PI. VIII
Habitat : Tube digestif des larves de Tipula, souventen compagnie de l’'Eirmocystis ventricosa.
Localité : Vallées de la Vienne et de la Loire.
À l’état adulte, les individus sont généralement associés deux par deux. On les rencontre sous deux formes assez tranchées: les uns très allongés, chez lesquels le deutomérite est environ 10 ou 12 fois plus long que le protomérite (fig. 7) ; les autres de forme plus ramassée, chez lesquels le deutomérite n’est guère que six fois plus long que le segment antérieur. Ce dimorphisme n’entraîne d’ailleurs aucune modification dans la suite de l’évolution. |
La longueur des plus grands individus ne dépasse guère 400 à 500 p.
L'épimérite est un simple petit bouton sphérique, hyalin (fig. 6), relié au protomérite par un étranglement.
Le protomérite est globuleux ou légèrement ovalaire, le septum plan, et le deutomérite regulièrement cylindrique ou légèrement
renflé au-dessous du septum.
L’épicyte est mince, avec de très fines stries longitudinales.
Le sarcocyte montre une fine couche striée, à fibres serrées, assez |
difficile à voir sans le secours des réactifs.
L'entocyte présente des granulations de moyenne grosseur d’un gris verdâtre. Le nucléus est sphérique avec un gros nucléole à son intérieur.
Les différentes phases du développement intracellulaire sont ndiquées par les figures 1, 2, 3, 4,5 de la planche VIII.
Les kystes, que l’on recueille facilement dans les excréments de la larve, sont sphériques avec une zone transparente persistante, et mesurenten moyenne un diamètrede 1401.
Leur contenu, d’abord uniforme, s’éclaircit bientôt à la périphérie, où il se forme ensuite une zone granuleuse brunâtre (fig. 8) dans laquelle apparaissent les sporoductes, pendant que les sporoblastes se rassemblent au centre de la masse.
À la maturité, les sporoductes s’évaginent; ils sont au nombre de septà huit, et leur longueur atteint une quarantaine de 4. Par leur intermédiaire, les spores sont évacuées au dehors sous forme de chapelets.
Les spores sont ovoïdes doliformes. Les deux téguments sont étroitement appliqués l’un sur l’autre. Elles mesurent 6 y} 30 au grand axe et 5 y. 10 au petit axe. Après leur émission, les chapelets se dissocient et les spores apparaissent simplement ovalaires. A leur maturité, elles montrent les corpuscules entourant un petit nucléus de reliquat (fig. 10).
Au début, elles ne contenaient que des granulations réfringentes
assez grosses.
Clepsidrina Lagenoïdes (Nov. Spec.).
(Kiss Ve PI WI)
Habitat : Tube digestif du Lepisma saccharina. Localité : Vallée de la Creuse.
Les individus sont ordinairement associés deux par deux et la
D und
RECHERCHES SUR LES GRÉGARINES. 119 forme renflée du couple (fig. 7, PI. VI) est bien caractéristique. La
. Grégarine adulte mesure en moyenne une longueur de 150 p. L’épimérite est en forme de bouton sphérique ou ovalaire.
Le protomérite est court, cylindrique, terminé en cône au sommet ; le septum est plan, et le deutomérite se fait remarquer par sa forme étranglée au milieu et dilatée à la base comme une gourde, ce qui permet de distinguer au premier coup d'œil cette Grégarine de toutes ses congénères. |
L'épicyte, à double contour, est finement strié en long. Le sarcocyte montre une fine couche striée, et l’entocyte, à granulations assez grosses d’un jaune brunâtre, renferme un nucléus sphérique avec un assez gros nucléole en son centre.
Les kystes sont sphériques et montrent à la maturité des sporoductes par lesquels les spores sont évacuées sous forme de chapelets.
Les spores, doliformes bitécumentées, sont représentées par la
fig. 8. Elles sont de même dimension que les précédentes.
Clepsidrina Poduræ (Nov. Spec.).
(PL. X, fig. 1 28.)
Habitat : Tube digestif de la Podura villosa.
Localité: Vallée de la Loire.
Individus souvent solitaires, parfois réunis en association comprenant deux ou trois individus (fig. 4).
Cette espèce montre, comme l’Eirmocystis polymorpha, des formes dans lesquelles le septum ne s’est pas développé, d'autres où ilestà peine indiqué, et enfin d’autres où il est bien constitué (fig. 1,2 et 3).
Elle nous fournit ainsi un remarquable terme de transition entre les Gamocystis toujours dépourvues de septum, etles Clepsidrina normales : deux genres qui présentent d’ailleurs les plus grandes affinités.
