QUI QUI; QUI QUI OHCQTJE
Ge pronom n'est guère qu'une forme elliptique de la phrase qui que ce soit qai. Il ne se dit que des personnes.
Ses premières formes ont été : qui qui] quand il était sujet; cui que, quand il était régime; ainsi :
■ Qai qui eschairoit. • ( ia4i; Hist. de Meti, III, 195.)
« Et cui que les terres soient entour le pont, nuls n'y puelt mai-
■ sonner, ne faire habitacles , se par celui nom ( ? non) cui li tref-
« fons est. ■ { 1 aa3 ; ihid. i85. )
Et dist Rollan : or oi musart plaidier. Kant Van moinra a pie lez mon destrier En douce France esteres prisonier, Audain aurais coi Ar'en doie anuier.
Gerars de Viam, 2266-3267.
Plus tard , ces combinaisons elliptiques de pronoms se multiplièrent; on trouve encore :
Qui que, Que que, Quoi que.
Ces deux derniers avaient exactement le même sens; ils signifiaient: quelque chose que. Que que se rencontre, pour quoi que, dans les textes de Champagne et de Picardie de la seconde moitié du xme siècle.
« Qui ke soit maistre eschevins il doit seoir chesoun venredi « aviuc ceus qui la pais warderunt. ■ ( îaao ; H . de M . III , 178.)
« Qui ke wardour soient de la pais , ne porront niant despendre « de totez les atres justices. » ( Ibid. )
Li dus sout tost par ki ke seit Par kçle veie li reis ireit.
il. de Rtm, io3ai, io3aa.
Lamer munta, li flotfu grant, Sor li pons fu li faiz pesant, Li ppns trebuchia e chai E ki ke out desuz péri.
Et trove un peiner plain d'estopes.
Qui </an ai fait, de les copea. V
N. R. de F. et C. 1 , 3ia.
Que de son frainc ne raura mie A ceste foiz, que que il die.
Ibid. 1 , 5.
On joignait communément au pronom qui qui, comme explétif, l'adverbe oncques : d'où se formèrent qui qui oncques , qui oncques, qui oncques qui; et enfin, en un seul mot, quiconque.
« Qui qui onquez. » ( 1 2 54 ; HisU de Metz, III , a 10. ) « Ki ki onques panroit ne fianceroit femme nulle , keile k'elle fust «ou soit, c'onkes n'auist eut marit, cilz qui lai panroit ou fian- «ceroit, serait banis sexante ans fors de l'eveschiet de Mes, et ne « serait mies celle coi il panroit eritauble , ains perderoit son he- « ritaige ; et cilz qui la panroit ansi, pour oulz ou pour lor hoirs. » ( 129a ; ibid. m, 2 36.)
« Qui qui onques vourroit. » (Ibid. 166.)
*Qui qui unques laidera par sarment ne fors ne enz, s'il ne «s'en ostet par cinc de ses meillors amins, si sera forjugiez. » (Vers 1220; Hist. de Metz, p. 179.)
« Qui onques ferrit homme ou femme. » ( 1220; ibid. 178.)
« Qui chèques moroit, soit clers soit lais, soit petis soit grans, « soit hommes soit femmes, dedans l'arcepresterie de Metz, don- «reit. . . . » (i223; ibid. i85.)
« Qui onques qui soit de la pais de Mes prant pan, et il non mest « à justice. » ( 1 2 80 ; ibid. p. 2 2 o. )
« Quicunques sera nostre receveur dou devant dit tonliu. » (i285; J. Bernier, Hist. de Biais, in-4°, Pr. p. xvn.)
Ne sai, lait efe, ctri âmes, Mais je sai bien cui vous haes :
Qui conques soit li vostre eslis , Partonopeus est li haïs.
Partonopens de Blois, 6701 -670 A.
On trouve aussi quecunque (Orell, Alt Fr. Gr. p. 67),. qui paraît être tantôt une forme de féminin de quiconque , d'après l'ancienne distinction de genre que nous avons reconnue entre qui et que; tantôt une forme de régime, des deux genres. Quant à l'emploi, que conque s'appliquait aux choses comme aux personnes; il se rapprochait donc, en ce sens, de quelconque.