‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 38 sur 113 · QUANQUE · texte numérisé non relu

QUANQUE

Forme neutre et absolue, invariable, qui signifiait tout ce que, autant que. On en trouve beaucoup d'exemples en tous les dialectes; mais il est surtout commun dans le langage de Champagne, Ile-de-France et Picardie d'autour de ia5o et de la seconde moitié du xin* siècle.

Ce mot est écrit banques dans le C. d'Â. an 12 3g, p. 157 ; plus communément il n'a point le s final.

t Quanque il pot. » ( Villehardouin, p. A87. ) « En quenque il puet. ■ (Vers 12&0 ; Th. N. An. I, ioi3. ) « Quant que nous y avons. » ( *a55 ; Perreciot, II, 296.) « Lo tout quanque je ai et puis avoir ou dit molin. » ( 1 37 1 ; 16. p. 3i&.)

Mors, tu mengues quanc on moût, Et qui rehapes quanc' on tout, Di à mes amis, k ces trois,' Ke ne prestres ne Dex n'assout

Chelui qui se dete ne sont Ains que ta Taies pris aqoois.

Vensmrla mort, XVIII, p. iS.

La dame maintenant se pasme; Au revenir sospire et pleure ; Molt het la mort qui tant demeure; N'a soing de quanqaes ele voit

Lai flgnamiis, b&â-b8j.

Je vos commant, si chier com vos m'aveis Et net.*! terres, kan ke de moi teneiz Se j'ai besoig, ke vos me secoureix. . . .

Gerars de Viant, 1 Ai A-i Ai 6.

Grant cop li done sor l'elme de Pavie : Kai\ k'ea ataint, tôt decope et esmie, Jusc'an ou cercle est l'espee glacie [glissée].

Aid. 377f-ï77^

Puis ke les autres aveiz en vo àesirois. Je ne voil pais guerre mener par moi , Mais cank' il dient créant bien et otroî.

Ihid. 3&96-359S.

Et de co ke à martel toleit Et kanke tolir li porreit Jamez ne le guerreireit.

A. dâBom, 10137-10119.

Mult li dona chiens e obéis Et altres aveirs boens e bels, E kanke il trover poeit Ki a haut home cunveneit.

Ibid. io5Ag-io$$ji*

Ne dit mie quanquele panse La dame

N.R. de F. etC. I, 295.

(ŒiteL I,3u.)

Vers le milieu du xm* siècle , ce pronom a été quelquefois employé avec une valeur de conjonction et le sens de : encore que, bien que.

J'en ai vu quelques exemples :

Por co voel par envoiseure En escrit mètre une aventure Et bone et bêle et mervellouse Quanqae ce soie chose grevouse.

Partonopeus de Blois, 69-72.

Ce n'est point que ce mot fie se trouve aussi dans ce texte avec son acception ordinaire, il y est au contraire peut-être plus commun qu'en aucun autre.

Tuit quanqae vos estes ici Saves bien que le voir en di , Si n'est auques mesavenu A ceus qui voir en ont teu.

Ibid. 8993-8996..

Car quanqae vos aves ci dit Enquis l'ai bien s'il est ensi.

Ibid. 905 2-9053.

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