CHAPITRE II. — IA TOPOGRAPHIE DANS TOUS LES TEMPS. 3g
encombranle et par conséquent peu commode à transporter en voyage. C’est pour obvier à cet inconvénient que AVollaston proposa, au commencement de ce siècle^ l’appareil si simple et si parfait qu’il a désigné sous le nom de chambre claire, par opposition à la chambre obscure, le papier sur lequel on dessine restant éclairé. Il faut cependant convenir qu’il n’y a plus là de chambre, à proprement parler, et l’instrument, qui consiste dans un prisme quadrangulaire à deux réflexions totales successives, à peine gros comme le petit doigt, et de O'", 02 de longueur environ, comporte simplement une monture de laiton très légère qui s’adapte, à l’aide d’une pince, à la planchette sur laquelle on dessine.
Ce sont ces deux derniers instruments, la chambre claire et la chambre noire ('), qui nous ont servi à étudier et, pensons-nous, à établir les meilleures règles à suivre pour passer des vues géométriques, ou des paysages qu’elles permettent d’obtenir dans des conditions bien déterminées, au plan et au nivellement du terrain que représentent ces paysages.
Nous terminerons ce Paragraphe en ajoutant que c’est encore à un peintre toscan du xv® siècle, Pielro délia Francesca, qu’est due la première solution exacte du problème qui consiste à construire graphiquement la perspective linéaire d’un objet, étant données les positions relatives de cet objet, du tableau et du point de vue (-).
Les dernières notions essentielles de la théorie de la Perspective, la considération de la ligne d’horizon, du point principal, du point de distance, de \ éloignement, de la largeur et de la hauteur pour les différents points à placer sur le tableau se trouvaient renfermées dans le trait de Pietro délia
('} Cette dernière a pris ce nom depuis l'invention de la Photographie, celui de chambre obscure étant donné à la pièce du laboratoire où l’on révèle les épreuves pliolograpliiques.
(q Les origines du trait de perspective, par M. E. Rouché, publié dans les Annales du Conservatoire des Arts et Métiers, 2° série, t. 111, 1891; Traité de Perspective de Pielro della Francesca (Bibliothèque Nationale, manuscrit avec figures, fonds latin, supplément 11“ 16).
3g4 LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
Francesca, élucidé encore au xvi® siècle par Albert Durer et par le chevalier Commandin d’Urbin ( ' ).
Nous n’avons pas d’ailleurs à nous arrêter plus longtemps sur l’histoire de la Perspective régulière. Cet art, qui dépend avant tout de la Géométrie, a été habilement pratiqué, depuis cette époque, par beaucoup de grands artistes, peintres, architectes et graveurs, bien que l’on ne puisse pas dire qu’il ait toujours été cultivé comme il le mérite par ceux qui avaient le plus besoin de le connaître.
Quoiqu’il en soit, les règles en sont si bien établies qu’elles ont pu servir depuis longtemps à résoudre le problème inverse de la restitution des monuments et, plus tard enfin, contribuer à la construction des plans, d’après les perspectives exactes obtenues de plus en plus aisément à l’aide de la chambre claire ou de la Photographie.