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CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES

moins dans la plaine, où il peut cependant encore rendre d’utiles services si l’on opère par les procédés de la Célérimétrie et en employant en même temps le tachéomètre.

» Ceu.K qui, pour les études d’un chemin de Ier dans les Alpes ou dans les Apennins, auraient parcouru une seule fois, par exemple, les vallées du Tessin^ du Blenio, du Campo et de la Cristallina, de Bellinzona à Dissenlis, en employant cinq jours et un nombre peu embarrassant de glaces collodionnées, auraient recueilli cent fois plus d'éléments très fidèles et très exacts pour lai rédaction et la discussion du projet de chemin de fer que n’avaient pu le faire avec un personnel nombreux, une grande dépense et une grande fatigue, en cinq mois de l’année i845, les ingénieurs Carbonnazi et Porro (le soussigné) auxquels est due la première rédaction sérieuse de ce projet. »

Dans une note ajoutée à ce Mémoire, Porro disait encore que le tachéomètre lui avait cependant donné une grande avance sur les autres opérateurs, mais, poursuivait-il, « aujourd’hui la Photographie (sphérique) l’emporte à son tour sur le tachéomètre lui-même ». [Di altrettanto a sue vece la Fotografia sferica vince oggi lo stesso tacheometro.]

Si l’on prenait au pied de la lettre les affirmations de Porro, on voit quelle immense économie de temps et d’argent la Photographie ferait faire à ceux qui l’emploieraient au lieu et place de la Tachéométrie; mais même en faisant la part de l’exubérance du tempérament et du langage habituel de Porro, il n’est pas moins certain, et l’expérience est faite, dès à présent, dans plusieurs pays de l’Europe et en Amérique ( ' ),

(’) Nous n’ignorons pas que (fes expériences comparatives ont été faites en Suisse avec une planchette de précision et un appareil photographique par un très habile opérateur, M. llosemund {Untersuchungen über die Anwendung des photo grammetrischen Verfahrens für Lopographische Au/nahmen, Dericht an den eidgenôssischen topographischen Bureau, von Rosemund, Ingénieur. Bcrn; 1896), desquelles on a conclu que laplanchette était plus économique et faisait gagner du temps. Mais nous ferons observer que l’auteur était beaucoup plus exercé à se servir de la planchette que de la méthode photographique, et nous sommes convaincu que s'il continuait à pratiquer la dernière, les résultats qu’il obtiendrait changeraient de signe.

que le bénéfice de la méthode photographique est considérable, et rien n’explique la résistance qu’elle a rencontrée jusqu’à présent de la part des services publics dans son pays d’origine, c’est-à-dire en France.

C’est donc l’histoire des préjugés envers la boussole et envers la stadia qui recommence, et par conséquent ce n’est plus qu’une affaire de temps. Nous croyons même qu’aujourd’hui le premier pas est fait, et l’on sait que c’est celui qui coûte le plus (février 1898).

Déjà d’ailleurs, nous l’avons dit dans V Avertissement, les indépendants, dégagés de tout préjugé, ont fréquemment recours à la Photographie qui leur permet d’opérer avec toute l’exactitude nécessaire, plus ou moins rapidement, selon le but qu’ils veulent atteindre, mais toujours beaucoup plus vite que par toute autre méthode.

Nous examinerons dans les Chapitres suivants les motifs d’un autre ordre qui militent en faveur de l’emploi des vues pittoresques associées aux plans topographiques, non seulement en considération des services qu’elles peuvent rendre comme éléments de mesure, en permettant au besoin de vérifier ceux-ci, mais parce qu’elles deviendront des illustrations précieuses, dans bien des cas, pour ceux qui ont à consulter ces plans, — ce qui n’avait pas échappé aux habiles topographes des deux siècles derniers qui étaient en même temps d’excellents artistes paysagistes.

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