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que dans plusieurs dialectes de la langue basque une voyelle en appelle impérieusement une autre, dans la langue finnoise, et surtout dans la hongroise, certaines voyelles ne veulent absolument s'associer qu'à leurs alliées.
Mais il est à remarquer que la sympathie des voyelles ne se manifeste, en basque, qu'entre celles d'un groupe difi'érent, tandis que dans les langues finnoises elle a lieu entre celles d'un même groupe.
Les dures avec les douces, et les douces avec les dures, c'est là la règle du basque : Vantagonisme. Les dures avec les dures, et les douces avec les |douces, est celle des langues finnoises : le dualisme.
On s'était donc trop hâté de conclure de certaines analogies à l'identité des formes grammaticales du basque et des idiomes finnois, et partant à l'identité des races. Le basque ne peut être rangé dans la même classe ni même dans la même famille, et l'on est autorisé jusqu'ici à le considérer comme la seule langue européenne y c'est-à-dire comme la seule dont l'origine asiatique, ou, en tout cas, étrangère à l'Europe, n'est pas scientifiquement démontrée.
A défaut de la linguistique qui ne répond que par le doute, ou psT Vanarchie dans les opinions, à des questions d'ethnographie qui dépassent peut-être sa compétence, l'anthropologie, cette science toute récente aussi, présente une solution digne d'examen et qui aurait vivement intéressé G. de Humbolt, qui, un moment, ayait conçu le plan d'un essai d'anthropologie générale. On avait admis jusqu'ici que les Basques
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étaient brachycéphales. On se basait sur l'étade de deux crânes déposés dans la collection de Retzius à Stockholm, et sur ce que, dans plusieurs contrées de l'Europei où les races actuelles sont dolichocéphales» on trouve dans les couches profondes du sol des crânes brachycéphales. De là Topinion qu'avant Tarrivôe des races indo-européennes, TEurope était occupée par des races autochthones brachycéphales. Il n'est pas douteux que les Basques sont les descendants d'une de ces races autochthones, puisque leur langue n'a rien de commun avec les langues indo-européennes. Il était donc naturel de penser que les Basques devaient être brachycéphales.
Toutefois, une théorie aussi importante rédamait des preuves plus décisives. L'authenticité des crânes examinés par Retzius ne paraissait point établie. Il était désirable aussi de continuer les expériences sur un plus grand nombre de sujets. Le secrétaire de la Société anthropologique de Paris, M. le docteur Paul Broca, a rendu un nouveau service à la science en enrichissant ses collections de soixante crânes provenant d'un cimetière du Guipuscoa, dans une localité où les Basques, depuis, les temps historiques n'ont subi aucun mélange de race. Ces crânes ont été mesurés et comparés avec diverses séries de crânes de races différentes. Cette étude n'a pas confirmé la théorie de Retzius. M. Broca n'a reconnu dans sa nombreuse collection que très-peu de crânes brachycéphales. Voici ses conclusions:
En premier lieu, les crânes dolichocéphales des Basques de Z... diffèrent beaucoup des crânes dolicho*
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eéphales des antres races d'Europe. Âa Ikq de présenter nne dolichocéphalîe frontale , ils présentent nne dolichocéphalîe occipitale doe à la fois ao développement exagéré des lobes post^ieors dn cer- ▼ean et an pen de déyeloppement de sa région antérîenre.
En second lien, les Basqnes, si différents des dolichocéphales d'Europe, se rapprochent an contraire beanconp des dolichocéphales d'Âfrîqne ; mais ils se distinguent à leur tonr de tontes les races d'Afrique, même des plus blanches et des pins orthognathes, par la petitesse de leur mâchoire supérieure, par le peu de développement de leurs bosses cérébelleuses et par l'atrophie relative de leur protubérance occipitale. Ces caractères éTaitteurs différencient aussi les Basques des races d'Europe.
Aussi, si l'origine des Basques de Z... devait être cherchée en dehors du pays basque, ce ne serait ni parmi les Celtes^ ni parmi les antres peuples indoeuropéens qu'on aurait la chance de trouver leurs ancêtres, et ce serait plutôt vers la zone septentrionale de l'Afrique que les recherches devraient se diriger. Il est assez probable qu'à une époque très-reculée l'Espagne se continuait avec le nord de l'Afrique. On ne devrait donc pas s'étonner de trouver des analogies assez étroites entre les populations primitives de ces deux régions, quand même on ne saurait pas que, depuis les temps les plus anciens, de nombreuses migrations ont eu lieu de l'une à l'autre rive du détroit de Gibraltar.
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Ces résultats sont bien dignes d'attention. Toutefois le docteur Broca connaît trop bien les difficultés des problèmes dont il poursuit la solution pouf présenter comme définitive une explication que trop peu de faits confirment encore.
Le livre de Humbolt n'a donc pas vieilli, bien que quarante-quatre années nous séparent du jour de sa publication ; le seul point que l'auteur eût entrepris de démontrer, l'identité des Basques et des habitants primitifs de l'Espagne, demeure presque universellement admis, et toutes les questions qu'il a traitées incidemment attendent encore une solution définitive. Peut-être même Veitscara^ dont le domaine est envahi de toutes parts, cessera-t-il d'être parlé avant qu'on ait pénétré le mystère des origines du peuple basque.
