‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 87 sur 113 · Les Establissements de saint Louis, p · texte numérisé non relu

Les Establissements de saint Louis, p

Le meilleur texte des Établissements de saint Louis est celui qui a été imprimé dans les Ordonnances des rois de France.

L'abbé de Saint-Martin s'est contenté de le reproduire (1786, in- 12), et son édition , loin d'être améliorée, mérite, je crois, moins de confiance, et est plus sujette à vérification.

Le texte publié est à vingt ans près du temps (1270). Il peut y

en avoir des manuscrits plus corrects , la Bibliothèque royale en possédant un fort grand nombre de copies.

1 3. Pièce sans date , latin et français , p. 2 9 1 .

i4. Ord. de Philippe III ', de 127a , pp. 296, 297; — de 1273, p. 297; — de 1278, p. 309; — de 1283, p. 3n.

i5. Ord. de Philippe IV, de 1287, p. 3i4; — de 1294, p. 424;

— de 1296, p. 329; — de 1297, p. 33o; — de 1299, P- 335;

— de i3o2,p. 347.

Roman du (lisez de) Renart, publié par M. D. M. Méon; Paris, Treuttel et Wùrtz, 1826, 4 vol. in-8" l.

Ce texte est du xiv* siècle. Il est à peu près identique, pour l'âge et pour les formes dialectales, au Roman de la Rose, publié par le même; il est cependant plus ancien : on y voit des traces d'archaïsme assez remarquables. Les formes dialectales y sont fort effacées et quelque peu mélangées. Il n'y a que quelques formes picardes qui sont restées saillantes dans un fond bourguignon. L'édition est fort peu correcte. I

La branche qui , dans l'édition de Méon , commence au vers 1 9769, t. III, pp. 1-27, parait être d'un langage un peu plus ancien que ce qui précède dans les deux premiers volumes. On y peut remarquer une observation des règles grammaticales du xni° siècle , plus exacte que dans les branches qui précèdent. Dans celles-ci , ces règles se représentent dans un état de perturbation ou demi-abolition remarquable.

Renart est un nom propre comme Rou (pour Raoul ou Rollon), comme Brut (pour Brutus). Il faut dire : le Roman de Renart (c'est le nom propre allemand Reinhard), et non pas du. Renart; à l'époque où ce livre fut écrit , le substantif français répondant a vulpes, n'était pas Renart, mais Goupil. Le nom de Renard subs-

1 On a publié un supplément au Roman du Renard ; il eit intitulé : U Roman du Renard, supplément, variantes et corrections, publié d'après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi et de la Bibliothèque de l'Arsenal , par P. Chabaille ; Paris , Silvestre, i835, in-8-. — P. A.

titué universellement en France à ce dernier est une preuve de la grande popularité de cette fable qui n'aurait pas dû échapper à ses éditeurs. Cf. Grimm , Reinhart Fuchs.

Le Roman de la Rose par Guillaume de Lorris et Jehan de Meung, par M. Méon; Paris, 18 13, à vol. in- 8°.

Roman de la Rose , entre Sens et Laon. — Formé du xrv* siècle, à ce que je crois ; un du xin" siècle , au plus tôt. — Les caractères dialectaux sont faibles et en grande partie effacés. — L'édition est mauvaise et fort peu sûre. — Les formes , autant qu'on puisse en suivre la trace dans cette mauvaise édition , sont celles des confins de l'Ile-de-France , de la Champagne et de la Picardie , tenant surtout du langage champenois.

Le Roman de Renart et le Roman de la Rose ont été écrits à Paris au commencement du xiv* siècle, quoique composés à une époque plus ancienne.

Le Roman de la Rose est du même langage, à très-peu près, que le Roman de Mahomet, écrit à Laon en 12 58. C'est le fond de langage de Bourgogne avec une teinte fort nette de picard.

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