. i55.
Seneors, Sen nu r, Seugneur, subst. Seigneur. Voyez p. 80. Sieres, Signeur, Signor, Signoua, Singneur , Sires, subst. Seigneur. Voyez ibid.
Sent, Seu, Seut. Si en. Voyez p. 362.
Seul, Seus, pron. ind. Seul. Voyez pp. 387-689.
Seulement, adv. Seulement. Voyez p. 389.
Sect. Voyez Sent.
Siu, subst. Suif. Voyez p. i38, 1. à.
Sol, pron. ind. Seul. Voyez pp. 387-389.
SOLAIL, SOLALS, SoLADS, SOLEIL , SOLEL, SOLEUS , SoLOLZ ,
subst. Soleil. Voyez pp. 116, l\^y]\ et Seloil.
Sole ment , adv. Seulement. Voyez p. 389.
Soliteit, subst. Solitude. Voyez p. 111, 1. a5.
Solum, prép. Selon. Voyez p. £70, 1. 4.
Sor, prép. Sur.
Soûl, pron. ind. Seul. Voyez pp. 387-389.
Soulemant, Soulement, adv. Seulement. Voyez p. 38g.
Sous, Souz, Soz, pron. ind. Seul. Voyez pp. 387-389.
Suen, Suens, subst. Son. Voyez p. 76, 1. i4.
Suivre, verbe.
Cf. Orell. Alt Franz, Gramm. pp. 257 seqq.
« . . .Et furent tués si grand quantité de menues gêna qui suent « l'ost qui estoient ansint comme une cité pleine de gens que l'en a n'en post saver le nombre. » [Lettre de Jos. de Cancy, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem , à Edouard F*, roi à" Angleterre, écrite vers la un de 1281, impr. dans le Ballet, de la Soc. de l'hist. de France, 1. 1, part. 11, p. 5. )
Il faut remarquer que dans le dialecte où se rencontre cette forme sèche de notre verbe suivre, on trouve pareillement une forme sèche de cuider, qui plus communément était mouillé :
t Porce qu'il cudoit que Abagua deust venir avant à Damas que «luy. » (Ibid. p. 4.)
Seu, part. pass. Suivi, dans Gerars de Viane, 3A98, éd. Bekker*
Sul , pron. ind. Seul. Voyez pp. 387-389.
Sulement, adv. Seulement. Voyez p. 389.
Tal, Tals, pron. Tel. Voye« pp. 396, 397.
Tanque , Tant que, Tant eu m, Tant comme. Jusqu'à ce que, à tel point que, si bien que, pendant que. Voyez p. 39 A, 1. a 6.
Tanrement, adv. Tendrement. Voyez p. lib'j.
Tant eu m. Voyez Tanque.
Tant, Tantes, Tanz, Tadn, Tadnt, Taunz, pron. indéterminé. Tant. Voyez pp. 389-395.
Tant ne qdant. Ni peu ni beaucoup, point du tout. Voyez p. 393, 1. 6.
Tant qde. Voyez Tanque.
Tantant, adv. Autant. Voyez p. 3g5, 1. 26.
Tau , Tads, pron. Tel. Voyez p. 39, 1. 17; 4oi.
Teil , Teiz , Tel , Telz , Tedlx , Tecs , Tedx , Tex , Tez , Tiel , Tielx, Tiedlx , Tiedx , Tiex, Tiez, pron. Tel. Voy. pp. 396-/101.
Tierce, subst. fém. Tiers. Voyez p. 221, 1. 17.
Tiers, Tierz, subst. masc. Tiers. Voyez p. 222.
Tirer. Se tirer.
