CHAPITRE I. — HISTOniQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES. 9/a
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Dans les pays de montagnes, celle équidistance peut être augmentée pour éviter de trop multiplier les courbes. Dans les pays de plaines, au contraire, on a besoin quelquefois de la diminuer. Nous admettrons, dans ce qui va suivre, l’équidistance la plus habituelle de i“‘". Quelle que soit d’ailleurs celle équidistance, on conçoit aisément que les courbes seront plus rapprochées ou plus espacées sur le plan selon que les pentes du terrain seront plus ou moins fortes. 11 est également facile de se rendre compte de ce fait que, dans les pays de plaines où cet espacement devient très grand, les formes des courbes successives, peu accusées en général, deviennent souvent indépendantes les unes des autres. Aussi les délermine-l-on alors isolément par points plus ou moins rapprochés, au niveau d’eau ou avec un niveau à main et suivant des méthodes, très simples et très faciles à imaginer, auxquelles nous ne nous arrêterons pas.
Mais il n’en est plus de même dans les pays accidentés où les courbes plus nombreuses, en se rapprochant, conservent dans bien des cas les mêmes allures au point de paraître s’emboîter les unes dans les autres. Pour les tracer assez rapidement, souvent plusieurs à la fois, comme nous le verrons, on a été conduit à la considération de lignes et de formes plus ou moins aisément reconnaissables qui jouissent de propriétés caractéristiques, servent de guides au topographe niveleur et ont donné naissance à un vocabulaire d’un usage général. Tels sont les lignes de faîte, les plateaux, les mamelons, les contreforts plus ou moins arrondis ou allongés, les arêtes, les gouttières, les inflexions, les cols, les crêtes, les escarpements, les arrachements, les rochers saillants, les ravins, les gorges, les talus d’éboulemenl ou de comblement, les commencements, changements et fins de pente, les étages des vallées, les bermes, les berges, les cuvettes, les thalwegs, etc.
Sans entrer dans le détail des opérations fondamentales de nivellement qui font partie de celles que l’on désigne sous le nom de canevas général du lever et sur lesquelles nous aurons occasion de revenir, nous pouvons supposer que le topographe niveleur a à sa disposition des repères assez nombreux
22G les instruments, les méthodes et le dessin topographiques.
sur les lignes de faite, les mamelons, dans les fonds de vallées ( ' ), vérifiés, numérotés et enregistrés sur un carnet.
En partant alors, par exemple, d’un repère situé sur un mamelon, après avoir levé par rayonnement, et le plus souvent par lignes de visée horizontales, les courbes supérieures iné- . gaiement espacées jusqu’à ce que l’on ait atteint un commencement de pente, on choisit, pour y stationner avec l’instrument altazimutal, l’un des points de cette ligne d’où l’on plonge avec l’éclimètre, par rayonnement, dans toutes les directions qui présentent des pentes sensiblement continues jusqu’aux lignes de cbangement de pente. Pour chaque direction et pour chaque point, où le porte-mire laisse des piquets, les pentes sont données par l’éclimètre et les distances mesurées à la chaîne suivant la pente ou évaluées sur la stadia verticale sont réduites à l’horizon au moyen de l’une des deux échelles précédentes.
Quand l’instrument est une planchette comme le tachymétrographe ou la planchette de précision dont il sera bientôt question, ou bien lorsqu’il est simplement accompagné d’une planchette à dessiner, comme c’était le cas avec la boussole nivelante du Génie ou ses analogues, on rapporte immédiatement la direction et la distance réduite de chaque point que l’on cote comme nous allons l’expliquer, en indiquant en même temps comment on peut tracer les courbes de niveau entre la station et la ligne de changement de pente.
Échelle des pentes. — C’est pour atteindre ce double but graphiquement qu’ont été construites les échelles de pente dont le principe est le suivant :
Soient A et B {Jîg- 8i) deux points, dont l’un A est la station et B le point à déterminer; AB la distance des deux points mesurée suivant la pente, AA' leur différence de niveau.
On a
(i) AA'=A'Btangi
(’ ) Ou dans leur voisinage, ces repères étant surtout placés sur les bords des chemins ou des sentiers que l’on suit généralement quand on exécute au niveau à bulle d’air le canevas du nivellement.