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CHAPITRE III. — ICONOMICTIWIÎ ET MÉTROPIIOTOGRAPIIIE. Kj

naires, précisément sous la direction du général Nicl ('). Il ne s’agissait, en effet, pas du tout du plan proprement dit, mais d’une succession de vues embrassant le panorama que l’on découvrait de la tour Malakoff. Il n’y avait là, en réalité, rien de nouveau que l’emploi très naturel de la Photographie substitué au dessin d’après nature que le colonel Langlois avait jusqu’alors employé avec un rare talent (2). La chambre noire cylindrique de Martens, qui était connue depuis dix ans, aurait trouvé là son application la plus naturelle.

Quelques années plus tard, vers i858, un médecin de la marine, le I)r Chevallier, imaginait une sorte d’appareil panoramique auquel il donnait le nom ùo, planchette photographique, et qu’il destinait spécialement au lever des plans. Nous en parlerons plus en détail en traitant précisément la question du choix de l’appareil photographique, mais nous pouvons dire dès à présent que cet instrument n’a donné et ne pouvait donner que des résultats peu satisfaisants, à cause de la déformation excessive des images, auxquelles il eût été tout à fait vain de recourir (on le verra par les spécimens que nous reproduirons par la suite) pour se faire une idée de l’aspect véritable et du relief du terrain.

(') Siège de Sébastopol. Journal des opérations du Génie, par le général Niec. Paris, i858; in-8° avec planches.

(3) Peut-être, pour se rendre coinplc d’un seul coup d’œil de l’effet général, le colonel Langlois, comme Baker, l’inventeur des panoramas, rabattait-il circulairement les vues successives et dessinait-il la perspective rayonnante dont il sera question plus loin et que l’on peut, à la rigueur, qualifier de plan panoramique.

Pour tout ce qui concerne l’exécution actuelle des panoramas et le rôle qu’y jouent la Perspective et la Photographie, on consultera avec le plus grand intérêt l’excellente brochure de M. Germain Bapst; on y verra, notamment à propos des Panoramas de MM. de Neuville et Détaillé, comment ces grands artistes, ménagers de leur temps, ont su habilement mettre à prolit les ressources de la Photographie, les agrandissements, etc., pour l'exécution du fond du tableau, c’est-à-dire du paysage, en réservant tout l’effort de leur talent pour la composition et la mise en place de leurs ligures. Nous pourrions ajouter, de notre côté, que les mêmes procédés sont très habilement employés dans la composition de ses beaux panoramas par M. Poilpot. — 11 ne faut pas oublier, d'ailleurs, que c’est à l’habitude qu’avait Daguerre de dessiner à la chambre obscure pour faire ses dioramas qu’il dut d’entrer en relations avec Nicpce cl de prendre part à la découverte de la Photographie.

VI. — Tentatives faites à la même époque, pour utiliser la Photographie dans les reconnaissances orographiques et géologiques .

A la même époque, c’est-à-dire en 1 858, un ancien officier du Génie, Aimé Ci via le , commençai!, avec des appareils de la forme ordinaire, de grandes dimensions et munis d’organes de précision, une série de travaux sur l’importance desquels il convient d’insister, car ils sont les premiers de ce genre qui aient été entrepris, en ouvrant une voie féconde.

Il s’agissait, en effet, d’appliquer la Photographie à l’élude de la constitution physique et géologique des hautes montagnes. Après de premiers essais faits dans les Pyrénées, le courageux et habile opérateur n’hésitait pas à entreprendre l’exploration méthodique de toute la chaîne des Alpes suisses, françaises, italiennes et autrichiennes ( 1 ). Partout Civiale s'attachait à déterminer, d’une part, la nature géologique des roches et, de l’autre, l’orientation et la situation exacte, sur la carte, des vues panoramiques qu’il allait prendre le plus souvent à de très grandes altitudes.

On se fera une idée du mérite et des difficultés de celle entreprise pour peu que l’on veuille se souvenir qu’à l’époque dont il s’agit, de 1 858 à 1 868 , il fallait employer en pareilles circonstances le papier ciré sec et des appareils de grandes dimensions, les manipulations du collodion humide étant à peu près impraticables et les glaces en général trop fragiles (-), enfin les épreuves ne pouvant pas subir, comme aujourd'hui, des agrandissements sensibles. Le format qu’il avait adopté

(») Il devait, y consacrer dix années de sa vie et des sommes considérables. Aussi croyons-nous devoir donner quelques détails sur cette œuvre de dévouemenl dont les résultats dépassaient de beaucoup tout ce qui avait été tenté ou même pressenti jusqu’alors dans cel ordre d’idées.

(•■') Deux opérateurs français, très habiles et très entreprenants, les frères Bisson, avaient cependant fait, d’un autre côté, d’assez nombreuses ascensions, en se chargeant de plaques de grandes dimensions et de loul l'attirail nécessaire pour l’emploi du collodion humide, mais ils n’avaient pas persévéré pendant bien longtemps.

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