‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 12 sur 113 · I. an, uns, une, unes, hun (Dunod, Hist. du C. de B · texte numérisé non relu

I. an, uns, une, unes, hun (Dunod, Hist. du C. de B

II, 623); 2. don t dous, doux ( 128&), dex ( 1233); et, pour le féminin : doue, doues, duoes, 3. trois; 4. quatre, quaitre; 5. cinc, cinq; 6. seix, sex, siex ( 1286 ), six; 'j.sat, set; 8. huit (\î 7 8; Dunod, Hist du comté de Bourg. t. II, Pr. p. 6o3); 9. nuef; 10. dis; 1 1. onze; 12. douze y

douze; ao. vint; 3o. trente; 5o. cinquante; 60. taxante (Mém. hist. sur Potigny, par Chevalier, t. II, pag. 595), sexante; 70. septante; 71. sexante et onze; 77. septante sept; 78. septante hait; 80. octante, Imitante ( 1 281 ; Chevalier, ilf^m. snr Poligny, t. II, pag. 56a ), quatrevinz; 8a. octante et deux; 8 A. quatrevinz et quatre; 86. quatrevint et six; 90. nouante, quatrevinz et dis; 91. quatrevinz et onze; 99. nouante nuef; 100. cens, cmz; a 00. doucens; 1000, mi7, mttf*.

Quoique j'aie noté doue comme forme du féminin , on la voit employée comme masculine : « li trois , nlidoae ou li un de lour; » c'est-à-dire, trois, deux ou un d eux [Dunod, Hist. du G. de Bourg. II, 6a3]; tandis que doues et duoes ne se trouvent que comme fém. : « Doues * fauchées de prels. » [1 a 86; Dunod, î6*t. I, Pr.cvu.] «Les vdfioes de mes dites filles. » [ Dunod, ib. t. II, p. 6a 1 .]

c. Les formes de Normandie, que j'ai à noter, sont : \. un, quelquefois pour les deux genres [ de un gerre , d'une guerre; poème, éd. Madden, dans ïArchaeologia, t. XXII, pag. 3i5. Cf. L. de Guili 6. éd. Reinhold Schmid], ors, une; a. dui9 dus [1370; Act* Rym. I, p.1, pag. 487 ], dous, deus; 3. trei, treis, treiz, très, treys; &. quater, quatre, quatres; 5, cinque, cink, cinc, cinqz; 6. si>; 7. sete, set; 8. vit, oit, wit; 9. nof, neu [Marbode, Lapid. v. 3a3], nœf; 10. dis, diz; 1 1. unze; îa. duze, duzce; 1 4« quatorze; 1 7. disesset; 1 8. dis e wyt; ao. vint; 3o. frai*, trente; 37. traite set; 4o. quaraunte [iaS8; ilct Rym. t. I, pag. 378], quarante; 5o. cinkannt; 54. cincaunt e qwire; 55. cinkaunt e sine [1 27a ; ;4c£. flym.

t. I, pag. 495 ]; 60. seisante, sesante, sessante; 63. seissanté e trais [is63; Act. Rym. 1. 1, p. 43o]; 70. setaunt, setaunte, sexante dis; 80. hitante; 100. cenz; a 00. datent, dm cens, deu cenz; 5oo. cin cenz; 1000. mill, mil, mile; 1200. mil e deu cens, mit e deus cent; 80000. hitantes milies, oitante mih ( Voy. de Qiarïem. 96, 99 ).

J'ai à répéter l'observation que j'ai faite sur le langage de Bourgogne; c'est que les formes primitives de plusieurs de ces noms de nombre ayant de très -bonne heure été remplacées par d'autres , ne se retrouvent plus que çà et là éparses en quelques textes; et je ne suis pas sûr de les avoir retrouvées toutes. Je ne connais aucun texte , par exemple, où la forme dus, qui me paraît te vrai primitif normand , soit employée avec suite ; il feut chercher pour en découvrir quelques rares exemples. Dans les Lois de Guillaume le Conquérant et dans le Roman de Rou, les deux formes généralement suivies sont dui et dons; plus tard, dans les pièces françaises d'entre i?5o et 1 3 00 publiées par Rymer, et dans les Poésies de Marie de France, écrites vers la fin de la même période, la forme deus est presque exclusivement employée. De même , pour le nombre neuf, dont la forme normande a pu , d'après l'analogie , avoir été en a pur, je soupçonne que les formes notées par moi sont plutôt originaires de Bourgogne que de Normandie; mais j'ai dû les classer où je les avais trouvées.

