‹ Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne à l'aide de la langue basque, trChapitre 3 sur 52 · XJT AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XJT AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR

philologie à l'histoire, a su porter la lumièrq sur un des points les plus controversés. L'examen des anciens noms de lieux de l'Espagne, presque tous ramenés aux radicaux basques, lui donna la conviction que les habitants primitifs de cette contrée, les Ëuskues, ou, comme les étrangers les appelèrent, les Ibères, ne parlaient qu'une langue, le basque, subdivisé en plusieurs dialectes, et occupaient la péninsule entière (Espagne et Portugal), antérieurement aux invasions celtique, punique et romaine.

C'est là l'idée principale, entrevue déjà par le jésuite Hervas, par Leibnitz lui-même (Y. Max Mûller, Science du langage y p. 146 de la traduction française), développée avec une évidence saisissante dans un livre devenu le point de départ de toutes les recherches ultérieures.

Si Goethe, en un jour de mauvaise humeur, a pu dire, et non sans raison, que les Allemands possèdent le don de rendre les sciences inabordables y Humbolt échappe pleinement à ce reproche. Chez lui l'érudition la plus solide n'embarrasse jamais la pensée. Sa méthode simple et claire consiste à laisser parler les faits, Sî^ns lesi forcer à démontrer un système préconçu, et à se garder de baser des assertions générales sur des analogies peut-être fortuites/, — Fidèle à l'adage euskarien : le sage croit peu, il a soin quand il doute, ce qui lui arrive souvent, de provoquer de nouvelles recherches, préférant l'ignorance aux conjectures. 11 commence par critiquer la méthode peu gcientifique des savants espagnols, qui se perdaient en

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hypothèses mv l'origine de la langue basque, fille ou mère de f hébreu ^langue primitive de Thumanité, parlée (Jaas le Paradis terrestre *, et se livraient aux plus étranges fantaisies étymologiques dont il cite de singuliers exemples. Il déplore la rareté et TinsufiSsance des documents ; car à cette époque, on n'avait pas dressé le glossaire comparatif des différents dialectes basques. — Il eût applaudi avec toute l'Europe gavante aux publications du prince Louis-Lucien Bonaparte, auquel la science du langage doit encore tant de remarquables études sur différents idiomes européens *,

Les monuments les plus anciens, les plus authenti*ques du peuple qui a primitivement occupé l'Espagne, sont les noms de lieux, montagnes, lacs, fleuves et villes, qui ne nous sont guère parvenus qu'altérés et défigurés par les historiens et les géographes de l'antiquité, qui les accommodaient à la prononciation grecque et latine. Ce spnt ces noms qu'il faut ramener à leurs radicaux, en distinguant (ce qui n'avait jamais été fait) les mots dérivés du basque de ceux dérivés des idiomes de tous les peuples successivement envahisseurs de l'Espagne.

Cette recherche que rendaient si wcdm les permutations phonétiques, accompUa avec une patience et

4 . Ce dernier point fut décidé affirmativement par le chapitre métropolitain de Pampelune, il y a environ deux cents ans. (Max Muller, Seienoe du langage^ p. 440.)

2. Le catalogue a paru à Londres, chez Barclay, 1 858-1 862H 863. — On trouvera à l'appendice la liste complète des publications de philologie |)a^ue di; Çiriace liHÇi^-

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