MOMS DE LIEUX QUI DÉRIVENT DE ITURRIA
Noms de lieux dérivés de iturria, source : Iturtssa, Yiturisa de Ptolémée (II, 6, p. 48), qui seul nous donne ce nom dans son intégrité. Chez les Vasconsla terminaison sa (aujourd'hui za) signifie quantité (Astarloa, Apologie, 246). On trouve encore dans la contrée une localité nom-
4 . Derrière, à l'origine, s'exprime par atz ou ott. Les dérivés conservent cette différence; ainsi : atzean, ostean^ atzera, ostera, atzUic^ostitkf atzeratu, oiteratu^ escuatzean, escuoetean, etc. De même pour aitza et asta (cb. xiii). (fi.)
3& nECHERCHES
mée Uuren (Mannert, I, 377). Dans l'Itinéraire d'Antonin (p. 445) Iturissa est devenu Turissa, sans voyelle initiale, ce qui prouve que les noms qui vont suivre <mt bien la même origine. — Dans Pline (I, 139, 5), les noms Tucci et liucci (auquels il faut joindre Acatticùi dans l'Itinéraire d'Antonin, 402) ne diffèrent que par Yi.
Je rechercherai plus loin si le fleuve gaulois Aiuri^ (aujourd'hui Adour) appartient à cette classe, ou donne le même radical que le Durius.
Le fleuve Turas ott Turias en Édétanie (Mda, 11^ 6, 6; Plin., 1, 141, 4; PtoL, II, 6, p. 43; Mannert., I, p. 427). La leçon fausse Turulis — (mile des sources) — serait^ ' pour un nom de fleuve, tout aussi inexacte.
rwWa50,danslaGeltibérie du sud(/<m.^nf>,p. 442), la finale so emporte l'idée de bonté, pureté, comme on le voit par Osoay qui signifie sairiy intact, et par la terminaison suna qui indique V excellence^. Un passage remarquable de Pline (II, 667, 2) nous apprend que les eaux de cette contrée étaient renommées pour la trempe du fer. Justin rapporte aussi (XLIV, 3) que k bonne qualité du fer qu'on y travaille est due principalement à Feau de la trempe. Dans VAlavay se trouve un bourg de Turiso, car la suppression de la voyelle initiale n'est pas sans exemple.
Turiga {qui manque de sources), chez les (Celtiques de la Béturie (PUne, 1, 139). Son nom celtique était UcuU tuniacum (quœ et turiga nunc est) *. A cette occasion,
4 . La terminaison complète est tasuna; on emploie aussi amna dans le même sens. OMemina, oHalmuna^^uM, L'affinité avec dtfcc, auç est évidente. * (ff.)
t, Pline, en, rapportant lua différents noms d'une ville» met toujours le nom indigène avant la nom latin. Ici, les deux aoni harharety et le nom celtique précède le nom ibère qni devait être plus femiUer aux Eomaias.
Pline remarque que les noms donnés par les Celtes après leur migration, n'ont pas tardé, par le mélange des peuples, à faire place aux noms ibères.
Turoca (d'après d'autres manuscrits turrige, Itin. Anton. ^ p. 430); les Turodes (Ptol., II, 44), sur la côte nord; Turobriea (Plia., I, 140), chez les Celtiques Turdétans;les Turmodiges (Plin., I, 143), voisins des Cantabres, enfin les Turdétans et les Turdules. Mais ici ^ l'analogie est trop générale et indéterminée. •
Le Nemenivrùsa d'Oihenart {Not utriusque Vasco-niœ, 24) semble la combinaison d'un mot qui m'est inconnu, avec Iturissa, d'autant plus que tous deux existaient en Vasconie : mais le vrai nom de Ueu était Neman^ turùta (PtoL, II, 6, p. 48), ce qui rend la ressemblance bien moindre. Cette dernière leçon se rapproche du nom de ville Nema, en Bétique, qui n'est connu que par les monnaies (Florez, Medallas^ III, 100).
J'aurais cru, au contraire, quHliturgis, en Bétique, (Liv,, XXVIII, 19), dérivait de iturriai et signifiait : la mile sans sources. Mais, d'après Astarloa (ApoL, p. 239), dont l'avis est ici décisif, le t est simplement euphonique* et le nom tout à fait identique à ilurgis (c. 15). Que, du reste, la ville en question soit bien celle que Polybe (d'après Etienne de Byzance), nomme J>.oupy6iav et Appien îXupyiav (VI, 32), la transformation du nom n'en est pas moins certaine.