Les formes de Poitou, recueillies dans diverses chartes d'autour de 1 i5o, sont, à très-peu près, identiques à celles de Normandie. C'est, par exemple : a. dui, dons; 3. troi,

treis; 4. quatre; 6. sis; 8. oict; 9. naef; 10. dit; 16. seze; 10. vint; 3o. trente; ko. quarante; 5o. cincante; 61. sexante et un; 100. cent, cenz.

df. Toutes les provinces ont eu quelques locutions qui se rattachent immédiatement aux noms de nombre cardinaux et que je vais mentionner ici.

a. Tous deux, les deux, tous deux ensemble, s'exprimait par un seul mot: en Bourgogne, suj. ambedoi, andoi, andai; rég. ambedous, andous, andouz; en Picardie et en Normandie, ambedui, andai, endui (Fables inéd. II, 476, éd. Robert), amdui; ambedeus, ambedeux, amdeux (Archaeolog. XXII, 3 1 5) , andeus. Lorsque ce mot accompagnait un substantif, il se mettait toujours avant l'article et avant les pronoms; ainsi :

(Gerars) voit Olivier k'est à secors venus Lui et bêle Aude, don molt fu liez li dus ; Andouz ses brais lor ait à col pandus.

Gtran de Viane, /il -43, éd. Bekker.

En l'ile furent ambedui li guerrier

Lai se combatent ambedui li bairon

De la ville issent andai li chevalier .

Ibid. aa86, ifyb , 1061.

Mais andous et andai se construisaient aussi séparés du substantif auquel ils se rapportaient, et c'est même leur usage le plus ordinaire :

Saint Esperis les ait enlumené.

Repouser vont soi un arbre ramé.

Lai sont andai plevi et afié De compaignie en trestot lor aé.

Gtran de Viam, 3o6i-3o66.

Cest amure sereit convenable Si vus amdui feussez estable.

Vus estes biax e ele est bêle.

Marie de France, Lai de Guacmtr, 653-455'*' éd. Roquefort.

Issi (ainsi) munirent ambedai , Li reis avant e ele od lui.

Eadem, Lai d'Equilan, 3o3-3o4.

b. On a àxtrifeiz vint, pour soixante; M. de Roquefort en a donné un exemple (Gloss. au mot Treiz). D'autres locutions, tout à fait analogues et bien connues, ont eu cours dans toutes les provinces. Ainsi :

Sis vinz ou six vint pour cent vingt : * De seix vinz livres de me- « ceains. *(H. de Metz, t. III, Pr. p. 1 78.) « Six vingt neuf urpeos. » ( 1 290; le Beuf, Mém. sur Auxerre, t. II, Pr.)

Set vinz pour cent quarante : • vu vinz liverez. ■ (L. de Guiîl. 3.)

Hait vinz pour cent soixante : « Huit vingt livres de Provins.. • • les devant dist hait vingt livres. » ( 12A8; Plancher, H. de Bourgogne, II , Pr. p. v, col. 1.)

Quatorze vingt pour deux cent quatre-vingts. (Roquefort , Gloss. à ce mot. )

Toutes ces locutions sont restées en usage jusqu'après le xve siècle. Voici un dernier exemple qui est du commencement de ce siècle : « Jusques au iipombre de vu. à «vin. vins qui estoient très durement traittiez. »*( Mémoire da sieur de Gaacourt, mst. du Roi, n° 5a a3, olim 100062, Baluze, 544, fol. 81 r.)

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