Les formes dépourvues de septum sont celles qui s’observent le plus
fréquemment. Les sporadins sont comme de petits sacs ovalaires par-
fois renflés à une extrémité (fig. 3); en vieillissant, ils prennent une forme générale plus arrondie et sont souvent disposés en file de trois | individus (fig. 4). Leur longueur n’excède guère 70 à 90 y.
Les formes normales sont un peu plus allongées, avec une légère constriction au niveau du septum qui est plan (fig. 2).
L'épimérite, qui consiste en un petit bouton sphérique aplati, peut persister assez longtemps, coiffé par la cellule hospitalière comme d’un petit bonnet de coton (fig. 1).
Les caractères de l’éicyte et du sarcocyte sont ceux des espèces
précédentes.
L’entocyte à granulations assez grosses, brunâtres, présente souvent des gouttelettes graisseuses réfringentes, colorées en jaune d’or, disséminées danssa masse ou rassemblées plus particulièrement à la partie antérieure (fig. 1, 2, 3, 4).
Le nucléus est sphérique ainsi que le nucléole qui montre une ou deux taches plus claires.
Les kystes, qu’il est fort difficile de se procurer à cause de leur petitesse, doivent être recherchés avec soin à l’aide d'une forte loupe, dans les excréments des Podurelles.
Ilssont sphériques, nettement délimités par une épaisse enveloppe à double contour ; ils ne mesurent pas plus de 70 à80 y. de diamètre et semblent toujours résulter d’un enkystement solitaire.
L'intérieur du kyste est d’abord complètement rempli de grosses granulations incolores. Quelques joursaprès, ilapparaît, en un point situé quelque part sousl'épicyte, une tache jaune rougeâtre constituée par les gouttelettes graisseuses vues au début, en même temps que la périphérie devient plus claire (fig. 5)et montre la phase dé mosaïque. Puis, en regard de la tache jaune, à la surface de la masse granuleuse, apparaît un boursouflement, premier indice du sporoducte.
Ce mamelon naît d’une zone grisâtre périphérique, comme dans le kyste de la Clepsidrina longa.
Bientôt la tache huileuse s'arrange en anneau, et le sporoducte
paraît déjà tout formé à l’intérieur de la zone grisâtre qui en-
veloppe maintenant les spores réunies an centre du kyste (fig. 6),
À la maturité, le sporoducte unique s'évagine, entraînant avec lui la zone huileuse colorée qui se répand dans tout le tube et dont le rôle paraît être ici de lubrifier la paroi pour faciliter le glissement des spores pendant l'émission.
Ainsi évaginé, le sporoducte est un tube long et mince (fig. 7h renflé en poire à la base, avec une légère constriction au-dessus de son point de naissance.
L'émission des spores semble se produire sous l’action de la zone grisâtre qui forme, à l’intérieur du kyste, comme une sorte de poche renfermant les spores, et qui, en se contractant, force cellesci à sortir par l'ouverture du sporoducte.
Les spores sont alors évacuées sous forme d’un long chapelet (fig. 7). Elles sont doliformes avec leurs extrémités biseautées. Les corpuscules sont bien visibles à leur intérieur (fig.8). Leurs dimen-
sions sont de 6 1 8 (grand axe) sur 3 y. (petit axe).
Clepsidrina acuta (Nov. Spec.).
ŒFig. 9 et 10, PI. VL.)
Habitat : Tube digestif du Trox perlatus.
Localité : Poitou.
Les sporadins sont presque toujours associés par deux.
Cette Clepsidrine se distingue de toutes les autres par son appareil de fixation en pointe conique très aiguë au sommet. Cet épimérite se différencie de très bonne heure au pôle proximal, pendant que le pôle distal est le sièce du bourgeonnement qui va donner naissance au protomérite et au deutomérite (fig. 9, PI, VI).
La jeune Grégarine ne reste pas longtemps fixée à la cellule, car son appareil de fixation ne la retient que faiblement.
Dans la suite, l’épimérite semble se rétracter à l’intérieur du protomérite par l'apparition d’un petit bourrelet tout autour de sa
base, et il ne tarde pas à disparaître.
Le protomérite est court, cylindrique, arrondi au sommet.
Le deutomérite, plus gros et plus long, présente une forme cylindrique régulière ou légèrement ventrue.
Le septum est plan ou légèrement convexe ; il présente, en son milieu, un petit épaississement lenticulaire plus réfringent que le reste (fig. 10).
L’épicyte est épais et résistant. Le sarcocyte montre une couche striée magnifique à fibrilles épaisses et spiralées.
