FLANDRES
Patois cambrésien : chent pour cent.
M. Arthur Dinaux (Mém. sar les Trouvères Cambrèsiens, dans les Arch. du N. delà France, III, pp. i3o, i3i, et la note), voit dans ces formes du dialecte flamand un rapport entre ce langage et l'italien. Il fait observer que les deux idiomes , flamand et italien , ont cela de commun , que la permutation qu'ils font éprouver a certains sons français est tout à fait la même : ainsi le ch français devient k en italien et en flamand; le son ce français y devient ch. Ce rapprochement que M. Dinaux parait croire fort remarquable, n'a rien que de purement fortuit et de tout à fait indifférent : il n'est témoignage d'aucune relation entre le flamand et l'italien , hormis celle-ci que chacun d'eux doit à des causes très-distinctes et qui lui sont particulières : c'est à savoir, que ces deux idiomes, dans leur harmonie propre pour cet ordre de sons , et par suite pour plusieurs autres , sont d'un ton plus élevé que le français et ont leur moyenne harmonique à un degré plus haut ; je pourrais dire à une octave plus haut , en appliquant ce terme de musique dans son sens le plus large de rapport d'abaissement ou d'élévation dans les tons de la voix. Ainsi k est à ch ce que ch est à ce; et le gros et rude flamand les harmonise à ses sons pleins, lourds et forts, comme l'italien à ses syllabes aiguës et nettes; les sons inférieurs ce, ch, vont mieux aux syllabes médiates, atténuées, fondues du langage français.
LE PASTORALET.
Le langage m'en semble bien ancien pour être du temps de Charles VI. Les caractères dialectaux y sont encore suffisamment marqués : c'est le langage de Flandre ou de Picardie.
Voyez les dissertations d'Ameilhon dans les Notices et Extraits des Manuscrits de la Bibliothèque royale, t. VII, pp. A? 6 seqq.
Histoire de Cambrât et du Cambresis , par Jean le Carpentier, i664> a vol. in-4% Preuves, à la un du second vol.
Ce recueil de preuves est très-riche en pièces françaises, il en a de fort anciennes , et je ne connais nul recueil du même genre qui en contienne de plus précieuses pour le langage.
La première pièce française , tirée du Cartulaire de l'abbaye de Hennecurt, est de 1 1 33. Si elle est authentique, c'est le plus ancien monument de la langue française, portant une date précise.