Dans le langage du xv* siècle, traire, retraire, se traire, se retraire, signifie «se retirer, se réfugier, fuir, faire retraite,» dans le sens d'un mouvement en arrière qui n'est pas libre , d'une direction vers un but fixe , qui est commandée par la crainte, la nécessité ou le soin du salut de la personne qui fuit; tirer, se tirer, au contraire, signifient « aller vers, se diriger vers, se rendre à, » en supposant pleine liberté , et en ne voyant dans cette action qu'un acte libre de la volonté de la personne qui l'exécute. Les exemples de cette diverse acception des deux mots sont très-nombreux :
« Quant le duc eut partout envoyé ses lettres pour faire assem- « bler gens d'armes , si se tira à Grandmons , une petite ville à « cinq lieues près de Gand. » (Mém. de J. da Clercq, 1. H, ch. vin, t II, p. 18, éd. Buchon.)
Tochier , verbe. Toucher. Voyez p. hb'j.
Torse, subst. fém. Bougie, chandelle.
Cf. Roquefort, s. v. Torse de chambre.
Il est évident que les mots torse et torche , ayant tous deux la même signification de bougie ou flambeau, ne sont que deux formes distinctes d'un même thème, identiques quant à leur radical. Je pense que ce sont des formes dialectales.
« L'escuyer de cuisine .... doit avoir tous les jours une petite « torse, qui luy doit estre délivrée tibia fruiterie, et quand le prince « souppe, l'escuyer de cuisine doit avoir la torse allumée au poing. » (Olivier de la Marche, Estât de la maison de Charles le Hardy, ann. là*] à* dans ses Mèm. t. II, p. 5ao, éd. Petitot.)
Tôt. Tout. Tote. Toute. Toz. Tous. Voyez pp. 457, 4o3-4o8.
Totes voies, loc. adv. Toutefois. Voyez p. 4io, 1. i5.
Tous, subst. fém. Toux. Voyez p. i56.
Tous, Tout, Touz. Tout, tous. Voyez pp. &o3-4o8.
Traire, verbe. Voyez Tirer.
Trechiere, Tricheor, subst. Trompeur. Voyez p. 85, 1. 27.
Trep, Trefs, Treif, Treiz , Trez, subst. Tente. Voyez pp. 97, 100, 11 A-
Trencheors, subst. Sapeurs. Voyez p. 87, 1. 10.
Tressaue, subst. masc. Trisaïeul. .
Je pense qu'il faut lire le v comme une consonne et prononcer tressave. Roquefort n'a point connu ce mot; mais si l'interprétation que j'en hasarde par conjecture est la vraie , il a noté une forme qui s'y rapporte dans le mot très avelets; je l'écris comme lui , c'est-à-dire fort mal. H doit évidemment être écrit en un seul mot.
Roquefort n'a d'ailleurs fait connaître nul exemple de son emploi. Voici le mot tressave, qui s'est écritoans doute aussi avec un seul s.
Bien voil quel sachent cil chevalier menbreiz : Viane fut mon aioel, ce saveiz, Et mon tressave, c'est fine vérité, Mes aioels fut duc Bueves li berbeiz , Pluis de c. anz tint quitte cest raigné.
Gerars de Viane, 1194-1198, BckJter.
Trestant, adv. Autant d'autres. Voyez p. 3g4, 1. 8. Trestot.Trestodt, Trestuz, pron. ind. Tout. Voyez pp. 4oo, 4io.
Tuez, subst. Voyez Tref.
Treze, nom de nombre. Treize* Voyez p. a 3a.
Trezerie, subst. Corps de treize magistrats ; leur dignité. Voyez p. a4a, 1. 20.
Truis, verbe. Trouve. Voyez p. 457.
Tuit, Tut, Tuz, pron. ind. Tout, tous. Voyez pp. 4o3-4o8.
Tuteveie, adv. Toutefois. Voyez p. 4io, 1. i5.
Uef, subst. Œuf. Voyez p. i4o, 1. 7.
Ueil, Uel, Uiel, subst. (EU. Voyez pp. ia3, ia4.
Ues, subst. plur. Œufs. Voyez p. i4o, 1. 8.
Um, Un, subst. Homme. Voyez p. 379.
Un, pron. ind. On. Voyez p. 4i 1, 1. 6.
Unlz, Uns. Un. Voyez p. 4n; p. Ai 6, 1. ai.
