I.- HYDRATES DE CARBONE
Le saccharose, que l’on n’avait décelé que dans un nombre restreint de plantes, a été retrouvé, par la méthode à l’invertine, op peut dire, partout où on Ta recherché. C’est ainsi que M. M. HARLAva reconnu sa présence dans tous les organes végétaux souterrains qu’il a essayés (2). D’autres encore l’ont retrouvé dans les feuilles, les tiges, les graines et c’est en s’appuyant sur ces faits que M. Bourquelot a été amené à cette conclusion, très intéressante au point de vue physiologique, que le sucre de canne existe dans toutes les plantes phanérogames et dans tous les organes de ces plantes.
(1) A. Fichtenholz. — Recherche de i’arbuline dans les végétaux. {Journ. de Pharm. et de Chim., (6), XXVIIT, p. 255, 1908).
A. Fichtenholz.— Application de la méthode biochimique à l’analyse de la Busserole. {Journ. de Pharm. et de Chim., (7), IV, p. 441, 1911).
(2) M. H.iULAY. — Le saccharose dans les organes végétaux souter¬
rains (Etude de l’aclion de l'inverline sur les réserves solubles des parties souterraines des plantes). (rAese Doct. (Pharmacie), Paris,
Contrairement à ce qu’on a pu supposer jusqu’ici, il est plus répandu que le glucose lui-même (1).
Le raffinose a été retrouvé dans le Taxus haccata L. par MM. H. Hérissey et Ch. Lefebvre (2), et dans les graines de VErythrina fusca Leur, et de VEntada scandens Benth. par MM. Em. Bourquelot et M. Bridel (3), qui ont précisé les conditions dans lesquelles on pouvait être amené à soupçonner la présence de ce sucre dans les végétaux au cours de l’essai biochimique.
Le stachyose que l’on n’avait retiré que des Crosnes [Stachys tuberifera L.) et de la Manne peut être regardé, à l’heure actuelle, comme un sucre très répandu dans le règne végétal. En effet, M. Piault (4) en a retiré à 1 état cristallisé d’un grand nombre de plantes de la famille des Labiées; M. Vintilesco (5) l’a extrait des tiges du Jasmin
(1) Em. Bourqüelot.— Le saccharose dans les végétaux. [Bull. Soc. Hist. natur. des Ardennes, X, p. 8, 1903). Voir également : Em. Bourquelot. Le saccharose dans les végétaux. [Journ. de Pharm. et de Chim., (6), XVIII, p. 241, 1903). — Em. Bourquelot. Sur l’emploi des enzymes comme réactifs dans les laboratoires. Il—Hydratases. [Journ. de Pharm. et de Chim., (6), XXV, p. 16, p. 378, 1907).
(2) H. Hérissey et Ch. Lefebvre.— Sur la présence du raffinose dans le Taxus haccata C. [Journ. de Pharm. et de Chim., (6), XXVI, p. 66, 1907).
(3) Em. Bourquelot et M. Bridel. — Sur la recherche du raffinose dans les végétaux. Sa présence dans deux graines de Légumineuses : Erythrina fusca Lour. et Entada scandens Banth. [Journ. de Pharm et de Chim., (6), XXX, p. 162, 1909).
(4) L. Piault. — Sur la présence dans les parties souterraines du Lamium albumh. du stachyose (mannéotétroseï et d'un glucoside hydrolysable par l’émuisine.(/o«rn. de Pharm. et de Chim., (6), XXIX, p. 236, 1909).
L. Piault. — Sur la présence du stachyose dans les parties souterraines de quelques plantes de la famille des Labiées. [Journ. de Pharm. et de Chim., (7), I, p. 248, 1910).
L. Piault. — Sur le stachyose. Sa recherche et sa présence générale dans la famille des Labiées. [Thèse Doet. Univ. (Pharmacie),Paris, 1910).
(5) J. Vintilesco. — Sur la présence du stachyose dans le Jasmin blanc [Jasminum officinale L.). [Journ. de Pharm. et de Chim., (6), XXIX, p. 336, 1909).
blanc \jasminum officinale L.), et M. Khouri (l)des parties souterraines àeVEremostachys laciniata L.
Enfin, MM. Em. Bourquelot et M. Briuel (2), après avoir reconnu que la raciue de Bouillon blanc ( Verbascum T’Aa/j.îM.s L.) devait renfermer un sucre encore inconnu, sont parvenus à isoler ce sucre à l’état cristallisé et l’ont nommé « verbascose ».