II. Equilibre harmonique
Une des lois d'harmonie que suivent le plus constamment les langues dans le long travail de leur formation, est celle que les grammairiens gaêlics ont formulée :
le athan ri le aihan , is caot ri caol.
c'est-à-dire, la loi d'un certain équilibre harmonique dans les syllabes voisines d'un même mot.
Dans les langues qui n'ont point été littérairement élaborées , qui n'ont que peu de monuments écrits , qui n'ont point par conséquent d'orthographe arrêtée, cette règle est vivante, observée constamment dans le langage, où les mots permutent fréquemment leurs voyelles pour se mettre a une sorte d'unisson : ainsi dans le patois de basse Bretagne et dans la plupart des autres patois de France, ainsi dans la langue gaélique, ainsi dans le finnois, etc.
La même règle a existé dans toutes les langues à l'époque où elles cherchaient à prendre leur assiette harmonique ; mais une fois une langue arrivée, dans son harmonie, à son point de maturité, cette règle disparaît , n'est plus et ne saurait plus être observée. La raison en est simple : c'est que, par sa maturité même , cette langue a trouvé le point d'unisson et d'accord qu'elle est susceptible de mettre entre ses syllabes selon leur nature ; et dès lors il n'y a plus de mutations à faire entre elles; la règle leathan ri leathan, etc. est devenue sans application, parce qu'elle s'est immobilisée dans la langue.
Les anciens dialectes allemands nous offrent, dans leurs variations successives , bien des exemples de l'application de cette règle:
FuorJM-fvhrEn. sntifÀAn-scHfniEcfcjt.
kkhchckorA-<jlElcks.r. smitzAn-scHffictzEw.
IxilAn-hitEn. spriczAn-spriEsdin.
JleoliKUrJliEhEn.