Recherches sur les hydrates de carbone et les glucosides des gentianées
En 1901, M. Bourquelot a imaginé une méthode de recherche des hydratés de carbone hydrolysables par l’invertine et des glucosides hydrolysables par l’émulsine. Cette méthode est basée sur ce que la propriété que possèdent ces ferments solubles d’hydrolyser des sucres et des glucosides, en solution aqueuse, est spécifique à chacun d’eux. Les ferments provenant des êtres vivants et leurs réactions étant des réactions d’ordre chimique, on a donné à la méthode de M. Bourquelot le nom de méthode biochimique.
Cette méthode, employée depuis une douzaine d’années,, a permis de découvrir un certain nombre de glucosides. et de sucres nouveaux. C’est ce que je rappellerai brièvement au commencement de ce travail qui, lui, est une application de la méthode biochimique aux seules plantes de,la famille des Gentianées. i
Je me suis attaché à traiter le plus grand nombre des plantes indigènes de cette famille, et si j’ai fait quelques omissions, elles sont volontaires ou forcées. C’est ainsi qu’on ne trouvera pas ici l’étude de la Petite Centaurée {Erythrœa Centaurium Pers.). Quand j’ai commencé mon travail, MM. Hérissey et Bourdier avaient déjà étudié cette plante, et y avaient découvert, par l’application de la même méthode, un nouveau glucoside qu’ils avaient obtenu à l’état cristallisé, YÉrytaurine. Il n’y avait donc pas lieu de reprendre l’étude de cette plante.
D un autre côté, je n ai pu me procurer les espèces du genre Cicendia, espèces très petites, et qu’on ne rencontre pas en quantité suffisante pour permettre même un essai biochimique. II m’a été également impossible d’étudier un certain nombre d’espèces du genre Gentiana : G. bava- /•ica L., G. verna L., G. ciliata L., G. utriculosa L., que je n’ai pas réussi à rencontrer au cours des excursions que j'ai faites dans les prairies alpines, et pendant lesquelles j’ai recueilli, pour les étudier, 8 espèces de Gentianées.
Toutes les fois que cela m’a été possible, j’ai étudié séparément les tiges foliées d’une part, et les racines d autre part. II en a été ainsi pour les Gentiana lutea L., asclepiadea L., cruciata L., Pneumonanthe h., germanica WillJ., Chlora perfoliata L., Menyanthes trifohata L. Pour le G. punctata L., on trouvera également
1 essaibiochimiquedesgraines,quej ai récoltées moi-même.
Pour l’étude de chaque plante, qui fera l’objet d’un chapitre séparé, j ai donné un ou deux essais biochimiques, l’examen de ces essais et les méthodes d’extraction des principes immédiats. Dans le but de simplifier l’exposition, on ne trouvera pas dans ce chapitre l’exposé des variations que peuvent subir, dans chaque plante, les principes immédmts au cours de la végétation d’une année. Je l’ai reporté dans la dernière partie qui y est entièrement consacrée.
En dehors du chapitre premier, qui est un résumé de la méthode biochimique et des résultats obtenus antérieurement par l’application de cette méthode, mon travail est divisé en quatre parties.
La Première Partie comporte uniquement l’étude des différentes espèces du genre Gentiana.
Dans la Deuxième Partie, j’ai rangé les espèces des autres genres, desquels j’ai retiré la gentiopicrine,glucoside de la Gentiane jaune.
La Troisième Partie est consacrée à-l’étude des deux Gentianées aquatiques : Menyanthes trifoliata L. èt Limnanthemum Nymphoides Holîms. et Link.
Enfin, la Quatrième Partie est réservée à l’étude des variations que peuvent subir les principes immédiats au cours de la végétation d’une année.
La Première Partie est divisée en 9 chapitres :
Dans le Chapitre Premier, on trouvera d’abord l’historique et les travaux antérieurs qui ont porté sur la composition de la racine de Gentiane jaune et sur les propriétés des principes immédiats isolés de cette racine, principes que l’on rencontrera, fréquemment au cours de èe travail ; gentiopicrine, gentianose et gentiobiose. La dernière partie du chapitre est consacrée à l’essai biochimique des racines et à l’étude des tiges foliées de la Gentiane jaune.