U RECHERCHES
cour de maison. Ce nom exprime ce qui caractérise toutes les villes, une place vide enclose de maisons et de murs. La terminaison de es^-cu^a est la syllabe co, caractéristiqae de Fadjectif, et qm dans le dialecte biscajen se combine avec l'article et devient cua. Dans es-ca-di-'a, di indique Tidée de lieu, et ca est joint au sujet pour démontrer que quelque chose arrive avec ou par lui.
lldum, sur la côte méridionale de la Tarraconaise (Itin. Anton., 399), de'hildoa, sillon.
Si l'on s*en rapporte à l'explication donnée par Sestini, d'une inscription celtibère {Description des inédaUles espagnoles^ page 157), cette ville est appelée sur les monnaies Ild'Uri, ville du champ, ville du siUon.
lUunum des Bastétans (PtoL, II, 47), de illuna, obscar, noir, s'emploie aussi pour désigner un ciel nuageux.
Istonium, en Geltibérie (PtoL, II, 46), de istUia, petit lac, étang (en espagnol charca). La terminaison est ona on plus exactement unium, de unea, contrée, le lieu des petits lacs.
Laberris, en Asturie (PtoL, II, 44), dont la terminaison rappelle Ascerris (voir plus haut, c. 13). Car l'étymologie d'Astarloa, qui fait dériver les premières syllabes de labea, four {qui contient beaucoup ci^/ôtirs), est invraisemblable.
Erro (Alphabet, p. 282) prétend avoir découvert sur une médaille le mot Otzerri, qui est tout à fait basque, et signifierait : un lieu fi^d.
Lambriaca, flaria lambris, de lamboa, lambroa, pluie épaisse, nuage qui tombe (en espagnol brurna^ en français brouée), est aussi rendu dans le dictionnaire de Paris par obscurité, nuage. Cette dénomination s'étendait à toute la chaîne nord des montagnes.
Le promontoire des Callaïques, Lapatia (PtoL, II« 42),
dérive de lapa, crustacé qui s'attache aux rochers, et de la désinence iza qui indique Tabondance.
l^e fleuve Lamum, les Larnenses (Plin., I, 142), chez les Lalelans, et la ville de Larna^ en Geltibérie (carte de Reichard), de larrea, pâturage, lande. Larrena même vient de larri^tUy croître, d'où le nom de larras^guena, dernier temps de la croissance y donné à l'automne. Lartigi (Plin., I, 140), enBétique, rappelle, bien que Tétymologie ne m'en paraisse pas sûre, lasta, le gravier employé pour lester les navires, ou lastoa, paille, propre à servir à la construction; d'où last-ola, hutte de paille. La terminaison est l'aflixe de lieu Teguia.
Lavara, en Lusitanie (Ptol., II, 41), de lauha, plane, d'où s'est formé l'adverbe lauharo.
Je traiterai des finales de leo-n-ica. Les initiales pourraient bien dériver de leorra, sec, aride, leorpea, (en espagnol tinada)^ parc pour les iroupeauco, ou de leuna, lisse. Je crois que ce nom, comme le précédent, désignait une ville bâtie sur un terrain en pente.
Lissa des Jaccétans (Ptol., II, 6, p. 48), de lizarra, en dialecte de Labour leizarra, cendre. Cette étymologie pourrait être taxée d'arbitraire, si Tlbérie n'eût renfermé deux localités du nom de Fraocinus, l'une en Lusitanie et l'autre chez les Bastetans {Itin. Anton, y 420-404).
Lobetum (Ptol., II, 47),' dans le voisinage des Geltibères, et Lubia des Arévaques (Plin., I, 143), dérivent probablement de lobioa, parc à bestiaux, d'après le dictionnaire manuscrit de Paris, ou de lubeta, digue de terre (de lurra^ terre). Cette explication me parait la plus vraisemblable, car les villes, dans ces temps reculés, n'étaient que des espaces fermés où se réunissaient les hommes et les troupeaux.
Lucentum (Plin.^ I? i41), si toutefom ce nom est d'origine indigène, vient de lucea^ large, Vaste. Gela est douteux pour le Lucênses des Gallaîques, car leur (Capitale s'appelait Lucus Augusti.
