‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 3 sur 113 · PRÉFACE DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

Après la mort si prompte et si imprévue de M. Fallot en i836, sa famille sachant que j'étais livré aux mêmes études, et complètement au courant de ses travaux, me chargea de l'examen de ses notes et dé ses manuscrits, afin d'en extraire ce qui pourrait être offert à ses amis et au public. Il s'y trouvait beaucoup de petits travaux littéraire* composés vers la fin de son adolescence, et qui ne sont que des essais. Un autre nombre de notes, plus considérable, consistait en extraits de livres savants; car, de très-bonne heure , le goût de l'érudition s'était prononcé dans Fallot. Ce qu'il y avait de vraiment important dans les papiers de ce jeune auteur, consistait en recherches grammaticales sur la langue française au xm* siècle, auxquelles il travaillait avec persévérance depuis trois ans ; c'est ce que nous offrons ici aux amis de sa mémoire , aux grammairiens et aux amateurs de notre archéologie nationale. L'auteur achevait ce travail quand la mort lui vint arrêter la main; il l'eût revu et rendu plus complet, et l'on doit, pour cette raison, le juger avec indulgence. Le peu d'importance d'un beau style dans un pareil sujet, a fait que je me suis interdit de corriger quelques rares négligences que l'auteur eût fait disparaître en relisant son manuscrit une dernière fois. JTai fait quelques autres changements nécessaires, dont je dois compte au public.

iv PREFACE

Fallot n'était pas content de la rédaction de son premier chapitre; il se proposait de le remanier, et avait fait de quelques passages deux rédactions entre lesquelles j avais à choisir; j'ai pris celle qui me paraissait la plus complète et la meilleure. Enfin ce chapitre n'était pas fini; il se terminait par cette phrase suivie d'une virgule et de points : « La « rudesse normande provenait de l'absence de sons, mou il - « lés ,....»

J'ai ajouté à la fin du chapitre ce qui se trouve pag. 3o-32 ; c'est une note prise dans ses papiers , et sur laquelle il eût fait une rédaction plus étendue.

Le chapitre de Y Article est complet; celui des Substantifs n'est pas fini. Il y a, dans le manuscrit, une demi-phrase de plus que dans le texte imprimé; c'est une explication inachevée, et que pour cette raison j'ai retranchée; la voici : • E)urce que la consonne finale n'étant plus là pour motiver

« le choix de la lettre de flexion , »

La première page du chapitre des Noms propres s'est trouvée perdue. La page 2 commence, par un passage incomplet que voici : « (S'il arrive que des noms de)

« lieux soient déclinés , c'est presque toujours une exception « qui s'explique par la forme même du mot qui se prêtait « à cette confusion , ou bien c'est un nom substantif passé « à la valeur récente de nom propre, et gardant encore les « propensions de sa première nature. » J'ai reporté ce passage à la page 179, où il me paraît convenablement placé.

On trouvera dans le chapitre des Pronoms quelques renvois à celui des adverbes et à celui des conjonctions; mais ces derniers chapitres n'étaient encore qu'en projet; ils n'ont jamais été rédigés.

La plupart des nombreuses citations de ce livre ont été

DE L'EDITEUR. v

vérifiées; cependant quelques-unes n ont pu l'être , soit parce qu'on n'a pu avoir à temps sous la main le livre cité , soit parce que l'indication précise manquait. .

Le peu de notes que j'ai mises, je les ai signées de mes initiales P. A.

L'Imprimerie royale ayant adopté l'orthographe de l'Académie française, on a été obligé de la suivre dans l'impression de cette grammaire; mais ce n'était pas celle de Fallot: il avait conservé l'usage d'écrire les imparfaits par oi.

L'auteur ne se proposait pas de joindre des notes à son livre; mais ne voulant rien laisser perdre de ses recherches, de ses vues sur la langue d'oil et sur la philosophie des langues, j?ai choisi dans les papiers de Fallot tout ce qui se rattachait à son sujet et pouvait offrir quelque intérêt. Toutes ces notes ne sont pas également importantes ou même solides, mais j'ai mieux aimé être trop facile que trop sévère.

Fallot composa sa grammaire, inspiré par l'étude de la grammaire allemande de J. Grimm, et aidé par de solides études à l'école des Chartes. Il avait entrepris cet ouvrage dans un but de philologie comparée , et c'est de ce point de vue qu'il doit être jugé. Fallot ayant égard aux lieux et aux temps, caractérise les divers dialectes de l'ancienne langue d'oil , puis fait voir comment s'est formée la langue française, en même temps qu'il montre comment il faut traiter l'histoire de toute langue : point de vue vaste, net, inconnu à ses devanciers; qui montre la portée d'esprit de l'auteur et son infatigable investigation. L1 Introduction, qui expose le principe d&la mutation et de la fixation des langues, est sans doute une découverte de génie, et pourra épargner bien des peines à ceux qui poursuivent la recherche de la

DE

AU XIII' SIECLE

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