L’entocyte comporte des granulations grisâtres de moyenne grosseur ; fréquemment ces granulations se réunissent en petites agglomérations sphériques ou ovoïdes d’environ 15 f1 de diamètre, séparées par du plasma clair, et remplissant ainsi l’intérieur du deutomérite (fig. 9 et 10).
Le nucléus et le nucléole sont sphériques.
Le développement du kyste et des spores, que je n’ai pu encore
suivre complètement, sera donné plus tard.
Clepsidrina longirostris (Nov. Spec.).
(PI. XI, fig. 2 à 12.)
Habitat : Tube digestif des larves de T'hanasimus formicarius.
Localité : Vallée de la Loire.
Obs. : Assez rare.
Les sporadins de cette espèce sont presque toujours réunis par deux et de forme générale ovalaire allongée (fig. 6).
Le développement est représenté par les fig. 2, 3, 4, 5 de la PI. X, dans lesquelles on voit l'épimérite prendre un accroïssement considérable en longueur.
Cet appareil de fixation, complètement développé, représente un rostre cylindrique légèrement renflé vers la base et arrondi au sommet. Sa longueur atteint 50 à 60 y (fig. 5). Il contient un plasma clair, jaune, verdâtre, avec une traînée de fines granulations
au centre et à la base. Quelquefois, il est légèrement recourbé dans
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la cellule ; en vieillissant, il se déforme, se distend et finit par se sé-
parer complètement du protomérite. Le protomérite est en cône arrondi, surbaissé; le septum plan et le deutomérite ovalaire allongé. La longueur du sporadin n'excède pas 100 Le.
L’épicyte à double contour est finement strié en long.
Le sarcocyte, très mince, montre une couche striée à fibrilles très fines et serrées assez difficiles à apercevoir.
L’entocyte à granulations fines d’un jaune verdâtre, se montre parfois rempli de corpuscules pâles discoïdes constitués sans doute par de la substance amyloïde dont il a été parlé plus haut (V. page 85).
Le nucléus et le nucléole sont sphériques.
Les kystes, que l’on recueille parfois en grand nombre dans les excréments, sont petits, ovalaires et dépourvus de zone transparente, Ils mesurent environ 60 à 70 [4 dans leur grand axe;leur paroi présente extérieurement des épaississements réticulés.
Au début, ils renferment deux individus très distincts ; puis leur contenu devient bientôt granuleux, homogène.
Dans la suite, la masse granuleuse se concentre vers le milieu, laissant tout autour d’elle un large espace clair, contenant des globules réfringents assez gros, qui paraissent être des gouttelettes de substance grasse (fig. 8). Les kystes semblent ainsi complètement détériorés, ce qui me fit abandonner un bon nombre de ceux que je cultivais, pensant qu’ils étaient devenus la proie des bactéries.
Cependant, il n’en est rien, et au bout de quelquesjoursles spores apparaissent dans la partie granuleuse centrale dont le volume n’occupe même pas la moitié de celui du kyste. En même temps une zone grisâtre se forme tout autour de la masse sporifère, et un léger soulèvement en un de ses points indique l’apparition d’un sporoducte (fig. 8). Bientôt celui-ci est tout formé à l’intérieur du kyste ;ilest dilaté en entonnoir dans sa portion voisine de la paroi (fig. 9).
La zone grisâtre forme alors une poche intérieure renfermant les
spores régulièrement disposées ; la poche est reliée à la paroi du
kyste par de fins tractus protoplasmiques qui apparaissent tout d’abord comme formés de petites granulations alignées en file.
À la maturité, le sporoducte unique s’évagine, et les spores sont évacuées en un chapelet qui atteint une longueur remarquable avant de se dissocier (1).
L'émission des spores paraît due à l’action du contenu de la zone périphérique (fig. 10) qui, en augmentant de volume au cours de la maturité, exerce une pression sur la poche sporifère ; et en effet il arrive souvent que cette pression étant trop considérable, la poche elle-même est expulsée tout entière au dehors du kyste.
Les spores sont doliformes à extrémités biseautées. Les corpuscules très apparents, de forme allongée, entourent un beau nucléus de reli-
quat. Elle mesurent 7, 40 de long sur 34, 80 de large (fig. 12).
Genre Dactylophora (Nov. gen.).
Appareil de fixation, consistant en un nombre considérable de baguettes digitiformes implantées sur le protomérite dilaté.
Sporadins, toujours solitaires, de forme allongée.
Kystes, sphériques, à déhiscence pyxidaire, avec un pseudo-kyste Jatéral.
Spores, cylindriques à deux téguments distincts.
Dactylophora robusta (Nov. spec.).