Malia des Arévaques (Appien , YI, 77) , Matiaca des Astures (PtoL, II, 44) et Màlaca en Bétique sont (les deux derniers avec la terminaison de lieuaca) de purs mots basques, venant de maUcarra^ c6té de moiitagne. Cette signiâcatlon du radical est encore démontrée par malda^ colline, d'après le dictionnaire manuscrit de Paris, malla^ degré, et par Tadjectif mafcorra, roide, escarpé. Malceca, en Lusitanie {Itin. Anton., 417) y appartient probablement à cette catégorie, mais je ne puis expliquer sa terminaison.
Le fleUve Mearus^ chez les Gallaïques, sur la côte nord-est (Mêla, 3), d'après Ptolémée et la carte de ileichard, Metarus, de mea, suivant la leçon de Mêla qui semble la plus eiiacte; mea (en dialecte de Labour, mehea) signifie étroit, mouvant, creux, par opposition à large, d' où mince, fin (en espagnol ralo, claro, an^ gosto). Ce mot exprime certainement l'idée de creux et d'étroit, car il sert à désigner les filons du métal, et me-atzca veut dire mine. On l'emploie aussi à désigner le lit étroit d'un petit fleuve. Je rapporte au môme radical (car mea devient mia en dialecte biscayen) Miacum des Carpétans {Itin* Anton., 435), qiii devait posséder des mines. Au sujet du fleuve Minius, je remarquerai seulement que, d'après le son, la même dérivation serait admissible, car mihia, langue, se dit aussi migna, d'où minza^ le mot. Astarloa (Apologie, 254) en fait provenir le nom du Mi- Imi, avec cette différence qu'il veut trouver dans la seconde igrlkbe la désin^ifie primitive no. Le changement de me en mi est fréquent dans beaucoup de noms d'aujomrd'hoi.
SUR LES HA'BITANTS PRIMITIFS DE L'ESPAGxNE 4?
Moron et Morosgi (Plin.j I, 227) viennent de morutu^ qui avec le changement d'une voyeUe api>artieût à murua. Le substantif morft^ai qui s'en est formé, s'emploie pour désigner les montagnes, surtout les plus hautes.. Le dictionnaire manuscrit de Paris traduit monts Pyrénées par Mortua^ qui s'emploie aussi comme adjectif; d'où Mor-^ tuco^chirripac {les sources d'eau es hautes monta*gîtes). Larramendi rend mortua par désert, mais c'est là une signification dérivée. Ces noms indiquent des lieux situés dans les montagnes; dans Morosgi, gi est ajouté et 1'^ pourrait bien être le z du génitif.
Monda, en Bétique (Plin., 139), le fleuve du même nom en Lusitanie, et Mundobriga^ de munoa, colline» Dans le dialecte de Labour, ce mot se dit Monhoa^ Monhvu^ Montoa^ et Ton peut aussi l'écrire exactement il/onrfa *fc
MvruSj en Garpétanie, est peut-être le mot latin qui servait à désigner la station {mansio).
Mais le mot mur est évidemment d'origine indigène, et, d'après Astarloa, dérive du basque murua^ colline, sommet, entassement^. La grande quantité de noms de lieux et de familles de cette ôouche, qu'il a remarqués dans sa province, ne lui permet-pas d'en douter. Parmi les anciens noms ibériques on y rapporte encore Murgis (Pline, 137), frontière orientale de la Bétique, la ville sans collines^
4. Les mots basques qui signifient montagne sont très^nombreux. Ainsi, parmi les seuls radicaux commençant par m, on compte : mal^ mul, men, mo», mun» Le mot laUn mons ne venant point du grec, pourrait bien être d'origine basque. (H.)
SI. Il en conclut que le latin murus dérive du basque. Larramendi (Y. te$o) rend aussi muruà par fàoie$; el le vocabulaire manuscrit, par ^OAceou, tas, pUe. — Mwtw, ne dérivant pas du grec, les mois basque «t latin soni probablement de môme souche. ^ Mur se retrouve dans beau» coup d'autres mots, ce qui rend invraisemblable une origine latine.
(ff.)
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d'après Astarloa {ApoL, 242), et les Murboges, voisins des Cantabres (Ptol., II, 45).
