LANGUE D'OIL. FRANÇAIS
I. Le français est un dégagement naturel et régulier du latin , et du latin seul : on l'en voit sortir , on suit jusqu'au latin l'origine de toutes ses règles grammaticales.
L'allemand n'a eu aucune influence régulière et s/iivie ; on n'aperçoit sa trace en rien de ûxe et de constant, et tout ce que son influence a produit et laissé (dans la grammaire), c'est çà et là quelques perturbations dans les lois générales de la dérivation latine.
II. Le langage de Normandie a été formé le premier, celui de Bourgogne ensuite, celui de Picardie vers 1260-1280 seulement.
La langue française proprement dite est née vers la fin du xiii* siècle, et dès avant; au milieu du xiv°, elle est en haute vigueur.
On a continué d'écrire dans les dialectes jusqu'à la fin du xv* siècle.
Les écrivains flamands et picards paraissent être ceux qui ont conservé le plus longtemps l'usage des formes de langage particulières à leur province.
III. La séparation de la langue d'oil et de la langue d'oc est nettement tracée par le cours de la Gironde, jusqu'à peu près à dix lieues de son embouchure. Au nord de la rivière, on ne parle que le français et des patois français ; au midi on ne parle que le roman et des patois romans.
Le langage d'Angoulème et de l'Angoumois est le français.
Le patois de Saintonge , qui n'est guère qu'un langage français corrompu et mélangé, comme celui de nos provinces centrales, a conservé jusqu'à nos jours, sur toute la côte de l'Océan , depuis
la Bretagne jusqu'à l'embouchure delà Gironde, une très-grande affinité avec les patois normands.
A Libourne et dans les environs, on parle la langue romane.