CHAPITRE I. — HISTORIQUE DES INSTRUMENTS ET DES MÉTHODES
Un peu auparavant, Conté, alors qu’il était directeur de l’École aérostatique de Mcudon, avait voulu créer pour son service un instrument à la fois portatif et solide et il avait été sur le point de résoudre ce difficile problème du baromètre entièrement métallique, d’un très petit volume, devenu aujourd’hui si usuel. Nous donnons, d’après le Bulletin de la Société philomathique de Paris du mois de Floréal an VI de la République (avril 1798), la description de ce premier essai d’ailleurs aussitôt abandonné.
« La forme de cet instrument est à peu près celle d’une montre. On en voit le dessin dans la fig. 120; ABC est une
Fig. 120.
Baromètre métallique de Conté. (Grandeur naturelle.)
calotte très solide de fer ou de cuivre, sur les bords de laquelle
de substituer au tube de verre d'une seule pièce un tube de fer forgé sur lequel on vissait, au moment de l’observation, un autre tube de verre de 8cm à jQcm Je longueur seulement, renfermé dans un étui. Ces tubes et le mercure contenu dans une fiole en fonte de fer étaient transportés séparément et l’on construisait le baromètre à chaque station. A la vérité, le mercure ne pouvait pas être purgé d’air, mais en plongeant plus ou moins le tube de fer dans le réservoir intérieur, on faisait varier la capacité de la chambre barométrique de 10 à i par exemple, et, comme l'elTet de la dépression produite par l’air sec ^ur la colonne est dix fois plus considérable dans la seconde observation que dans la première, la dilTérence des hauteurs divisée par 9 était ce qu’il fallait ajouter à la première pour éliminer l’elTet de la présence de l'air. Le célèbre artiste Gambey avait construit plusieurs de ces baromètres, dont un exemplaire fut présenté à l’Académie des Sciences par Arago, en i844- Cette ingénieuse disposition du baromètre à mercure, très distincte de celle qui avait été adoptée par Conté pour son baromètre à poids, eût, sans aucun doute, rendu beaucoup de services aux voyageurs si l’invention des baromètres métalliques sans mercure n’était venue les soulager des manipulations et des soins qu’exigeait le procédé qui vient d’être décrit.
s’appliquent exactement ceux d’une autre calotte d’acier AFC, mince et flexible. Celle-ci s’appuie contre le fond de la première, au moyen de ressorts R, R. La queue CD renferme un canal qui fait communiquer la capacité ARCF avec l’air extérieur et qui peut être fermé hermétiquement par un bouchon.
» Au-dessus de la calotte AFC est placé un cadran percé en son milieu par un canon III portant une aiguille HG. Le tout est recouvert d’un verre concave.
» On conçoit que si l’on fait le vide dans l’espace ARCF, la calotte AFC se trouvant chargée de tout le poids de l’atmosphère, rentrera sur elle-même et comprimera les ressorts R qui la soutiennent et elle se relèvera lorsque la pression diminuera. P.arun mécanisme très simple placé dans le canon III, le mouvement de la plaque AFC se communique à l’aiguille IIG qui indique, par les arcs qu’elle parcourt, les variations de la pesanteur de l’air.
» Cet instrument, que l’on pourrait porter dans la poche, ne satisfit point le C. Conté qui le trouva trop sensible aux changements de température. »
Baromètre anéroïde inventé par Vidie. — L’idée du baromètre entièrement métallique était donc abandonnée depuis longtemps quand un autre inventeur français, Lucien Vidie, sans avoir eu connaissance des recherches de Conté, s’en avisa à son tour et parvint à la réaliser d’une manière tout à fait satisfaisante ( ' ).
( ' ) Lucien Vidie, né à Nantes en i8o5, mort à Paris en i866, avait été d’abord avocat; mais, malgré le talent dont il avait fait preuve dans cette profession, son goût pour la Mécanique l’avait décidé à entreprendre un service de bateaux à vapeur sur la Loire et sur la Cliarente. En étudiant les dilTérents organes de ses machines et en essayant de les perfectionner, il avait été conduit à substituer au manomètre à mercure, si fragile, un manomètre métallique. Ses premiers essais ne lui ayant pas donné satisfaction, sans désespérer d’atteindre le but, car il avait fait breveter cette in-