‹ Recherches sur les instruments (volume 2)Chapitre 103 sur 164 · CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES

l’ascension du Rigi, qui avait soumis rinslrumenl à une trop forte épreuve, ont été, à peu d’exceptions près, satisfaisants. En comparant, en effet, les altitudes trouvées avec les cotes données par la Carte du général Dufour pour la Suisse ou par la Carte d’État-Major pour la France, les plus grandes différences ont à peine atteint 20'" et la plupart des autres étaient inférieures à 10™, différences sur lesquelles il y aurait lieu d’imputer l’erreur provenant de ce que la température n’avait pas été observée, mais déduite hypothétiquement, celle de la formule qui peut atteindre 2"' et enfin le défaut d’identité absolue des stations et des points relevés sur la carte dont les cotes ne sont pas non plus rigoureusement exactes.

En un mot, l’expérience, pour imparfaite qu’elle eût été, n’en témoignait pas moins hautement en faveur de l’instrument que nous avions déjà employé avec succès, en automne 1867, au bord de la mer, à la prévision du temps, en nous guidant sur les Weather glasses in north latitude de l’amiral Fitz-Roy ( ' ), comme on peut le voir dans le Recueil des rapports de la Commission militaire à V Exposition universelle de 1867.

Les événements de 1870 et leurs conséquences nous empêchèrent de reprendre ces expériences avec des baromètres construits expressément pour les hautes altitudes.

Cependant en 1871 et 1872, à l’occasion de la délimitation

(') Voyez à ce sujet, dans le Darometer Manual-Boavd of tracle, i863, compilée! by Rear Admirai Fitz-Roy, F. R. S.; Explanatory of weather glasses in north latitude; IJow to foretell weather? Dans cette excellente brochure, l’amiral Fitz-Roy ne s’occupe pas seulement de la prévision du temps, mais aussi de la mesure des hauteurs à l’aide du baromètre anéroïde dont il indique nettement doutes les propriétés, en allant au-devant de l’objection que cet instrument avait besoin d’être comparé assez fréquemment au baromètre à mercure, qu’il exigeait des rectifications et pouvait se détériorer avec le temps; mais il ajoutait aussitôt que, depuis quatorze ans, il se servait d’un anéroïde qui ne s’était pas altéré sensiblement.

C’est dans cette même brochure qu’il publiait une Table des différences pour les hauteurs qui est, en pieds et pouces anglais, celle que l’on a proposé, beaucoup plus tard, d’employer dans les baromètres dits orométriques. L’excellent météorologiste était bien en avance sur les compatriotes de Vidie.

35a LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

de la nouvelle frontière du Nord-Est, et en 1873, pendant un voyage en Allemagne^ en Autriche et en Italie, nous avions pu encore constater l’excellence des indications du même baromètre-montre de llichard pour les altitudes inférieures à 1000'", jusqu’à ce que, par un jour d’orage, à Vérone, et à la suite d’une brusque dépression atmosphérique de près de o'^joS, le mécanisme éprouva un accident qui mit temporairement l’instrument hors de service.

Enfin, l’année suivante, nous pouvions entreprendre l’étude comparative de quatre baromètres holostériques de Naudet et de trois anéroïdes de Breguet, de dimensions variées mais donnés tous comme ayant été construits pour les hautes altitudes. Nous les avions d’abord suivis pendant plusieurs semaines, trois fois par jour, et comparés à un baromètre Fortin, puis placés deux à deux ou trois à trois sous la cloche d’une machine pneumatique, sous laquelle nous réduisions la pression jusqu’à 55o"'“^ et nous avions déjà constaté dans leurs indications simultanées des différences assez sensibles pour nous faire craindre des erreurs inacceptables, quand on viendrait à se servir de ces instruments pour des nivellements qui viseraient seulement à la précision que nous avions obtenue avec le baromètre-montre de Richard.

Expédition barométrique au Püy de Dôme en 1874. — Nous résolûmes alors d’entreprendre une expérience décisive en emportant les sept baromètres anéroïdes ou holostériques et un excellent baromètre Fortin de Tonnelot, à Clermont-Ferrand et de là, après les avoir comparés entre eux et au baromètre d’Alvergniat, de la Faculté des Sciences, au sommet du Puy de Dôme, par la Baraque et le col de Ceyssat, en faisant dix stations auprès des bornes de Bourdaloue ou de celles qui venaient d’être placées sur la nouvelle route en construction et nivelées par M. le capitaine Penel, du Service géographique de l’Armée. Le 26 septembre 1874, en compagnie de M. le commandant du Génie (depuis général) Faure et de M. l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Gautier, nous exécutions ce projet en prenant les précautions les plus minutieuses pour éviter toutes les chances d’erreur et nous procurer les élé-

Page 1