Us, Uz, subst. Usage. Voyez p. 149, 1. 26, 37.
Vai , verbe. Va. Voyez p. 457.
Vaincu, part. Vaincu. Voyez p. ùb'j.
' Vasaus, Vassalz, Vassas, subst. Vassal. Voyez p. ia6.
Veel, Veeles, subst. Veau. Voyez p. 1 56, 1. ai.
Veez , verbe. Voyez. Voyez p. 457.
Velonie. Félonie, vUenie.
Ces mots me paraissent identiques, quant à leur origine, et je pense que vil, vilain, félon (vil hon), vilainie , félonie , ne sont que des formes distinctes d'un seul et même mot, vilis, vilis homo.
Cant Olivier ait la parole oie Don duc Rollan qui ansi le mastrie Se il l'osaist faire san velonie, N'en feist plus por tôt l'or de Pavie.
Gtrars de Via**, 3769-2773, éd. Bekker.
Ni esteiz vos, pucele seignorie?
Si je! demans, nel teneizfc folie Car nel demans por nule velonie .
Ibid. v. 1787-1789.
Veneor, Vénères, Veneurs, subst. Veneur. Voyez p. 83. Vengerres, subst. Vengeur. Voyez p. 87, 1. ao.
Vertdit, subst. Vertu. Voyez pp. 109, 457- Veux, subst. Voix. Voyez p. i3p,, 1. 17. Viau, subst. Veau. Voyez p. i56, 1. 23. Vielior, subst. Joueur de vielle. Voyez p. 87, 1. 8. Viezeit, subst. Vieillesse. Voyez p. 11 a, 1. a. Vis, subst. masc. Visage. Voyez p. i56. Vodroie , verbe. Voudrais. Voyez p. 478, 1. 3o. Voir, subst. masc. Verre.
Quérir le va, ne sen déporte, Et avec ce ung voir aporte De flequier précieux et grand.
Le Triumplie des Carmes, i3n , v. i/j3-i£5, éd. À. Leroy et A. D in aux.
Sur le mot jlequier, les éditeurs ont remarqué que c est sans doute le nom d'un village, aujourd'hui détruit, qui a existé dans TOstrevant , entre Bouchai n et Douay. Il est mentionné dans le 4)ict. geogr. de d'Expilly, t. III, p. 178. D est probable qu'il y existait une verrerie renommée dans le xiv* siècle.
Vois, Voix, Voiz, subst. Voix. Voyez pp. 139; 147, 1. 7; i56.
Voloit. Voulait. Vot. Veut. Voyez pp. 457; 475, 1. 27.
Vosd, Votos, adj. Voûté, voussé, arrondi.
Tel est le sens propre de ce mot ; mais par une synecdoque dont l'usage est très-fréquent dans nos anciens auteurs, on le trouve employé comme épithète avec le sens de bien bâti, d'une grande
et belle architecture.
Biau nies, dist Karle, bien soies vos venus Molt longemant vos estez conbatus Ke dist Gerars? don n'est il recreus?
Rendrait nos il cet grant palais votai?
Gerars de Viane, 3i5a-3i55, Bekker.
Puis l'en menèrent ou grant palais vosu. Encontre vait bêle Aude.
Ibid. 319a, 3ig3.
Rollan monta sor un destrier de pris Au col li pandent un fort escu votis.
Gerars de Vianc, v. aaa5, 2226.
Vox, Vdiz, subst. Voix. Voyez p. i3o„ 1. 18; p. 1^7, 1. 5. Voz, part. Vu. Voyex p. 457, 1. 10.
Wardour, subst. Mainteneur. Voyez p. 85, L a5. Weit, subst. Gué. Voyez p. 109, 1. 2 5. Wittave, subst. Huitième jour d'avant une fête. Voy. p. a a 5, 1.8.
Xeu, subst. Suif. Voyez p. i38, ï. a.
Yadlx, subst. Yeux. Voyez p. i^3, 1. a 1 .