III. Permutations
Les permutations de lettres qui s'observent, dans le passage des mots par les divers dialectes d'une même langue, ou par les diverses langues* d'une même famille, doivent se diviser en deux classes bien distinctes : selon qu'elles sont régulières et constantes, opérées, par conséquent , en vertu de lois harmoniques auxquelles chaque dialecte ou chaque langue soumet les mots qu'elle emprunte ; et selon qu'elles sont l'effet de circonstances accidentelles
d'altération , que le hasard ou des causes fortuites , inconnues , inassignables, ont seules produites. — Cette distinction semble fort importante à établir; les conséquences en sont considérables, et toutes les permutations qui sont constatées entre les divers dialectes du grec ou entre les diverses langues consanguines au grec, doivent être soumises, sous ce rapport, à un sérieux examen. J'ai vu souvent avec peine que , dans les ouvrages les plus avancés et les meilleurs qui existent sur les dialectes de la langue grecque , on n'avait eu aucune espèce d'égard à cette observation; leurs auteurs ne paraissent pas même s'être doutés qu'une pareille distinction pût être faite; et parmi les lois de permutation auxquelles chacun des dialectes astreint les mots de la langue commune, on y peut voir rangées des altérations évidemment accidentelles au milieu des règles constantes de permutation qui constatent l'état harmonique de ces dialectes. Cette confusion tient eucore à l'enfance même de la science philologique.