Le fleuve des Lacenses, Navilubio, se rapporte à Fla^ vionavia, dont nous avons parlé plus haut. Les dernières syllabes rappellent le mot basque luheta, digue. La racine estNabius, nom d'un fleuve de la même contrée (PtoL, II, 42).
Octaviolca, chez les Cantabres (Ptol., II, 45), est un des principaux noms de TEspagne formés d'éléments romains et indigènes. La finale ol est la désinence basque indiquant l'idée de lieu : lieu à^ Octave (Astarloa, ApoL, 79). La désinence ola s'est conservée sans changement dans le nom de la ville lusitanienne Tribola (Appien, 6, 62), que Mannert, je ne sais pourquoi, appelle Tribola. Cet affixe forme la désinence de Obucula dans l'intérieur de la Bétique {Itin. Anton. ^ p. 413), qu' Appien (VI, 68) appelle opo>.xo>.a. Astarloa donne à cette ville le nom de Obecula, de o, voyelle qui indique la hauteur, et de be, bas, d'où beectia, chose basse, ville entre deux hauteurs. L'examen des noms actuels Obecola, Obecuri, lïe prouve guère cet adoucissement de la voyelle principale. Cet ola pourrait bien être tout simplement la désinence si fréquente des noms ibériques en ulo^ ula^ uli, car dans les dialectes d'aujourd'hui, Yo et Yu se prennent l'un pour l'autre. Exemples : Bœcula, Bœtulo, Barbesula^ les Bastules, Bergula (Ptol., II, 47), Calucula (Plin., I, 138), Carbula (Plin., I, 136), CastulOy le fleuve Singulis, Turbula, (Ptol.^ II, 47), les Turdules et les Vardules. Cette explication ne doit être adoptée qu'avec beaucoup de réserve, pour quelques noms dont la désinence est d'origine latine, peut-être diminutwe (comparer plus haut Deobrigula^ etc.). On ne peut les tenir avec certitude pour in-
digènes, que lorsque le reste du nom est basque, comme dans Abula des Bastétans (Ptol., II, 47), de abe, abia, qui, d'après Astarloa, signifie forêt, bois, Astarloa ne mentionne pas Abula^ mais fait dériver Abarum (Ptol., II, 42), clairière, de abia et arua (séparé, non épais), et compare avec les anciens noms les noms actuels Abaroas et Abaroteguis *. (V. Avarus, c. 21.)
Si Phiutty pin, n'est pas un mot latin qui s'est glissé tard dans la langue , Pintia des Vaccaens et Pinetus des Gallaïques en dérivent sans doute (Ptol., Il, 44, 45).
Saldîiba, nom antique de Cesaraugusta (Plin., I, 142), pourrait venir de Saldoa , troupeau de brebis ou de chèvres, et la désinence de ubera, gué, car la ville était située sur l'Ibérus. Il y avait une ville et un fleuve SaU duba en Bétique^. (Voy. Ptolémée, Pline et Mannert.) Je n'ose décider si Corduba, Calduba, et Onuba, en Turdétanie (en acceptant cette leçon qui semble la plus exacte d'après les monnaies), appartiennent au même groupe. Astarloa fait dériver ce dernier nom de ona et ba : au pied d'une colline.
Le fleuve Sanda (Pline, I, 227), de zana, veine, dans le sens plus naturel de lit de fleuve^. Astarloa a été amené par la leçon fausse Sanga à cette explication invraisemblable de : fleuve sans veines^ c'est-à-dire sans bras, de
4. Larramendi rend abea (diaL guipuscoan) par colonne; dans le dictionnaire manuscrit, habea (dialecte de Labour) est rendu par pilier. — Astarloa (dialecte biscayen) l'explique par : arbre mince et élevé ; comparer avec le latin abies, (H,)
2. Astarloa fait dériver ce nom de zaldia, cheval, et le compare avec zoldibar, que les Espagnols nomment aussi saMua. — Sur la dérivation du latin sal voy. ch. 20. {H,)
3. On songe ici involontairement aux mots allemands sehne (nerf) et zain (barre). Zaina est aussi une autre forme basque de zana.
ga^ sans* Le fleuve Saunium, en Gantabrie, dans lequel tombe le précédent (carte de Reichard), appartient à cette catégorie. Le dictionnaire manuscrit de Paris donne aussi 5jria pour le synonyme de Zana^ ce qui pourrait expli- ^wr le nom de la ville des Pélendons, Savia (PtoL, II, -^\ située peut-être sur un cours d*eau. Mais comme, tTirriès une confusion familière au peuple (et à laquelle J3L lan^e allemande doit le mot spanader), zana signifie il::^ nerf, je n'ose prononcer sur la véritable signification vie ^ar%a.
