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CHAPITRE I. — IIISTORIOUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES

et physiques de Vlustitiit en i8io. Sans entrer dans des détails qui ne seraient pas ici à leur place, nous engageons encore le lecteur à parcourir ce document (*).

(’j Mémoire sur la mesure des hauteurs à l’aide du baromètre, par M. d’Aubuisson, ingénieur au Corps impérial des Mines, dans le Journal de Physique, Cahiers de juin et juillet i8io.

Les nivellements rigoureux étaient rares à l’époque où Ramond et d’Âubuisson se livraient à ces utiles et délicates recherches et, pour contrôler les résultats obtenus à l’aide du baromètre, ils avalent dû recourir à des mesures trlgonométriques. Chacun de leur côté, ils avaient eu te mérite d’imaginer des méthodes qu’il convient de signaler ou de rappeler dans cette Notice, car l’une d’elles y a déjà été mentionnée précédemment.

Nous citerons tout d’abord textuellement le passage du premier Mémoire de Ramond qui contient le principe de sa méthode.

« J’ai fait, avec toute l’exactitude que comporte l’emploi de petits instruments, une suite d’opérations trlgonométriques pour mesurer deux triangles de 10000“ à i5ooo™ de côté. Ils étaient destinés à déterminer la position d’une couple de montagnes et à vérifier la distance du pic de Montaigu au pic du Midi. Dans le cours de ces opérations, que j’ai exécutées à l’aide d’un petit cercle répétiteur, je me suis procuré plusieurs bases verticales, en prenant les angles au zénith de quelques sommets dont je mesurais la hauteur relative, à l’aide du baromètre. Ce procédé est très expéditif et très sûr, parce que, d’une part, les observations barométriques n’ont jamais plus d’exactitude que lorsqu’elles sont faites de sommets à sommets, même à de très grandes distances horizontales, et que, de l’autre, les angles au zénith pris à la fois des divers sommets oû l’on a porté le baromètre se corrigent respectivement de l’effet de la réfraction et de l’abaissement du niveau. Je recommande cette méthode à ceux qui ont à tracer dans le moindre espace de temps possible la topographie d’un pays de montagnes. L’idée m’en a été suggérée par M. Allent, lieutenant-colonel du génie, et l’essai que j’en ai fait a complètement répondu à notre attente. »

Et en note, l’auteur ajoutait : « Depuis que ceci est écrit, nos bases verticales ont pris beaucoup de faveur — Au reste, tandis que j’essayais cette méthode, M. de Humboldt l’employait de son côté et bien plus en grand, pour opérer la jonction de Mexico avec le port de la Vera-Cruz, sur une distance de plus de 3o myriamètres. »

Nous avons déjà réclamé pour, d’Aubuisson l’idée d’employer une règle unique à la mesure des bases. Voici à quelle occasion il inaugura ou plutôt il rendit plus précis un procédé qui a été pratiqué de tout temps dans les mesures courantes.

Pour comparer les résultats que l’on peut obtenir à l’aide du baromètre avec ceux que donne plus sûrement la Trigonométrie, d’Aubuisson avait choisi le mont Gregorio qui est le pilier occidental de l’entrée de la vallée d’Aoste, terminé par un étroit plateau à 1700“ de hauteur environ au-dessus de la plaine du Piémont. Il avait mesuré une base de 670“ dans cette plaine à 6'‘“ delà cime et effectué une triangulation avec un cercle répétiteur de Lenoir. Sur les alignements de la base, légèrement brisée en trois

Baromètre métallique. — Le baromètre à mercure a été pendant longtemps le seul qui pût être utilisé par les voyageurs comme par les observateurs sédentaires, et, parmi ceux qui ont été construits pour servir à la détermination des hauteurs, les deux plus estimés étaient le baromètre de Fortin et le baromètre de Gay-Lussac. La lecture de la colonne mercurielle peut, en effet, s’y faire avec un vernier au et même au 2^ de millimètre correspondant à une approximation de o“,5o pour les hauteurs, et c’est ainsi qu’opérait toujours Ramond.

La fragilité du tube de verre présentait les plus grands inconvénients toutes les fois qu’il fallait transporter le baromètre: aussi a-t-on cherché, à plusieurs reprises, à le remplacer par un tube de fer, en modifiant la manière d’observer. La solution proposée par Conté a été réalisée d’une manière satisfaisante et le Conservatoire des Arts et Métiers possède un des baromètres à poids du célèbre inventeur qui lui a servi, paraît-il, en Égypte, à mesurer très exactement la hauteur de la grande pyramide de Gizeh ( ' ).

endroits, on avait planté de 5“ en ô™ des piquets hauts de o”', 2, o™, 3 à o“,4.

c< Pour mesurer cette base, dit d’Aubuisson, nous fîmes faire à Turin, par le mécanicien de l’Académie, une grande règle de bois de sapin, ayant 5“, 01 de long, ses e.xtrémités furent garnies en cuivre et l’on y marqua, avec toute l’exactitude possible, par deux lignes transversales, le commencement et la fin des 5 mètres.

» Le même mécanicien nous fit en outre deux espèces de boîtes de cuivre destinées à recevoir les extrémités de la règle. Elles se plaçaient sur la tête du piquet et s’y fixaient, lorsqu’il était nécessaire, à l’aide d’une vis de pression. On avait tracé sur la partie supérieure une ligne destinée à coïncider avec celle marquée sur l’extrémité de la règle qui posait dessus.

» Lorsqu’on voulut procéder à la mesure de la base, on fixa une boîte sur le piquet n“ 1 ; on plaça l’autre sur le n° 2, mais sans l’y arrêter. On posa ensuite la règle de manière que la division o™ coïncidât parfaitement avec la ligne tracée sur la première boîte et l’on avança la seconde jusqu’à ce qu’il y eût coïncidence entre sa ligne et la division S”, alors on serra la vis et la première distance fut mesurée.... »

Il est sans doute inutile d'aller plus loin et l’on reconnaît aîsément dans ces quelques lignes toute la méthode attribuée à Porro.

(' ) Beaucoup plus tard, Arago touché des doléances de ses amis, de Humbüldt et Boussingault, si souvent privés, pendant leurs voyages, de faire des mesures de hauteurs, par suite de la rupture de leurs baromètres (pendant les dix ans qu’il avait passés dans l’Amérique du Sud, Boussingault avait eu quatorze baromètres cassés et difficiles à remplacer), avait imaginé

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