En oflfrant cet ouvrage au public, je désire surtout qu'il puisse servir à provoquer de nouvelles recherclies sur les races qui à l'origine ont peuplé le midi et Toccident de TEurope. Mon travail laisse encore bien des questions obscures ou incertaines. Le meilleur moyen de les résoudre est l'emploi des idiomes indigènes, qui depuis une haute antiquité subsistent dans quelques régions de l'Eu-^ rope occidentale. Le plus souvent, les recberclies de ce genre se sont bornées aux idiomes du pays de Galles, de la Basse-Bretagne, de la Gaule et de l'Irlande, mais leurs résultats ne sauraient se passer d'un grand choix. La langue basque n'avait jamais été étudiée dans cet objet, jusqu'aux écrits les plus récents des savants espagnols, qui n'y ont apporté aucune vue d'ensemble. L'étude du basque peut seule pourtant apprendre à î'econnaître sûrement ce qui caractérise les Ibères, ce qui les distingue des Celtes et d'autres peuples, et, en nous éclairant sur
ces races antiques, fournir une base solide aux recherches sur les peuples primitifs de l'Italie. Jusqu'ici l'on a suivi la méthode opposée sans obtenir de résultats sérieux. Au lieu d'établir rigoureusement quelles races ont anciennement peuplé les contrées occupées plus tard par des nations identiques à celles qu'on retrouve en Italie, et d'arriver par l'étude de leurs traces dans la langue, et surtout dans les noms de lieux, à réunir les matériaux nécessaires à l'analyse des monuments italiques, on s'est borné à demander la solution du problènie à l'étude des langues grecque et latiije, sans réfléchir que les migrations helléniques n'ont évidemment pas été les plus anciennes, et que la langue latine elle-même abesoin d'être analysée dans ses éléments*. Il m'a paru d'une importance plus générale d'arriver à une connaissance complète des Ibères et de leur langue. Ceux qui s'intéressent aux travaux de cette nature jugeront jusqu'à quel poinKj'ai atteint ce but. Tout dans cette matière aboutissant à des preuves étymologiques, je me suis surtout préoccupé de la défiance que les étymologies excitent habituellement, et pour la prévenir, j'ai cherché à les appuyer sur d'exactes analogies, aimant mieux recueillir une grande quantité de noms de lieux, que de me livrer à des essais hasardeux de dérivation ; d'autres, plus familiers que moi avec la langue basque, ajouteront sans doute d'autres noms à ceux que j'analyse.
1. L'ëtude de la famille des langues italiques anciennes, dont le latin n'est qu'une branche, est aujourd'hui fort avancée, grâce aux travaux d'Ottfried Millier, Kirchoff, Grotefend, Mommsen, etc» (Trad.)
Beaucoup cependant resteront sans qu'on puisse en établir l'origine ; car les noms de lieux espagnols renfeiv ment ndn-seulement des radicaux basques, mais aussi des radicaux celtiques et grecs, et même puniques et phéniciens.
Les avis se partageront sans doute au sujet des noms auxquels j'attribue une origine celtique. Les partisans exclusifs de la prédominance delà langue basque en Espagne tenteront très--probablement de faire dériver ces derniers noms de radicaux basques. Je montre, à propos du nom des ArevaqtteSj combien cette opinion entraîne de difficultés. Ici, du reste, l'expérience décidera. Je puis seulement assurer que j'ai entrepris ces recherches sans aucune espèce de parti pris; j'étais plutôt disposé à retrouver partout à l'étranger les traces de la langue basque, mais j'ai dû me rendre à l'évidence, et admettre pour bien des noms une autre origine.
Dans le cours de cet ouvrage, je me suis fréquemment servi d'un écrit sur le basque, déjà inséré par moi dans le MUhridate d'Adelung , et je conseille à ceux de mes lecteurs étrangers à cette langue de le parcourir avant d'aborder mon Hvre, pour se familiariser avec l'accent et la formation des mots. Je ne me proposais alors, à l'exemple d'Adelung, que de traiter quelques points isolés, et de rectifier quelques erreurs; mais il y a longtemps que j'aurais tenté de donner au public un travail plus complet sur la langue basque, si je n'avais espéré voir les savants espagnols enrichir la science de quelque ouvrage important sur ce sujet.
Partout OÙ j'ai adopté les étymologies d'Astarloa, Erro et autres, j'ai renvoyé à leurs écrits. Je ne fais celte observation que pour ne point paraître attribuer à ces auteurs des opinions dont je dois seul répondre.
On s'étonnera peut-être que ce livre ne soit pas écrit dans une langue qui lui aurait attiré plus de lecteurs à l'étranger. Le sujet semblait l'exiger, et il eût mieux valu, peut-être, y avoir égard. Cependant, l'étude de l'allemand se propage tellement chez les autres nations, que l'avantage de lire chaque auteur dans son propre idiome ne nous* appartiendra bientôt plus exclusivement.