UN
M. Orell (AU. Fr. Gr. p. 69) cite quelques exemples de an employé absolument, comme sujet des verbes, avec la valeur de pronom indéterminé et le sens de quelqu'un, un homme.
Un a donc eu , au xni° siècle , trois emplois distincts : son emploi propre et primitif de nom de nombre ; l'emploi d'article indéterminé accompagnant les substantifs; celui enfin de pronom indéterminé, placé absolument comme sujet de verbes.
Dans ces deux derniers sens d'article et de pronom ,
uns s'écrivait régulièrement avec le s final lorsqu'il était sujet. Comme nom de nombre , au contraire, on le voit souvent invariable.
Il faut du reste se garder de .confondre ans, pronom indéterminé , dont les exemples sont assez peu fréquents, avec un, qu'on trouve quelquefois au même sens dans les anciens textes de Bourgogne et de Normandie, et qui n'était qu'une forme de on.
Trois de nos quatre pronoms indéterminés négatifs du xin6 siècle ne sont que des dérivés de un, composés à laide d'une particule préfixe, ordinairement négative; ce sont aucun, nesun, neun. Je vais en parler; j'y joindrai nul, le quatrième, afin de compléter ce que j'ai à dire des anciens pronoms négatifs français.