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une sagacité rares, étendue aux- noms de lieux de la Gaule, de l'Italie, des trois grandes îles de la Méditerranée et de la Thrace, ce grand chemin des envahisseurs de V Europe occidentaley remplit la plus grande partie du livre et amène les conclusions sui-^ vantes :
1^ L'étude comparative des noms de lieux de la péninsule ibérique et de la langue basque démontre que cette langue était celle des Ibères, qui n'en parlaient qu'une, et l'identité des peuples ibériqueset des peuples parlant le basque.
2^ On trouve des noms de lieux basques dans toutes les parties de la Péninsule, sans exception, de même que les Ibères y étaient partout répandus.
3° Parmi les noms de lieux de la Péninsule, il en est d'autres dont la comparaison avec les noms de lieux des pays habités par les Celtes atteste l'origine celtique ; ils servent à faire connaître , là où font défaut les témoignages historiques, les localités où les Celtes se trouvèrent mêlés aux Ibères.
¥ Les Ibères n'habitèrent, sans être mêlés aux Celtes, qu'autour des Pyrénées et sur la côte méridionale. Les deux peuples mélangés occupaient l'intérieur, la Lusitanie et la plus grande partie de la côte nord.
5® Les Celtes ibériens se rapportaient pour le langage aux Celtes, d'où proviennent les anciens noms de lieux de la Gaule et de la Grande-Bretagne , et les langues encore vivantes dans ces contrées. Mais probablement ce n'étaient point des peuples de pure souche gallique, détachés d'une nation restée derrière
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eux. La différence de caractère et d'institutions le démontre suffisamment. Peut-être s'établirent-ils dans lès Gaules avant les temps historiques, ou du moins avant les Gaulois. En tout cas , dans leur mélange avec les Ibères, c'était le caractère ibérien qui dominait, et non le caractère gaulois, tel que les Romains nous l'ont fait connaître.
6^ Hors de l'Espagne, vers le nord, on ne trouve aucune trace des Ibères, excepté dans l'Aquitaine ibérique et une partie de la côte de la Méditerranée. Les Calédoniens, nommément, n'appartenaient pas à la race ibérique, mais à la celtique.
7^ Vers le sud, les Ibères étaient établis dans les trois grandes îles de la Méditerranée; les témoignage s historiques et l'origine basque des noms de lieux le démontrent. Toutefois ils n'y étaient pas venus, au moins exclusivement, de l'Ibérie ou de la Gaule, mais ils s'y trouvaient de temps immémorial , ou bien ils y vinrent de l'Orient.
8° Il n'est pas encore prouvé que les Ibères appartinssent aux peuples primitifs de l'Italie continentale. Cependant le grand nombre de noms de lieux d'origine basque, que l'on y remarque, donne du poids à cette opinion.
9^ Les Ibères diffèrent des Celtes, tels que nous connaissons ceux-ci par les débris de leurs langues, et par le témoignage des Grecs et des Romains. Il n'y a cependant aucune raison de nier toute parenté entre les deux nations.
Humbolt a toujours judicieusement interprété les
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témoignages historiques, et son tableau comparatif des mœurs, du caractère et de la religion des Gaulois, des Ibères et des Celtibères est du plus grand intérêt. (Ch. XLiii.)
De curieux rapprochements entre le basque et les langues américaines (v. ch. xlviii) et quelques considérations sur la numismatique et l'épigraphie des Ibères, qui n'avaient encore rien révélé sur le prétendu alphabet national de ce peuple, servent de complément â l'ouvrage.
Humbolt, on l'a vu, ne fait qu'effleurer la question si débattue de l'opgîne des Basques. S'il semble plusieurs fois incliner à considérer ce peuple comme un rameau détaché dès les temps les plus reculés du grand arbre celtique ^ il a soin de présenter comme une pure hypothèse cette opinion tout à fait abandonnée aujourd'hui.
Il est reconnu que le basque ne se rattache en aucune façon au groupe des langues indo-européennes. C'est même le seul point sur lequel on paraît d'accord ; mais le problème subsiste tout aussi obscur, â en juger par tant d'explications diverses.
Ce n'est guère qu'à la langue basque qu'on a pii demander le secret des origines du peuple basque, tous les autres documents ayant péri. C'est | là une des applications de la méthode ambitieuse, si chère aux Allemands, qui prétend découvrir, entre chaque langue et l'état social du peuple qui la parle, des rapports nécessaires, et lire l'histoire inconnue des migrations des races sous les mots et ïes formes gram-
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matîcales. Jusqu'à quel point est-on autorisé à identifier ainsi les langues et les races? L'expérience donne de continuels démentis à cette théorie, car il y a bien des exemples de peuples envahis, transplantés ou simplement mêlés à d'autres, qui ont adopté un autre langage que leur langage primitif. De nos jours, le comique a cessé d'être parlé en Angleterre. (Y. Max Mûller). Qui croira cependant que la race celtique soit éteinte dans la région où régnait cet idiome ? Une communauté de langage n'implique donc point nécessai'rement une même origine. Il sera bien plus hasardeux encore de reconstituer l'histoire d'une nation sur la foi de quelques analogies de langage.
