I. Comparaison des langues
L'un des premiers principes à observer, c'est de bien constater l'âge et le degré de formation,. de développement et de maturité de deux langues que l'on compare entre elles. La structure des mots est très-variable dans les langues , et elle est sujette à se modifier beaucoup en suivant l'âge des langues et le développement lent et méthodiquexle leur balancement harmonique.
Il est évident, d'après cela, qu'il faut se garder de comparer une langue à l'état d'enfance avec une langue à l'état de maturité , sans tenir compte de celte différence de la culture des deux langues; il est évident qu'entre deux langues qui dérivent l'une de l'autre et prises chacune à son point de maturité propre , il y a une longue chaîne de modifications continues , à savoir : tout ce qui est décadence de la première, depuis son état de maturité jusqu'à sa mort; tout ce qui est enfance de la seconde, depuis sa naissance première jusqu'à son point de perfection relative.
D faut encore observer, lorsqu'on compare deux langues, l'état de civilisation des peuples qui les ont pariées. Une langue qui n'est que patois, qui n'a point de monuments écrits , conserve toujours, même à sa maturité, un caractère harmonique bien différent d'une langue policée, écrite, longtemps élaborée par les travaux d'esprit.
Dans les langues non écrites, ce qui abonde, ce sont les soos moyens, sourds, douteux, les pleins et gras au milieu des mots, les vocables arrondis ; la recherche des consonnances et des affections dans les redoublements, les rappels de sons', etc.; toutes puérilités par lesquelles un peuple grossier cherche à compenser l'inforoute prosodique et mélodique de sa langue.