CHAPITRE III. — ICONOMÉTRIH ET MÉTROPJIOÏOGIUPIIIE
phique, qu’il faudrait être bien négligent ou bien distrait pour commettre des erreurs de lecture ou d’inscription.
On nous pardonnera celle digression et ces réflexions que nous appuierons en rappelant que nous n’avons pas attendu les progrès de la Photographie pour mettre en pratique, à terre, les conseils de Beaulemps-Beaupré, car en dessinant, de 1849 à i85i, des vues géométriquement exactes, à l’aide de la chambre claire, nous étions arrivé à des résultats tellement satisfaisants, qu’ils nous avaient aussitôt inspiré à la fois une grande confiance dans la méthode et le désir de l’appliquer aux vues photographiées, en dépit des difficultés que présentaient alors les procédés employés sur le terrain.
Nous aurons à revenir, avec tous les détails nécessaires, sur des essais qui remontent à i8Ô2, et qui sont incontestablement les premiers de ce genre qui aient réussi, ainsi que sur ceux qui les ont suivis, dans lesquels nous avons été habilement secondé par les officiers de la division du Génie de la Garde impériale en 1861 , et surtout par M. le capitaine, depuis commandant Javary, de 1 863 à 1871. Mais nous voulons auparavant passer en revue les tentatives faites, vers la même époque, par d’autres personnes, soit pour recueillir des documents destinés à construire des panoramas, soit pour poursuivre des études de Géographie physique et de Géologie, soit enfin pour lever des plans topographiques.
V. — Premières tentatives faites, à partir de i853, pour utiliser la Photographie dans les reconnaissances topographiques.
Pendant le siège de Sébastopol, des photographes français et anglais avaient déjà cherché à prendre des vues des travaux de défense des Busses, et le service photographique anglais, qui était régulièrement organisé, opérait même pendant les sorties et les rencontres auxquelles elles donnaient lieu (').
( 1 ) Ce service avait été créé d’après le conseil d’un professionnel anglais, .1. Majall; le matériel ne comportait pas moins de trente-six grandes caisses avec un équipage un peu bizarre, que les soldats comparaient à une voiture L., II.
l8 LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
Dans l’hiver de 1 855 , quelques mois après la prise de la place, le colonel Langlois, ancien élève de l'Ecole Polytechnique et le célèbre auteur de beaux panoramas militaires, s’était rendu sur les lieux pour composer celui du Siège de Sébastopol. Après avoir visité les travaux de l’attaque et de la défense avec le général Niel, « il levait, du haut de la tour Malakoff, ditM. Germain Bapst (d’après les documents communiqués par M. le baron Larrey, de l’Institut), au moyen d’appareils photographiques, \g,s plans des positions occupées par les armées et appliquait ainsi, pour la première fois , la Photographie à la levée clés plans panoramiques ('). »
L’expression de plan panoramique ne saurait être confondue toutefois avec celle de plan topographique. Le colonel Langlois n’avait nullement besoin de songer à faire une restitution du plan des travaux du siège, déjà exécuté avec le plus grand soin par les officiers du Génie et par les méthodes ordi-
d’ambulance et une machine à prendre les bains ( ambulance van and a bathing machine). Le personnel se composait de deux enseignes, MM. Brudow et Dawson, exercés expressément à ta Photographie et placés sous les ordres du capitaine Foulke, sans parler des auxiliaires. Des copies des épreuves obtenues étaient jointes aux rapports des généraux et expédiées à Londres où le Ministre de la Guerre, Lord Panmure, les consultait avec beaucoup d’intérêt. Aussi, en dépit des difficultés que présentait alors la pratique de la Photographie, celle-ci fut introduite dans l’enseignement des écoles militaires, notamment à Woohvich, puis employée en 1857-1858 pendant l’insurrection indienne, dans la guerre de Chine en 1860, pendant la campagne en Abyssinie en 1868, etc. ( a ). Il convient de faire remarquer qu’il ne s’agissait encore que de vues pittoresques, remplaçant avantageusement d’ailleurs les dessins ou les croquis, que l’on consultait utilement, mais sur lesquelles on n’effectuait aucune mesure précise.
L’armée française fit également usage de la Photographie en Italie, où il avait été question de créer un corps spécial, puis au Mexique, mais toujours en recourant à des auxiliaires civils improvisés et en ne se servant que très accidentellement de leurs épreuves, sans les rattacher aux cartes existantes ou aux reconnaissances topographiques, sans les faire concourir à corriger celles-ci ou à les compléter.
(') Essai sur l’histoire des Panoramas et des Dioramas, par Germain Bapst ( Extrait des B apports du Jury international de l’Exposition universelle de i88<j). Paris, Imprimerie nationale; mdcccxci.
(«) Renseignements en partie empruntés à l’Ouvrage intitulé: DiaAnwendung der Photographie zu militârischen Zweclten, bearbeitet von Riesling. Iiallc, 18UG.