La grande similitude pourra quelquefois faire hésiter pour l'étymologie des noms, entre les radicaux uria, ura^ etiturria. Je n'ose décider quant à Bœturie. Astarloa (Apbl.^ 235), le dérivant de h avec intercalation du f, l'expUqaô par ville basse ^ ou pays bas.
\ lECHERCHES
KOMS DE LIEUX QUI DÉBITENT DE DITEBS RABIGAXrX.
Je viens d'indiquer les groupes de ncMiis d'origine ba^ que. Voici beaucoup de noms isolés dont la source n'est pas moins Êicile à reconnaître :
Aïaba, en Celtibérie (PtoL, II, p. 46)^ dont les habitants s'appelaient Alabanenses (Plin., I, 143), dérive, d'aj»^ Astarloa (ApoL^ p. 228), de aray aria, snr&ce ]^ane, et ha, plaine large, basse. La province actuelle à^Alava doit avoir reçu des indigènes le nom à^Araba. Le mot alba, qui figure parmi les noms de lieux ibériques, peut être considéré, tantôt comme un mot latin, par exanple lorsqu'il sert d'épitbète à Urgao (Plin., I, 137), tantôt comme une contraction de Alaba. Cest probablement le cas de YAlba des Vardules (Plin., I, 143), dans la province d'Alava. D'autres noms de cette espèce dérivent peut-être de Alboa, côté incliné de montagne. Cest ainsi qu'AstarloaUpo2.,229) explique Albonica (Itin. Anton^^ p. 447), dans l'intérieur de l'Espagne, qu'il fait dériver, en supprimant la lettre n, de ica, à pic, ce qui donne : {Lieu du côté oh la montagne est à pic). Albocella (Ptol., II, 145), chez les Vaccaens, a certainement la même origine, et si le même lieu est appelé Aïbucella dans l'Itinéraire d'Antonin, page 434, cela tient à une conversion encore usitée dans les dialectes, car en biscajen on dit AUma pour Alboa. La terminaison cellum (hélium) ou ocellum, se
retrouve dans YOcellum des Vettons (Ptol., II, p. 41), dans YOcellum des Gallaïques Lucenses (Ptol., II, p. 43), dans les Ocelloduri de l'Itinéraire d'Antonin, et avec une légère altération dans YOcilis d'Appien (VI, 47). Dans les Alpes graiennes * existèrent les Garo ou Grajocèles^ et dans le môme pays, mais faisant partie de la Gaule cité^ rieure^ une ville à^Ocelum (César, de Bello gallico). Je me hasarderai d'autant moins à en donner Tétymologie^ qu'on remarque aussi en Bretagne une pointe de terre Ocelum, et que ce nom peut bien être celtique.
De Ara y surface plane, proviennent : le nom des Aravi^ qui figure dans l'inscription du pont de Trajan sur leTage, à Alcantara {CellariuSy I, 58); Aràbriga (Ptol., II, 41), chez les Lusitans ; cependant les mots latins et indigènes sont si souvent combinés dans les noms de l'Espagne ancienne, que Ara devait être un mot latin; Aradllum des Cantabres (Florus, IV, 49). Dans le nom des Aranditans, (Plin., 1, 229), ^ra est combiné avec Andia, grand, lieu ; peuple de la grande plaine. D'après Astarloa, beaucoup de familles de Biscaye portent ce nom : Aratispi, entre Antequera et Malaga; Ispi est tout à fait basque '. Pour les mots commençant par ar, comme Arunda^ Arunci, (Plin., I, 139), chez les Celtiques de la Bétique, l'étymologie est douteuse, car ils peuvent dériver de Arria^ pierre, ou d'autres mots.