Ces réserves faites, nous croyons utile de mentionner en peu de mots les principales opinions récemment émises sur les origines du peuple basque, re-, cherchées à l'aide de son idiome, en nous dispensant toutefois de citer les auteurs qui ont voulu voir dans' les Euskariens les descendants des Grecs ou des Phéniciens.
Constatons d'abord que plusieurs des plus illustres philologues contemporains n'ont pas cru pouvoir se prononcer.
Jacob IGrimm {Histoire de la langue allemande , p. 8) s'exprime ainsi :
« De tous les idiomes ibériques, le basque s'est con- » serve seul jusqu'à nos jours dans toute sa richesse. » Il serait très-intéressant de rechercher si cet idiome » possède des affinités réelles avec les langues cauca- » sîques, ou si tout rapport se borne â quelque vaguef
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et en Gaule, et successivement refoulé par les Celtes jusqu'au pied des Pyrénées, Leur langue offrirait, quant aux formes grammaticales, une grande ressemblance avec celles de souche sàbméenne, telles que le groënUmdais et le^ lapon. Le savant professeur de Strasbourg croit même que les grammairiens nationaux ont singulièrement exagéré la richesse de formes du verbe basque. Cette richesse provient, d'après lui, de ce que; en eiishara^ le verbe est encore ce que dans l'origine il a été dans toute famille de langues, et ce qu'il est resté aujourd'hui dans beaucoup de langues américaines, savoir : un adjectif verbal, qui, comme tel, est susceptible d'être composé et d'être non-seulement conjugué, mais encore décliné. De là, dans le verbe basque, ces formes grammaticales innombrables qui sont possibles au point de vue de la grammaire, mais sont loin d'être toutes usitées.
Pour M. Alfred Maury (Revue des Deux Mondes^ 1857), comme pour M. Schleicher, le basque est une langue polysynthétique, dont l'organisme rappelle d'une manière assez frappante celui des idiomes du Nouveau-Monde. Elle présente, ces particules adjonctives que les philologues nomment postpositions, et qui servent à distinguer les cas. C'est de la sorte qu'elle constitue sa déclinaison. Ce caractère paraît dans les langues tartares, qui appartiennent à l'Asie centrale., La langue euskarienne apparaît donc comme un chaînon qui lie les langues américaines aux langues ougro-tartares , car I0 finnois offre aussi , quoique à un pioindre degré, le caractère d'aggluti-
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nation que l'on remarque dans le basque. On pourrait donc supposer, s il était permis de tirer tme induction dun caractère isolé, que les Ibères étaient d'une race alliée à la race tartare.
Les affinités du basque avec certains idiomes de rOural ont été signalées également par M. H. de Gharencey (Paris, 1862), mais ces affinités n'excluent point des différences très-considérables. Les unes et les autres sont exposées dans l'ouvrage du prince Louis-Lucien Bonaparte, intitulé : la Langue basque et les idiomes finnois (Londres, 1862, in-4«).
L'anl^ur fait remarquer, que parmi les langues finnoises, le lapon du Finmark et le hongrois forment seuls le pluriel de leurs noms en k comme J le basque. Dans cette dernière langue, les noms ne
:4ont susceptibles de pluriel qu'au défini, qui se termine toujours en a, et il n'y a qu'une seule manière de fi^rmer le pluriel, qui consiste à ajouter un k au m>miiiatlf du singulier défini.
£a lapon^ les noms dont le génitif singulier se teraiine en rojeUe, forment leur nominatif pluriel eu ajoutant un k h ce génitif, tandis que ceux qui reçoi- 7e&t oœ consonne finale an même cas, demandent en •j litre on a euphonique.
Le m.ordain seul, parmi les langues finnoisesy pos- ^e ine déclinaison définie qui correspond exadeffient a -reile de la langue basque.
Le basque, le morduin, le Togul, et le hongrob pe»v»^nt exprimer dans leur Terbe le sujet et le nfginue Jîrwrt à la fois.
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Le basque, en exprimant dans son verbe les vingthuit rapports qui résultent de la combinaison des sujets avec les régimes directs, ne confond qu'une seule fois (dans le dialecte guipuscoan) une forme avec l'autre. Zaitvste signiûe tout aussi bien : ils font que il votes a. Pour vingt-huit rapports cette langue fournit donc vingt-sept formes différentes.
Comme le basque, le morduin exprime vingt-huit rapports, mais le nombre des formes qui y correspondent ne se monte qu'à quinze.
Le vogul seul possède le duel qui est inconnu dans la langue basque.
La conjugaison objective pronominale, à régime direct et indirect à la fois, et les traitements masculins, féminins et respectueux sont exclusifs au basque, qui seul, en Europe, possède un verbe aussi riche en formes logiques.
En basque, la voix transitive du verbe est toujours objective pronominale.
Dans les langues finnoises, le verbe n est pas nécessairement objectif dans la forme.
Le basque compte six voyelles : a, e, i, o, u, ù, qui subissent plusieurs changements déterminés par la présence d'une autre voyelle qui précède ou qui suit immédiatement, soit dans la syllabe antérieure du même mot, soit dans la dernière syllabe du mot qui précède.
Les langues finnoises en général, mais plus particulièrement le finnois et le hongrois, observent au contraire les règles de l'harmonie des voyelles. De même