CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES
plus OU moins de succès, mais ces derniers ne s’élaient jamais avisés de s’en servir pour mesurer des angles ou des distances ni pour opérer des nivellements.
L’une de ses applications les plus fréquentes et les plus heureuses avait été faite par les micrographes qui s’en servaient pour déterminer les grossissements de leurs instruments et par conséquent Véchelle des dessins qu’ils exécutaient avec son secours; enfin on l’avait adaptée aussi, dès les premières années de son invention, aux lunettes ou aux télescopes, mais sans autre préoccupation que d’obtenir des images amplifiées.
Nous avons cherché à l’associer à X art de mesurer {Iconoinétrie) en Topographie, soit en nous en tenant à l’instrument seul, soit en l’adaptant à des lunettes à grossissements variés. Après avoir fait disparaître une légère imperfection de l’instrument primitif, dans le cas où on l’emploie seul, celui du déplacement des images dû au déplacement involontaire de l’œil de l’observateur ou de la parallaxe, dès nos premiers essais qui datent d’un demi-siècle, nous avions été frappé à la fois de la simplicité d’un procédé qui procurait en très peu de temps des éléments de mesure en nombre considérable et de l’exactitude des résultats graphiques et numériques très facile d’ailleurs à justifier.
Ce procédé revient, en définitive, à relever graphiquement, sur des perspectives géométriques rigoureuses, les mesures angulaires que l’on prend habituellement une à une sur le terrain avec les différents instruments que nous avons étudiés; on le trouvera exposé plus loin dans notre Chapitre III.
Nous n’avions pas tardé d’ailleurs à appliquer le même procédé aux vues du terrain obtenues à l’aide de la Photographie, et c’est ainsi que sont nés les arts nouveaux de la Mëtrophotograpliie ou Pliotogrammétrie et même celui de la Téléphotographie, sur l’histoire desquels nous renvoyons encore le lecteur au Chapitre III de ces Recherches.
Malgré tous les avantages que l’on pouvait pressentir de la substitution des vues photographiques aux vues dessinées à la chambre claire, les débuts de la Métrophotographie furent difficiles, d’une part à cause de l’imperfection des objectifs qui entraînait la déformation des images et obligeait à réduire
le champ à la moitié de celui de la chambre claire et, d’autre part, à cause de la complication des manipulations photographiques sur le terrain.
Ils avaient été néanmoins encouragés, comme nous l’avons vu dans V Avertissement, par les plus hautes autorités du corps du Génie, et c’est alors que les objectifs avaient été perfectionnés au point d’atteindre et de dépasser le champ de la chambre claire et que les procédés photographiques se simplifiaient de Jour en jour, qu’une hostilité mal déguisée se manifesta et parvint à faire supprimer un service très bien organisé, peu dispendieux et qui avait obtenu des résultats tout à fait remarquables (’).
Nous n’insisterons pas sur les motifs de cette hostilité, mais comme elle venait de ceux qui s’étaient passionnés en faveur de la Tachéométrie et qui cherchaient à rivaliser de notoriété avec Porro, il nous a semblé tout à fait à propos, en terminant ce Chapitre, de faire connaître l’opinion de celui-ci sur les avantages de la Phototopographie,
Dans un Mémoire sur l’application de la Photographie à la Géodésie publié en i863 (-) — ce n’est pas d’hier et nous ferons remarquer que la brigade phototopographique avait été précisément créée en i863 et qu’elle a été supprimée en 1871, — Porro, après avoir cité nos travaux et cherché très péniblement à se mettre à l’abri des erreurs dues aux déformations par les objectifs que l’on doit considérer aujourd’hui comme tout à fait négligeables (*), s’exprimait en ces termes :
« 11 est clair que ce moyen est principalement avantageux dans les pays de collines et dans la montagne, et beaucoup
1^*) Nous avons déjà cité les noms de M. le capitaine du génie (depuis commandant) Javary, et de M. le garde du génie Galibardy, qui composaient à eux seuls la brigade phototopograpliique et auxquels on ne reprochait que leur habileté. « D’autres, disait-on, ne pourraient pas opérer aussi bien qu’eux », et l’on décidait qu’il valait mieux renoncera un art qui exigeait, croyait-on, une aptitude particulière.
(“) Notizia sidla applicazione délia Fotographia alla Geodesia {Il Politecnico, anno ix, i863). Soldini; Milano.
(’) C’était une c\\d,mhi'Q sphérique associée à un théodolite spécial qu’il proposait pour éviter les erreurs de déformation, dont il s’exagérait beaucoup l’importance, môme à l’époque dont il s’agit.