HBOH3, NUM
Composé de ne et de un , avec la même signification que le précédent, ce mot s'est contracté très-promptement de neuns en nans.
Nuns ne se trouvé guère qu'au nominatif nuns , ou plutôt il prenait le s final indistinctement à tous ses cas. Je ne lui connais point de féminin; les textes qui l'emploient se servent du féminin de nul.
J'ai vu neuns dans les textes plus anciens que ceux qui se servent de nesun; peut-être n'est-il pas sûr d'en induire que la première de ces deux formes a été usitée bien longtemps avant l'autre. •
Ce qui est plus certain , c'est que nesun étant surtout à l'usage des langages de l'Ile-de-France et du midi de cette province, nuns lui correspondait dans le langage de la Bourgogne propre, de la Lorraine et de l'Est de la France. C'est dans les textes de ces provinces d'entre 1220 et 12 60 qu'il est surtout commun.
Ainsi:
• Nuns hons , • nul homme. ( ia3a; H. de M. III, 188. )
Granz colz se donenl sor les escus listeiz, Les hansles brisent des espiez noeleiz, Outre s'en passent ke nans n'en est versez.
Gtran de Vune, 691-693.
. . . .Trestuit proient Jesu et ses vertus Por les bairons , ke nuns n'en fust vancus.
Ibid. 3i46, 31A7.
Lors fuît li os de grant duel esmeue Nans cde nuit ne boit ne ne manue.
Ibid. 3737, 3728.
Car en irons ariere en no raigné, Où nuns ne fuit, bien ait ij ans passé.
Ibid. 386 1, 386a.
Li dus Rollan fait molt à redouter; Nans ne poroit tel chevalier trover.
Ibid. 2012, 20i3.
C'est à nazis, et non point à nul, qu'il faut rapporter la forme particulière d'orthographe , nunlz ( 1 2 . . ; H . de M. III , 227), qui est propre à la Lorraine et dont il y a peu d'exemples; mais on trouve aussi an écrit d'une manière analogue : Uunlz(F. inéd. II, £5o, éd. Robert).