‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 24 sur 113 · Thèmes de pronoms possessifs propres · texte numérisé non relu

Thèmes de pronoms possessifs propres

A SING. Suj.

Rég.

san, soun,

sans autres formes.

c sing. Saj.

li soens.

le soen.

PLUR. Suj.

U soen.

Rég.

les soens.

Sans féminin.

y sing. S. et R.

lasoe.

plur. S. et R.

lessoes.

Sans masculin.

<T sing. S. et R. Masc. lisens, le sen Fém. la sene. plur. S. etR. U sen, les sens lessenes.

Voilà, je crois, toutes les formes principales du pronom possessif, que fournissent les textes jusqu'au milieu du xine siècle. Quelques-unes que j'ai négligées, quelques autres dont je parierai ci-après, ne sont que des variantes d'orthographe sans importance. On en pourra glaner encore qui ont échappé à mes recherches; M. Orell, Atl. Fr. Gr. p. 5o et suiv., en donne même que je n'ai pas citées, parce que je n'avais point d'exemple à fournir à l'appui; mais je crois que toutes rentreront à peu près dans le tableau qu'on vient de lire et qu'elles n'y ajouteront rien d'essentiel.

Il faut remarquer d'ailleurs, sur ce tableau, que je n'ai fait autre chose que d'y ranger, pour plus de clarté ,

les formes que j'avais recueillies dans les textes; je nai rien supposé, rien inventé; si je me suis permis d'assigner une origine à ces divers thèmes de pronoms, cela repose sur tant de faits et de preuves qu'il ne peut y avoir de discussion ^que sur quelques détails insignifiants.

Il y a quelquefois un peu d'incertitude sur les formes de la déclinaison de quelques-uns de ces pronoms; et cela vient, ainsi que je l'ai déjà dit, de ce que plusieurs ayant été primitivement personnels et invariables, n'ont perdu cette invariabilité que par degrés, inégalement et, comme il arrive toujours, un peu arbitrairement. On les trouve déclinés dans un texte, indéclinables dans un autre; ils sont restés invariables dans beaucoup de chartes , longtemps après qu'on avait pris l'habitude de leur donner dans les textes littéraires les signes de la déclinaison. ,"$"

On doit bien remarquer que ceux de ces pronoms qui sont le mieux reconnus pour invariables et qui le sont restés le plus constamment au xni6 siècle , se trouvent aussi êtrte ceux qui dérivent le plus évidemment des pronoms personnels. Ainsi ce sont mi, no, leur, etc. Quant à ceux qui ne viennent pas des pronoms personnels et qui ont été formés proprement pour être pronoms possessifs, tels que li miens, le féminin U mine, le nostre, etc., ils n'ont jamais été indéclinables, et on les voit toujours et partout déclinés.

J'ai rapporté le féminin bourguignon ma au pronom personnel me, le fémin. picard me au pronom personnel

mi; j'ai Rapporté aussi le pronom possessif bourguignon lo mei, U meie, au personnel moi; et de même pour les trois personnes. Or, il faut observer que je n'ai point cherché à donner l'étymologie directe et formelle de ces pronoms ; je n'ai voulu que les rattacher au thème dont

* je crois qu'ils dérivent d'une manière plus ou moins indirecte. Ainsi, que ma, forme de fém. soit venu de l'emploi antérieur de me, pronom personnel, îiri y a guère à cela de difficulté; me, féminin possessif de Picardie, serait, sans aucun doute , un simple emprunt transformé de ce ma, s'il n'était peut-être plus ancien en Picardie que ma ne l'est en Bourgogne; me se rencontre dans les plus anciennes chartes picardes, avec le sens de pronom possessif, employé concurremment avec rhi, de telle sorte qu'on ne voit -point encore entre les deux formes de distinction précise : me seulement semble être un peu plus fréquemment féminin. D'après cela, je regarde comme certain que me n'était en Picardie qu'une fotxne secondaire et dérivative de mi, née de ce dernier depuis qu'a avait passé à l'usage de possessif. Quant au bourguignon lo mei, limeye ou U meie, car ces deux orthographes se rencontrtfttt, c'est bien de moi qu'il dérive, comme son correspondant picard U maie, féminin, le montre assez; mais pour comprendre cette

^dérivation, il faut se souvenir que la forme primitive du moi picard , a été mei en Bourgogne comme en Normandie; et c'est de ce mei primitif bourguignon, avant que le moi picard l'eût remplacé , que se sont formées les formes de pronom personnel qui lui ont survécu.

Quelques éditeurs de vieux textes , au lieu de lire le pronom possessif féminin picard, sueur, n'y mettant que des voyelles, ont cru que fa y était consonne et ont lu autre. Cest la lecture adoptée par Tabbé de Bétencourt:*de le aria* part »(C JTA. p. 169). Je la croîs erronée, et je pense que la vraie (orme picarde était aine, prononce très-long; d'abord, parce quon sait assez que le langage et f ortbograpbe de Picardie ne baissaient point ces accumulations de voyelles; on y r, pour furur; irwo, partie (em. pAur.

rues; ensuite parce que autue est le même, an fond, queauar. dont il y a des exemples, et qull est décrire par un r; parce qu'enfin aine, avec r intercalaire, est le corrélatif de quelques formes de Bourgogne, ara, pluriel sujet, la jur. etc. auxqoefles i fout évidemment le rapporter.

Presque tous les pronoms possessif que je riens de sont dêfcctife. D en est pefli-étre dans lenoanlare font pas toujours été et qui ne nous le

sont perdues sans bisser de traces; mais la ut jamais été confiais et nont jamais eu pfaas qn? ceBes que nous leur voyons : on n avait tiré du tbêaae qui les avait fournis, qu'une ou deux les pftas nrtmila 1 et les plus convenables à du bansr «k les eaaplovait.

■ est arrive de fa m miiianit» quon couapitu

les uns pur les ancres: on rapfrocka les qui se iiiifluanMiânia le f*a* «*» fit servir

pronom qui n'avait point de formes du féminin avec un autre qui n'était que masculin; tel autre, qui n'était que régime, fat employé de concert avec une forme isolée de sujet. On fut promptement habitué à fondre ainsi ensemble tous ces pronoms ; et il en sortit des pronoms possessifs qui présentent un ensemble complet de formes, mais dérivées de thèmes différents.

Cette nouvelle déclinaison ne se montre qu'à peine essayée et tout à fait dans l'enfance, dans le texte français des S. de S. Bernard; mais elle est déjà formée dans la Chronique de Villehardouin , aussi bien que dans tous les textes postérieurs. C'est entre le temps où fut écrit le texte français des S. de S. Bernard et celui de Villehardouin que la fusion des pronoms possessifs s'acheva et qu'une foule de leurs formes incohérentes , détectives, restant en dehors de cet arrangement, commencèrent à s'oblitérer et à passer d'usage*

Voici l'arrangement du pronom possessif, tel qu'on le trouve réglé dans les bons textes de Bourgogne d'autour de ia5o :

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