San, fleuve du pays des CaUaïques (Mêla, 3), et Sanibrisy viennent probablement de saroya, forêt. Si la iiéânience de Sarahris vient par altération de cerrij le Epùm pourrait bien dériver de sar, entrer, car le môme Torbe signifie aussi prendre possessioUyCe qui indiquerait q-K ce lieu était une colonie récente.
S'eîcimbhia, en Bétique, signifie : entre deux plaines, £e ^7 ^ selaya, plaine. Tous les mots commençant par jW îtîd-v-ffiDl du même radical.
Cem signifie, d'après Larramendi, colonne vertébrale, ^L rajrès le dictionnaire manuscrit de Paris, coUine, Lammfnrfî en fait dériver le mot espagnol Cerro, qui î^sscza-Je ausâ dans deux sens, et qui ne parait pas venir ra jinn. Le basque Serra donne Tétymologie de SeriHf '>ir'ijnii, di Serpa, viUesdela Bétîque.
^'uiv/t Tite-Live, 28) des Orétans peut bien venir de 4'' .A. iu«tî, foxLd d*une vallée, ainsi que la ville hisHaliifnutt: iî7ii;i^ que mentionne Sestini (Description des ^0,4-rdfMlée^ ^f^tz*p-.:le3\. Le nom du fleuve Silicense (Hîr- Uu„ ùt 2j^ altixandrino, 57) est douteux» et n'est poinl •Vi/ii^int jjwmus^
.St/'/fr . tes Liiitinâ* qui était situé sur un cours d'eau
(PtoL, II, 43), et le fleuve Supis dans là même contrée, rappellent Zubia, pont; mais les étymologies de cette espèce sont toujours fort peu sûres.
Les désinences de Talàbriga et Talamina paraissent d'origine celtique. Mais le reste des mots n'en est pas moins basque, et le mot Tala {excidium siharum) du dictionnaire manuscrit de Paris s'applique très-bien à la fondation de nouveaux établissements. Dans Talori, en Lusitanie {Cellarins), la syllabe tal est probablement liée à uria, ville, et Vu s'est seulement plus tard changé en 0. Chez nous, un grand nombre de localités ont pris leur nom de défrichements opérés dans les forêts.
Tingenteray en Bétique (Mêla, II. Carte de Reichard), avait probablement emprunté son nom à la côte d'Afrique, car il est difficile d'y reconnaître le radical basque tincay fermey stable.
ÉTYMOLOGIE DES NOMS ! BASQUES, BISCAYE, ESPACfNE, IBÉRIE.
L'étymologie des noms anciens et actuels des Basques est d'une grande importance pour nos recherches; aussi je m'en occuperai avec un soin particulier.
