‹ Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne a l'aide de la langue basqueChapitre 25 sur 61 · KC II E HC II ES · texte numérisé non relu

KC II E HC II ES

(Plin., I, 227), dont la première partie, comme YO-gue-na d’aujourd’hui, signifie la dernière des collines ; les Orniaques; Mannert (I, 419) cite encore un peuple des Orisses, en invoquant un passage de Diodore .de Sicile (XXV, 2) ; mais, d’après l’interprétation donnée maintenant à ce passage, c’est à un roi ( Or-isson ) et non à un peuple qu’il s’appliquait. Quoi qu’il en soit, ce nom indique un séjour dans plusieurs montagnes, et prouve sans réplique que dans l'antiquité, comme do nos jours en Biscaye, les noms propres étaient empruntés aux résidences, coutume dominante partout où un peuple a renoncé à la vie nomade, sans se partager dans des habitations séparées et se réunir dans des villes. A l’époque où l’Espagne nous est connue par les Grecs et les Romains, ces deux formes d’existence en établissements épars et en groupes permanents, s’y rencontraient déjà, mais la première était la plus usitée dans l’intérieur, chez ceux dés indigènes les moins môlés aux étrangers. On trouve aussi des noms propres ibériques, pris de qualités personnelles : Indortes, de indarra (fort). Comme les Grecs et les Romains, les derniers surtout, n’avaient guère que l’s pour exprimer les sons les plus caractéristiques et les plus difficiles de la langue basque, ils ont bien pu rendre par cette lettre seule le ch (tscli), is, z, tz. Pour ne pas ouvrir un champ trop vaste à l’étymologie, je me borne à l’s et au - des mots basques, laissant aux auteurs indigènes, plus versés dans la connaissance de leur idiome, le soin d’aller plus loin. Parmi les mots basques commençant par sal et zal, utiles à la dérivation des noms de lieux, on compte : saldu, acheter, car les villes'étaient naturellement des lieux de marchés; saldoa, troupeau; zaldia, cheval. — Je n’affirme pas que les noms suivants commençant par sal proviennent do ces derniers :

Sala (Ptol. , II, 4, p. 39), Salacia, Salaniana (aussi Salmana, Salamana, Itin. Ant., p. 427), Salaria, Salduba, Salem (Mêla, III, 410), le fleuve Salia, Salica (Ptol., II, 0, p. 46), Salionca (Ptol., II, 6, p. 45), dont la terminaison est tout à fait basque ( ona , bon) ; Salrnantica, aussi Salmtina, plus tard Nemanturista (Ptol., II, 6, p. 48), Septimanca (Itin. Ant., 435), Almantica (carte de Reichard), Termantia et Numantia; les lleuves Sala (Martial, X, 103), et Salsus (auct. inc. de Bello hisp.,c. 7); Saltiga, (Ptol., II, 6, p. 47), avec une terminaison évidemment basque. Gomme Salsus, beaucoup de ces mots sont probablement, en tout ou en partie, d’origine romaine, et viennent des salines qui existaient dans ces localités. Ainsi Salduba, sur la Méditerranée (Plin., I, 136), a sans doute reçu son nom à l’occasion des sources salées qu’on y voit encore. Par contre, la même étymologie, appliquée à l’ancien nom de Cœsaraugusta, située dans l’inférieur, paraît douteuse.

Se précède très-souvent les anciens noms espagnols. 11 est aussi très-commun dans les noms basques, où il se change en ce ( celaya , plaine). Peu de noms de cette catégorie se prêtent à une étymologie bien exacte, et Astarloa, sans s’expliquer sur ce point, n’en cite aucun. Tous ceux qui commencent par sege et segi ont une physionomie étrangère. Je ne connais aucun mot basque de cette formation. — Sebrndum (Ptol., II, 6, 48), Seccrrœ (Itin. Ant., 398), Segeda (probablement le même que Segida, Segestica et Segobriga : Mannert, I, 403); Segisa (Ptol., II, 6, p. 47), Segisama, Segisamum , Segisamunclo , Segobriga, Segovia (Segubia de Ptolémée, II, 6, p. 46). On pourrait faire venir ce dernier nom du basque gubia , arc, à l’occasion de l’aqueduc romain, mais la ville portait

ce nom antérieurement à la construction de ce monument. — Citons encore : Segontia, Seguntia, Selambina (Plin., I, 137), Selensis, Selia (Ptol., II, 4, p. .39), Sepelaci (Ttin. Ant., 400), Sepontia (Ptol., II, 6, p. 45), Séria (Plin, I, 139), Serippo, Setabis, Setelsis (Ptol., II, 6, p. 48), Setia (Ptol., II, 4, p. 39), Setida (Ptol., II, 4, p. 39), Setisacum (Ptol., II, 6, p. 45), Setortialacta (Ptol., II, G, p. 46).

Tar et ter ' commencent rarement les mots basques : Tarraco, Tai'raca, Tartessus, Termantia, Termessus.

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