‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 64 sur 113 · II. Equilibre harmonique · texte numérisé non relu

II. Equilibre harmonique

Une des lois d'harmonie que suivent le plus constamment les langues dans le long travail de leur formation, est celle que les grammairiens gaêlics ont formulée :

le athan ri le aihan , is caot ri caol.

c'est-à-dire, la loi d'un certain équilibre harmonique dans les syllabes voisines d'un même mot.

Dans les langues qui n'ont point été littérairement élaborées , qui n'ont que peu de monuments écrits , qui n'ont point par conséquent d'orthographe arrêtée, cette règle est vivante, observée constamment dans le langage, où les mots permutent fréquemment leurs voyelles pour se mettre a une sorte d'unisson : ainsi dans le patois de basse Bretagne et dans la plupart des autres patois de France, ainsi dans la langue gaélique, ainsi dans le finnois, etc.

La même règle a existé dans toutes les langues à l'époque où elles cherchaient à prendre leur assiette harmonique ; mais une fois une langue arrivée, dans son harmonie, à son point de maturité, cette règle disparaît , n'est plus et ne saurait plus être observée. La raison en est simple : c'est que, par sa maturité même , cette langue a trouvé le point d'unisson et d'accord qu'elle est susceptible de mettre entre ses syllabes selon leur nature ; et dès lors il n'y a plus de mutations à faire entre elles; la règle leathan ri leathan, etc. est devenue sans application, parce qu'elle s'est immobilisée dans la langue.

Les anciens dialectes allemands nous offrent, dans leurs variations successives , bien des exemples de l'application de cette règle:

FuorJM-fvhrEn. sntifÀAn-scHfniEcfcjt.

kkhchckorA-<jlElcks.r. smitzAn-scHffictzEw.

IxilAn-hitEn. spriczAn-spriEsdin.

JleoliKUrJliEhEn.

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