Basoa^ forêt, bois, est un radical d'où proviennent les noms des Bastiians ou Bastétans, et de leur cité (Basti), sur la côte sud de la Tarraconaise (Itin. Ant., p. 401). Le nom de la ville paraît être le même que Bas-efa, pays
n% RECHERCHES
de forôt^et l'adjectif ^a^fifan^ ou Bastétàns s^en est formé. Oa trouve chez Ptolémée Basitania , dérivé de Basi^ ville des Gastellans (II, 6, p. 48). Bascontum en Vasconie est basa coa : {qui appartient à la forêt). De la môme manière se sont formés les mots Vasconie et Vascons. La persistance des auteurs anciens à écrire ces mots avec V ou uaj au lieu de 6, est extraordinaire. Ptolémée écrit Bascontum, mais cette étymologie n'explique pas le véritable nom indigène du peuple, car les Basques d'aujourd'hui ne se nomment pas Basocoac, mais Euscaldunàcy leur pays Suscalerria, Eusquererria^ et leur langue euscara^, évoquera y escuara. Aldunac (de aldea^ côté, partie), duna^ désinence d'adjectif, et c, signe du pluriel {qui appartient à un côté, à une partie)) erria^ara^eiera ne sont dans ces mots que des auxiliaires. La racine du mot est eitëc ou esc. Dans .l'idiome d'aujourd'hui, le nom du peuple est donc les Euskes ou les Eskes^ et il n'y a aucun motif de penser qu'il ne fût point le même dans l'antiquité; seulement, il est fort difficile de décider si les auteurs étrangers ont changé ce nom en celui de Vascons, ou si ce dernier, venant de basoa^ appartient à une autre souche. Il ne faut pas penser à faire dériver basoa des mots eicsc et esc. A ce radical appartiennent les noms de ville Vesci (Pline, I, 137) et Vescelia (Livius, 35, 22), et le pays des Vescitanie^is, où se trouvait la ville d^Osca, qui joue un rôle important parmi les noms de lieux espagnols, car on en trouve deux autres chez les Turdules (Pline, I, 138) et en Béturie (Ptolémée, 24, p. 139). Combinée .avec d'autres mots, elle donne Ileosca, Itôsca et
4 . Cependant, le mot langage ne se retrouve en aucune façon dans eusc-ara, — Langage (dialecte bîscayen) s'exprime par hiz-cuntza, de hitza, mot, et min-tzoa, de «lîftta, mina, langue. (H.)
Menosca (Pline, I, 227), de mendia j montagne, mont Oscay chez les Vardules. A cette famille semblent appartenir Virovescà (Buruesca) des Antrigons (Pline, I, 144), et la peuplade ibérique des Av^cii d'Aquitaine, avec leur capitale Iliberrum, de même nom que Illiberis en Espagne (pille neuve). ,Osquidates est plus douteux. Astarloa, qui garde le silence sur la racine du mot euscara^ se trompe en faisant venir Osca de ofoa, bruit. Je me suis contenté de montrer la conformité à'Osca avec le nom antique des Basques. La véritable étymologie de ce dernier nom est douteuse. J'en hasarderai une cependant, que je soumets à de plus savants que moi dans la langue basque. Eusi est un verbe, et signifie aboyer (eusi, ladrar; eusia^ ladrido) (dictionnaire de Larrameudi). L'idée de l'aboiement d'un animal ne doit pas faire illusion sur le sens du mot. Sa signification originelle est très-probablement : son, bruits cri. Il est très-naturel de rendre l'idée de bruit et de cri par un choc de voyelles; ainsi, cri s'exprime en basque par eia-gora, auhena, ojua, et la bouche par aoa. Etes renferme donc l'idée de ; langage, que naturellement le peuple appliquait à son propre idiome, puisqu'il n'en connaissait pas d'autre. Eus-c-ara signifie donc : manière de parler des indigènes; langage xàx' e^o/nv. Le peuple avait coutume de se désigner ainsi par la langue qu'il parlait, et de même que ettsi et otsa ont de l'affinité, osca et eus'C-aldunac en présentent aussi. Astarloa lui-même explique Osca par ofea, mais se trompe dans l'application. D'autres raisons prouvent encore que le nom d!Osca doit> se rapporter-à tout le peuple des Ibères. Les sommés énormes S!argentum oscense, que Tite-Live nous assure dans plusieurs passages avoir été envoyées à Rome par les généraux romains, ne peuvent certainement avoir été frappées
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dans une des petites villes appelées Osca (Tite-Live, 34, 46; Fierez, Medallas, 2, 520). Il est remarquable que les mines d'argent ne se trouvaient point dans le domaine des Ilergètes, où était située la seule ville du nom à'Oscay mais en Bétique, Fierez réfute ceux qui pensent que les Romains faisaient frapper à Osca Targent recueilli ailleurs, et son opinion a acquis une grande autorité depuis que Sestini {Description des médailles espagnoles) a prouvé que toutes les monnaies à' Osca sont du temps des empereurs. Fierez ajoute que les Romains entendaient par argentum oscense l'argent recueilli en Espagne, portant une légende en écriture ibérienne, c'est-à-dire etcscique, oscique, ou basque. Cette conjecture, qui explique tout, paraît extrêmement vraisemblable. Fierez croit encore que la ressemblance de l'ancien alphabet ibérien avec celui des Osqiies italiens peut avoir donné lieu à ce nom à' oscense; mais il n'a pas réfléchi que l'adjectif du nom d^Osci n'est pas oscensis, mais oscus.
