‹ Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne a l'aide de la langue basqueChapitre 47 sur 61 · LES IBÈRES EN ITALIE · texte numérisé non relu

LES IBÈRES EN ITALIE

Avant qu’il soit possible de hasarder une hypothèse sur la manière dont les Ibères ont occupé ces îles, il faut jeter

4. Rien jusqu’ici n'est venu faire croire à l’existence en Espagne, pas plus qu’en Italie, d’une race analogue à celle qui occupa la plus grande partie de l’Europe avant les migrations des Indo-Germains, et que l’on rattache généralement à la grande famille dite Ongrimne , venues des steppes européo-asiatiques du Nord. Celte race , contemporaine de ce qu’on nomme aujourd'hui l'âge de pierre, vivait de chasse et de pèche, ignorait l’agriculture et le travail des métaux. Les nombreux vestiges qu’elle a laissés sur divers points de l'Europe font absolument défaut en Italie et en Espagne. ( Trad .)

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un coup d’œil sur l’Italie, comme le pays le plus voisin du leur. De l’examen des noms de lieux, il résulte que la présence des Ibères en Italie n’est ni certaine ni même très-probable. Il s’y trouve cependant des traces évidentes des Ibères, plus nombreuses môme que dans les pays occupés par les Celtes (l’Espagne exceptée). Des recherches sur les habitants primitifs de l’Italie dépend la solution du problème. Les travaux de Lanzi , quelque utiles qu’ils soient, ne me paraissent avoir rien décidé sur ce point. Une lecture attentive et répétée de son livre ne m’a pas convaincu; c’est par une suite d’explications forcées qu’il édifie un système préconçu*. Cette œuvre d’un homme exclusivement versé dans les langues de l’antiquité et dans les langues modernes qui en dérivent, réclame les efforts d’un savant qui possédera également les langues mères de l’Europe occidentale. J’en attends cependant peu de fruit. Les inscriptions recueillies par Lanzi ne présentent que des traces insignifiantes des radicaux basques; on ne les croirait pas destinées à fournir des lumières sur les habitants primitifs de l’Italie, avant l’invasion des races grecques, car elles sont toutes du temps où le mélange des peuples et des langues était accompli. Ce problème des habitants primitifs de l’Italie pourrait bien être actuellement insoluble. L’étude des langues l’éclaircira mieux que celle des monuments épigraphiques. Les idiomes basque, breton, germanique restent à comparer entre eux et avec les langues de l’antiquité. On reconnaîtra ainsi celles de ces langues qui se distinguent du grec par des caractères marqués, et on en fera le point de départ de nouvelles

4. Niebulir (Histoire romaine, I, 65) a justement critiqué cette méthode appliquée par les savants italiens à l’étude des langues des habitants primitifs de l’Italie. ( H.)

recherches*. Mes propres études, rapprochées des travaux entrepris jusqu’ici, m’encouragent à hasarder cetto hypothèse que, dès les temps les plus reculés, les Ibères ont occupé, comme aulochthones, l’Italie et les lies de la Méditerranée, ou que, venus de l’Orient, ils ont suivi la grande route des peuples par le sud de la Thrace, tandis que les Celtes arrivaient par le nord. Les Ibères peuvent bien aussi être passés de la côte nord de la Méditerranée dans les lies, ce qui démontrerait qu’ils l’occupaient à l’origine*.

4 . Dans un petit traité publié en 4846 : De Intime linguæ aerentibus, l’auteur, Frédéric Lindemann , promettait de nous donner un travail complet sur les anciennes langues italiques. Cet ouvrage n’a point encore paru, que je sache. Déjà, dans son traité, Lindemann a fourni l’étymologie de beaucoup de mots latins qui no sont pas d'origine grecque. 11 serait à désirer qu’il se fût plus clairement expliqué sur ce qu’il entend par langues celtiques. 11 ne semble pas les distinguer assez des idiomes germaniques, comme le font avec raison les linguistes modernes les plus savants. (II.)

2. Les indications de Ilumbolt ont été suivies, et les langues italiques anciennes ont pu être étudiées dans leurs origines, grâce à la découverte de monuments épigraphiques d'une très-haute antiquité. Le groupe italiote, subdivisé en deux rameaux, le premier constituant le latin, le second comprenant les dialectes des Ombriens, des Marses, dos Volsques et des Samnites, se rattache plus étroitement encore que les deux autres (l’étrusque et l'iapj gicn) à la famille indo-européenne. — Loin d'ôtre dérivé du grec, le latin semble avoir été formé avant lui. Il présente dans ses éléments grammaticaux, comme dans son vocabulaire, des analogies évidentes avec le sanscrit. Cependant un nombre très-considérable de mots latins ne peuvent être ramenés au sanscrit.

Déjà, dans ses additions à Mitliridatc, Ilumbolt avait cité, d'après Adelung, mais après les avoir corrigés sur les lieux, beaucoup de mots basques analogues aux mots latins de même signiGcation. Ainsi ; a irci t (aér), larrosa (roso), asliujo (ca.-tigare), anima, arima (anima), abeloa (abies), arrapa (rapere), amalu (amare), altra (allus), anguslin (anguslus), untùi (anxius), aberea (habero), arbola (arbor), bisica (vesica), biloa (pilus), bosa, aozquia (vox), culea (callis), cautatu (cancre), dembora (tempus), estotnacoa (stomaclius), eta, frutua (fructus), birundatu (voluntas), erreguea (rex), erreguina (regina), gau:a (causa), gendea (gens), hondo (fun-

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