Alavona des Vascons (Ptol., II, 48), beau lieu de 2>àtU'
h. Les Alpes graiennes ou grecques commencent au mont Blanc et courent au sud, puis au suTl-est, jusqu'au mont Cenis. (Trad,)
2. Carter's Joumey from Gibraltar to Malaga, II, 447. Dans son voyage, qui ne comprend qu'une faible portion de l'Espagne, Carter a recherché l'emplacement des anciennes villes, et en a découvert quelquesunes dont les inscriptions et les monnaies ne parlent pas. Ainsi : Aratispi, Çartama, Nescania^ Sabara. (H.)
rages ; ona bon, alakoua (dialecte de Labour aihàffoa)^ pacage. Lecua signifie lieu *. Si la leçon allohon, de ritinéraire d'Antonin, page 444, est plus exacte, le met souche serait le substantif basque a/Aor, champ, ^/on^ (Mêla, II, 6) semble le même nom. Voir cependant les commentateurs de Mêla sur la probabilité de son origine grecque. Mais dans Alontigiceli et peut-être aussi dans Alostigi (Plin., 1, 139, 10), le môme mot paraît accompagné de la terminaison de lieu tegui.
Aritium en Lusitanie {Itin, Anton., 418), de aria^ paouton, lieu où Ton trouve beaucoup de troupeaux de cette espèce (Astarloa, ApoL, 230).
De arritty pierre, avec la terminaison de lieu aga^ dérive ArHaca {Itin. Anton. , 436), chez les Garpétans. Ptolémée appelle la même ville Caracca, mais c'est là certainement comme Astiaccay autre variante, une altération du mot véritable.
La même terminaison, extrêmement fréquente dans les noms basques actuels, se trouve dans le tarraga des Vascons (Ptol., Il, 6). J'ignore la signification de la syllabe initiale de ce dernier mot.
D'après Astarloa {Apol.y p. 232), Arsa en Béturie (Ptol., II, 40) et, comme on l'écrit actuellement, arza dérivent de arria et de la syllabe qui indique l'abondance : quantité de pierres.
Astarloa analyse de môme le mot ar%i dont la fin lui paraît être la terminaison de lieu tegui. Il croit cependant que l'on peut aussi expliquer ce mot par artea^ chêne-rouvre (en dialecte biscayen artia), et par eguij côté de montagne, bord d'une chose, comme u^ lieu situé
4 . Le radical ala, dont on ne trouve que les composés, n'est -autre chose que le latin alere, de même que lecua n'e$t que Imu. (fl.)
sur le flanc d'une montagne couverte de chênes. Dans ce cas, le nom serait complètement basque *•
La ville A^Aspisiltin. Anton. ^ 401) porte aussi un nom entièrement basque, qui lui yient sans doute de sa situation dans un bas-fond^ car Aspiy dont dériyent en dialecte biscayen les adjectif aspija et aspicua^ signifie, d'apràs Astarloa : placé en bas y au-dessous. Larramendi en fait, par un changement d'orthographe, la préposition azpian ^. Les noms de la même catégorie sont a^pavia (auctor incertus de Bello hispanicoy 24), et aspaluca {Itin. Anton. , 453), dont la terminaison rappelle à Wesseling le latin lucus. J'y verrais plutôt le basque lecua, qui forme beaucoup de composés.
Attacumdes Celtibères (Ptol., II,n. 4ld),Attubi (Plin., I, 139) et attegua (Dion Gassius, XLIII, 33), enBétique, rappellent atea^ porte, et atarbea, toit, dont la racine est at à mon avis.
Balda, chez les Turdules (PtoL, II, n. 39). J'en ignore
1. Egui ne se trouve pas dans Larramendi. Le vocabulaire manuscrit donne heguiay bord^ montagne. Les mots du dialecte de Labour qui y sont mentionnés figurent dans Astarloa, qui se servait du dialecte biscayen, et manquent au dictionnaire de Larramendi qui donne les mots gutpus' eoana. J'avais déjà observé dans le pays que les dialectes des localités lesi plus éloignées les unes des autres, offrent plus de ressemblance que les dialectes des lieux les plus voisins^ quant aux mots qui ne sont pas d*un usage habituel. (if.)
â. Astarloa distingue entre èe, qui marquerait un bas-fond plat ei étendu {boxa superfidal)^ et aspi, indiquant Télat d'un corps qui se trouve pressé sous un autre. Pourtant Larramendi dit tout aussi bien cerupean que ceruaren azpian (sous le ciel). Àspi et azpian sont ioFoiës avec pi (même sens que pe et be)» — Pe^n oupt-an, est employé comme affixe ; azpian, au contraire, comme préposition indépendante, gouvernant le génitif. Azpian n'est donc que la combinaison de l'afBxe avec un mot as ou az qui, d'après son analogie avec d'autres mots, emporte en effet ridée de presser, charger,