Nous remarquerons que le mot eus-c-al-dun-ac peut être pris en opposition au mot er-d-al-dun-ac. Le premier sert à désigner ceux qui parlent basque, et le second ceux qui parlent une langue étrangère. Larramendi démontre que par langues étrangères les Basques entendaient seulement les plus voisines, notamment la romane, nom donné par les Biscayens à l'idiome castillan, et par les Basques français à la langue française. L'expression erdara ne comporte à l'origine aucune idée d'étranger, mais le mot se décompose en ara et erria, terre, pays, séparés par le d euphonique; il signifie langue du pays. Le roman était bien, en effet, la langue de la France et de l'Espagne, mais les Basques de ces deux contrées, par opposition à la leur, la considéraient comme étrangère, ce qui explique
pourquoi Larramendi traduit ce mot par lingua père^ grina ou lingna Hispaniœ vemacula.
Au nom actuel Biscaya, ou Vizcayay se rapporte le. nom de ville Biscargis (Ptol., II, 6, p, 47), ou Bisgargis (Plin., I, 142, 5), en Ilergaonie. Astarloafait dériver J5/5» cargis àeBizcarray colline {ApoL, p. 236); le radical biz, combiné avec caya, chose^ donne une bien meilleure étymologie de Vizcaya (terre de la montagne , de la colline) que celle d'Astarloa. Ce savant, dans. des manuscrits qui m'ont été communiqués, explique le mot par hitsa^ écume, et caya, baie : haie pleine d'écume.
L'étymologio d'Hispania me paraît fort peu claire. Astarloa veut qp^E^ana soit le mot primitif, dérivant de ezpana (en basque, bord, extrémité d'une chose) ^ à cause de la situation du pays sur la mer, et à l'extrémité de l'Europe. Cette explication n'a aucune vraisemblance, car la forme espagnole n'est qu'une altération du latin. Je n'ai rien de satisfaisant à y substituer. J'observerai seulement que plusieurs mots basques commencent par isp^ et qu'il y a encore en Biscaye des noms de lieux de cette espèce, comme Ispaster, qui rappelle Ipasturgi, en Bétique (Plin., I, 138), et que Plutarque (Sertorius, c. II), cite un chef lusitain du nom de Sparncs. L'initiale his se rencontre dans des noms de lieux ibériens; ainsi : HispaliSy ainsi nommée (Isidore, Orig., XV) de sa situation dans un lieu marécageux et de sa construction sur pilotis; étymologie aussi peu sûre que celle rapportée plus haut de Solorius mons. Il y avait un hispellum en Ombrie (Plin., I, 171, 7). On fait dériver habituellement Ibérié du fleuve Iberus. Rien de plus invraisemblable si Ton considère soit les migrations des Ibères, soit les pays qu ils occupaient. Une racine plus naturelle serait 76ia, fleuve de l'extrémité nord-est de
ribérie (Mêla, III, 19), et Ibis^ ville mentionnée seulement par Tite-Live (XXVIII, 21), dont la situation n'est pas indiquée, mais que, par induction, on suppose avoir été voisine de Garthagène. Etienne de Byzance parled'une ville SUhylla. Les mots basques qui prêtent aussi à cette étymologie sont : ihilliy aller, voyager; iberri, joindre à; tharra, vallée; ibaya, fleuve. Astarloa {ApoL, 253, 254), fait dériver le nom du fleuve Iherus H^iiaya, eroa^ erua : écumeux. On ignore s'il y a quelque rapport entre le nom : Ibères et les noms : EuskeSy Vaskes. Ce qui n'est pas démontré, c'est que toutes les peuplades ibériques se qualifiassent du nom SUbères; il est beaucoup plus probable qu'à une époque très-reculée, le nom d'une de leurs tribus fat considéré par les étrangers comme celui du peuple entier.