‹ Recherches sur les instruments (volume 2)Chapitre 71 sur 164 · CIIAPITRIC I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES METHODES · texte numérisé non relu

CIIAPITRIC I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES METHODES

Verniquei, élaienl inconleslablemenl mieux inspirés el plus au couranules principes de leurarl que ceux du nouveau plan de Paris, si soigné qu’il soit malériellement, el si, de leur temps, l’usage des courbes de niveau avait été aussi répandu que du

les cotes de nivellement relevées par les agents voyers, mais on s’élait servi de ces cotes éparses pour tracer des sections horizontales continues par interpolation.

Quelques années plus tard, mon savant camarade et ami Delesse avait entrepris de tracer de la même manière des courbes de niveau sur un plan de Paris à l’échelle de 50V0 • J® l’avais aidé dans ce travail de patience souvent inextricable et nous avions saisi tous les deux l’occasion de la construction du nouveau plan de Paris, entreprise sous l’administration de M. Haussmann, pour suggérer l’idée de figurer sur ce plan, exécuté à l’échelle de tôVôî l’elief du sol à 4’aide de courbes levées rigoureusement à l’équidistance de 1“ et, dans certains cas, avec des courbes intercalaires. Nous nous étions efforcés en môme temps de démontrer que la dépense qu’entraînerait ce travail serait couverte et au delà par l’économie que l’on pouvait faire en évitant d’édifier, à grands frais, ces échafaudages gigantesques en charpente, pompeusement décorés du nom de pylônes, dont tous les Parisiens d’un âge mûr se souviennent, qui couvraient les quais et les boulevards intérieurs et extérieurs, s’étendaient jusque dans la banlieue et devaient servir d’observatoires pour la triangulation.

J’avais été appelé à m’expliquer, à ce sujet, devant le Préfet de la Seine, à qui je üs remarquer que ces châteaux branlants étaient peu propres à leur destination et qu’il était inouï que l’on en eût l’idée dans une ville couverte de monuments élevés et solides sur lesquels les opérateurs chargés de la triangulation du beau plan de Verniquet avaient eu grandement raison de s’installer. J’avais même cité à M. Haussmann le scrupule des géomètres anglais qui, dans l’Inde, au milieu des forêts, avaient fait construire de hautes tours en maçonnerie pour servir de signaux et de stations, afin d’éviter les inconvénients des oscillations des charpentes de bois (“). En dépit de l’intelligente initiative que l’on est accoutumé à entendre louer chez le célèbre administrateur, la proposition si raisonnable formulée par Delesse et par moi dans un Mémoire détaillé que je lui remis sur sa demande, ne fut pas prise en considération. Tout se réduisit à une lettre courtoise de M. Haussmann, dans laquelle il m’annonçait qu’il serait tenu compte de l’une de mes critiques concernant les pylônes. Ceux-ci étant, en effet, destinés à disparaître ne devaient, contrairement aux règles les plus élémentaires de la Géodésie et du sens commun, laisser aucune trace de la triangulation, et j’avais conseillé de marquer au moins d’un signe visible la projection sur le sol de chacun des sommets. C’est ainsi que l’on peut découvrir encore, çà et là, des disques de bronze scellés sur les trottoirs ou sur la chaussée, le long des quais et des boulevards, sur la place de la Madeleine, etc.

(“) Les pylônes étaient sans doute incomparablement moins élevés que la tour Eiffel dont on a pu mesurer les oscillations, mais il est aisé de prévoir que des charpentes de bois, au haut desquelles l’observateur était obligé de se déplacer autour de son instrument, ne présentaient pas les conditions de rigidité nécessaires.

nôtre, nul doute qu’ils en eussent profité pour achever l’œuvre si remarquable qu’ils ont laissée.

En attendant la réalisation de ce vœu (et il faut bien convenir que d’autres pays voisins sont déjà beaucoup plus avancés que nous dans cette voie, voyez dans la note précédente ce que nous disons de l’Angleterre à titre d’exemple, et il en faudrait citer bien d’autres), nous devrons encore peut-être pendant longtemps recourir aux études partielles ayant un objet déterminé, sans pouvoir éviter de revenir cent fois sur le même terrain, faute d’en avoir une représentation définitive, authentique {standard, diraient les Anglais) et pouvant répondre à tous les besoins. Fort heureusement, quoi qu’il arrive, nos géomètres, nos ingénieurs-topographes civils, désormais très exercés, en général, à l’emploi du tachéomètre et qui sauraient également bien se servir de la planchette de précision, sont en état d’entreprendre et d’exécuter les travaux dont il s’agit, soit par la méthode des relèvements numériques, soit par celle des levers rapportés sur le terrain, car depuis un certain nombre d’années cette corporation a fait de grands efforts pour se mettre à la hauteur de sa mission et elle y a réussi, ses excellentes publications périodiques en font foi (').

C. Construction des Cartes topographiques. •- Nous verrons au Chapitre II que, déjà pour l’établissement de la Carte de Cassini, le lever des plans de détails (de la planimétrie) avait été confié à des géomètres civils, improvisés à la vérité pour la plupart, chargés en outre de représenter le figuré du terrain, tâche dont ils s’acquittèrent très médiocrement, sans que l’on puisse leur en faire un crime (-).

(') Én France aussi Dieu qu’à l'étranger.

(’) Nous verrons aussi dans le Chapitre II avec quelle supériorité les ingénieurs -géographes militaires s’acquittaient de tâches analogues et combien il est à regretter que l’on n’ait pas songé à utiliser leur e.\périence et leur talent, en leur donnant la direction de ce grand travail. Disons toutefois que le principal mérite de l’œuvre dont il s’agit, indépendamment de ce qu’elle constituait une entreprise hardie, sans précédent, la représentation et la publication aune grande échelle, -g-ë^Trô» aussi étendu que la France, c’est le soin avec lequel avaient été exécutées, par les Cassini eux-mêmes, les grandes triangulations qui étaient, à cette époque, des opérations pleines de difficultés.

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