S RECHERCHES
fait semblable existe en Espagne. Comme les Pannoniens étaient une peuplade illyrique, il est plus naturel de penser qu'ils trouvèrent ce lieu où ils s'établirent, portant déjà ce nom, que de supposer qu'il n'est pas celtique.
J'ai plus haut (c. 20) représenté comme hasardée l'opinion d'Astarloa, qui veut que le nom de la ville celtibère Mediolum dérive du basque mendia, montagne. Il est évidemment celtique. Il y avait en Gaule deux Mediola-nuniy chez les Santones et chez les Aulerci Eburovices. Les Gaulois émigrés en Italie donnèrent le même nom à la nouvelle cité qu'ils y fondèrent (Mannert, ch. 2, p, 22). On trouve aussi en Bretagne et en Allemagne un Mediolanum ou Mediolanium, vraisemblablement d'origine gauloise. Au même radical appartient aussi le mont Medu- Ims des Gallaïques, qui rappelle les Medulli , peuplade gauloise de la côte sud-ouest. Il faut observer aussi que la ville et la montagne appartiennent au domaine des noms en hriga.
Je citerai encore Nemetohriga et lè^Nemetates (Ptol., II, 6, p. 44). Ces noms semblent celtiques, si on les compare avec des noms de la Gaule tout à fait pareils : Augustonemetum dans l'Auvergne factuelle, Nemetacum et Nemetocenna (si ce ne sont pas là deux désignations d'un môme lieu). Le nom des Nemètes pourrait bien aussi s'y rapporter, quoique ce fût une peuplade germanique émigrée en Gaule. BuUet (I, 71) fait dériver Augustonemetum de w^Tw^if (d'après lui temple, lieu saint) ; en irlandais, en effet, naomtha signifie saint. L'ancien nom de Nîmes, Nem^U" ms, semble avoir la môme origine *.
4 . Bullet donne de plusieurs mots basques des ëtymologies tout à fait inexactes. Ainsi il fait dériver Aitura du mot celtique Siur, fleuve. Je
Le nom de la peuplade celtibère des Berons se rapporte au mot hery lance, pique (Owen) , encore usité dans le pays de Galles, et qu'on retrouve en Basse-Bretagne, de même que &^r, trait (Le Pelletier). Le mot Berones (Hirtius, de Bello Alex., 53) ne me paraît être ni un nom de peuple, ni une leçon fausse. C'était sans doute la traduction celtique du mot : armés *.
Le nom des Suessions en Gaule ne suffit pas à déterminer le caractère celtique de celui des Suessétans, qu'on retrouve aussi en Italie (voir plus bas).
Sur amba, voir c. 21 .
Si, avec Mannert (III, 655), on tient mina pour une terminaison celtique, il faut aussi mentionner Talamina, cité des Gallaïques (PtoL, II, 6, p. 44), dont l'initiale est commune à Talahrigay autre ville de Lusitanie.
Presque toute la contrée où se rencontrent des noms celtiques, depuis les Gallaïques jusqu'aux Gantabres, est traversée parla chaîne de montagnes Vindius (PtoL, II, 6, p. 43), ou Vinnius, selon la leçon (fausse) de Florus
parlerai plus loin de Stura (c. 32). Si le mot Stur a le sens de fleuve, en celtique, il n'a rien à voir avec le nom espagnol Astures. Au sujet de la Cava, fleuve des Pyrénées, il s'exprime ainsi : Cap, nom appellatif de rivière, devenu propre de celle-ci. On pourrait en conclure qu'il existe, ou qu'il a existé en basque, un mot Cav, avec le sen^ de fleuve. II n'en est rien. Presque tous les torrents des Pyrénées françaises portent le nom de Gaves f et sont distingués «seulement par les lieux qu'ils parcourent. L'appellatif est devenu nom propre, mais, à l'origine, il ne signifiait pas fleum. Le radical gav, comparé avec cavus^ xoîXc;, donne le sens de creux, vide, fente. De là métaphoriquement les mots basques gabenda (manque), gabe (sans), préposition et terminaison négative, et gava, gaba (nuit). Le mot s'explique ainsi par le lit de ces torrents, véritable creux ou fente entre les rochers. (H,)
^ . Le nom de la peuplade celtibère des Arevaques parait celtique, si on le compare avec celui des Bellovaques gaulois (César, II, 4). Cependant Erro fait dériver areva ou areba des mots basques area et ba, qui signifient plaine basse, (H.)
94 BEGHBACHES .
(IX^ 12, 49); non loin de rextrémité orientale de cette chaîne était située la ville de Vindeleja (Itin. Ant., p. 454), d'après Ptolémée Vendelia (2, 6, p. 45). Je ne connais pas de troisième nom analogue dans la Péninsule. En Bretagne et en Gaule, j'en remarque au contraire dix ou onze commençant par vind, et ne différant que par la terminaison. Gela suffit, à mon avis, à les faire reconnaître pour celtiques, et je suis loin de trouver décisives les raisons qui ont porté Mannert (111, 526) à prendre les Vind^Uci pour les Wendes. L'analogie des noms gaulois et bretons, rapprochée de celle qui résulte de la comparaison des contrées habitées par ce peuple rend bien plus naturelle Torigine celtique de son nom. Gelui d'une de leurs tribus, les Breons ouBrions, paraît également celtique, et se rapproche de Brigantium et de Briga. Vindobcma ou Vindomina parait aussi tout à fait celtique, et réhsion du d dans Vianiomina et dans la Vienne actuelle n'est pas plus décisive que le changement du mont Vinditts en Vinnncs (Mannert, p. 655). Vienne a pris son nom du petit fleuve Wien^ et dans d'anciennes relations de voyage est désignée ainsi : ville sur le Wien.
Je ne mentionne point Sicor, port de la Gaule, conforme au fleuve Sicoris en Espagne.